Conception d’un univers : la cohérence dans l’imaginaire

De temps en temps, j’aime bien visionner des vidéos de critiques cinéma, sur YouTube (notamment le Fossoyeur de Films, qui traite principalement de cinéma de genre).

Ces YouTubers donnent leur avis sur le film, et discutent sur le fond ou la forme. Et, de temps en temps, je lis les commentaires (oui, je sais, il ne faut pas le faire si on tient à garder sa santé mentale).

Quoi qu’il en soit, qu’on on regarde sur YouTube, sur Allociné, Sens critique ou peu importe, certains commentaires reviennent souvent.

=> « Je n’ai pas aimé ce film : ce n’est pas cohérent, il y a des dragons. »

=> « Pfff, c’est de l’imaginaire, c’est normal qu’il y ait des incohérences, ce n’est pas réel ! C’est idiot de critiquer là-dessus »

Le réalisme et la cohérence interne

Le problème, c’est qu’il y a souvent une certaine confusion entre réalisme (ce qui se rapproche de notre réalité) et la cohérence interne (propre à l’œuvre).

Une œuvre peut être réaliste, si elle se veut le miroir de notre réalité, profondément encrée dans notre univers. Mais ce n’est pas parce qu’une oeuvre n’est pas réaliste, qu’elle a le droit de ne pas être cohérente.

Les auteurs ou les scénaristes, quand ils imaginent un autre univers, décident d’un certain nombre de règles, qu’ils ont l’obligation de suivre pour que le lecteur ou le spectateur puissent s’imaginer que cet univers est réel. Si le contrat est rompu, ils sortent de l’histoire, laquelle perd la réalité que l’auteur/scénariste cherchait à lui insuffler.

Mettons qu’un auteur décide que le monde est un disque soutenu par quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur le dos d’une Tortue géante qui nage dans l’espace. C’est admis dans l’histoire, ce n’est pas la croyance des personnages. Parfait, le lecteur est prêt à accepter cette réalité.

Maintenant, mettons qu’à la page 250, un personnage décide de traverser ce disque en ligne droite. Et qu’il se retrouve à son point de départ. Logique dans un monde sphérique, impossible sur un monde plat. Si l’auteur n’apporte pas d’explication, il s’agit d’une incohérence, puisque ce disque suit les mêmes règles qu’un globe. On peut accepter une planète plate, ce n’est pas le problème. Le problème, c’est que l’auteur l’ait oublié. (Cet exemple, bien qu’inspiré d’un cycle célèbre, est bien sûr inventé. D’ailleurs, n’hésitez pas à aller le lire, cet univers est cohérent de bout en bout. 😉 ).

Si je puis donner un humble conseil aux auteurs débutant : chouchoutez la cohérence propre à votre univers. Que votre histoire se déroule dans l’espace ou dans les abysses, que votre monde soit peuplé de créatures tricéphales ou de zombies végétariens, les règles que vous choisissez ne peuvent être bafouées.

Ou alors, il vous faudra en trouver l’explication. Cohérente, l’explication 😉

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3 réflexions sur “Conception d’un univers : la cohérence dans l’imaginaire

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