Le Livre des Martyrs (Livre Malazéen des Glorieux défunts), Steven Erikson

gardens

Lorsqu’on me demande mon écrivain.e préféré.e, je réponds invariablement Sir Terry Pratchett, parce que je passe mon temps à relire ses livres, sans jamais me lasser. Mais Steven Erikson n’est pas loin derrière. S’il ne se trouve pas tout à fait sur la première marche du podium, c’est parce que je n’ai pas encore lu tous ses livres. Et ceux que j’ai lus sont trop complexes, trop « forts » pour que j’aie l’énergie et le temps de les relire sans arrêt.

Si vous traînez un peu sur le blog, vous avez déjà du voir mentionner ce cycle dans mes articles (renommé le Livre des Martyrs pour sa nouvelle traduction, the Malazan book of the Fallen pour la VO). Un cycle hélas peu connu en France, faute d’avoir rencontré son public. Oh ! Le Livre Malazéen a ses admirateurs dans l’Hexagone, mais pas suffisamment pour que les deux éditeurs à s’être penchés dessus aient souhaité poursuivre la traduction.

Les éditions Buchet/Chastel ont été les premiers, mais leur collection Fantasy s’est arrêtée après avoir publié les Jardins de la Lune, premier tome de la saga. Calmann-Levy a publié les deux premiers tomes (le deuxième tome étant coupé en deux), avant de jeter le concombre de mer.

Heureusement, les éditions Leha reprennent le flambeau, et les Jardins de la Lune reviendront en France en mai 2018, pour la troisième fois. Et j’espère ardemment que ce soit la bonne.

Cela fait longtemps que je souhaite faire une chronique, mais par quel bout commencer quand on voit l’ampleur de cet univers ? Aujourd’hui, je vais donc vous présenter ce cycle, avec les qualités que j’y trouve. J’attendrai la sortie du tome 1 version Leha pour vous proposer une chronique en bonne et due forme des Jardins.

malazan

 

De quoi parle-t-on ?

On parle d’un cycle principal de 10 livres (et pas des courts), écrits par Steven Erikson, et d’une saga secondaire de 6 livres, écrits par son camarade Ian Esslemont, sous le titre A Novel of Malazan Empire. A cela s’ajoute des novellas, et plusieurs trilogies, finies ou en cours : The Kharsanas Trilogy (Erikson), The Toblakai Trilogy (Erikson), Path of Ascendency (Esslemont). Bref, on parle d’une saga assez énorme, les livres secondaires venant compléter le cycle principal.

Cet univers relève de la Dark Fantasy dans toute sa splendeur, propre à écrabouiller n’importe quel personnage jusqu’à ce qu’il meure ou se relève, plus puissant mais détruit. Pour autant, il compte son lot de personnages sympathiques qui entretiennent vaillement une poche de lumière dans leur esprit. Mais difficile de savoir au juste qui sont les méchants, et qui sont les gentils.

Le Livre Malazéen est un cycle complexe. Complexe dans sa lecture, dans son univers, ses personnages… D’ailleurs, le premier tome peut se révéler ardu quand on le découvre, car il part un peu du principe que l’on n’a pas besoin d’être tenu par la main. Le premier tome nous plonge au cœur de l’action, sans vraiment nous expliquer l’univers, le fonctionnement du système de magie etc… Il faut donc s’accrocher et assembler les pièces du puzzle dès qu’elles tombent, puzzle ô combien fascinant !

Si vous aimez les Jardins de la Lune, foncez sur la suite ! Si vous avez du mal mais que l’univers vous intrigue, dites-vous que les tomes suivants sont encore mieux maîtrisés (le premier tome est parfois un peu aride, il faut l’avouer…). Mais il faut bien avouer que le Livre Malazéen ne conviendra pas à tout le monde.

 

Ce que j’aime dans ce cycle

 

  • Son univers

L’univers est vaste, trèèèèèès vaste. Et le worldbuilding effectué particulièrement riche et travaillé, que ce soit par sa géographie, son Histoire, ses peuplades… Sincèrement, je n’avais jamais vu d’univers aussi vaste, complexe et fouillé, et les différents tomes nous font voyager à travers le temps et l’espace.

  • Son système de magie

Sans doute devrais-je parler de SES magies. La principale étant l’utilisation des Warren, des espèces de royaumes mystiques/dimensions parallèles d’où les sorciers tirent leurs pouvoirs. Non sans risques, car ils ne sont pas seuls à s’aventurer sur ces sentiers… A commencer par les dieux de ces Warren. Mais dieux aînés comme nouveaux dieux, nul n’est immortel.

Les Warrens sont de diverses sortes, les mages ne puisent pas tous dans les mêmes, selon leurs talents et leur nature. Certains sont par ailleurs spécifiques à certaines races, et sont appelés Elder Warrens. Par exemple, les Tiste Andii peuvent utiliser Kurald Galain, les Chemins de L’ombre (Paths of shadow).

J’avoue que ce système est au début assez complexe à comprendre. Il est toutefois assez fascinant et original.

A noter aussi le Deck des dragons, l’invocation de démons, les D’ivers et les Soletaken, qui sont deux types de changeurs de forme…

  • Son epicness

Tout sombre que soit cet univers, il ne manque pas d’epicnesse, loin de là. Vous assisterez à des sièges, des batailles, des trahisons, des massacres… Mais aussi à des démonstrations de bravoure (me suis toujours pas remise de la fin du tome 2…) et de puissance. Les livres sont aussi riches en émotions. C’est bien simple, chaque tome me fait pleurer 😥

  • Ses personnages

Quantité de personnages sont durs et désabusés, monde sombre oblige. Mais ils ne manquent pas d’humanité pour autant – enfin, quand je dis humanité… Tous les persos ne sont pas humains au sens biologique du terme, hein^^ Difficile de ne pas trouver de chouchous dans cette foule, que ce soit par leur puissance, leur charisme, les épreuves qu’ils traversent, les émotions qu’ils soulèvent…

Ils sont par ailleurs nombreux, très nombreux. C’est le seul cycle où j’ai eu besoin de me référer au Dramatis Personae proposé…

(Team Anomander Rake \o/)

 

  • Sa diversité

Ici, les dieux se mêlent allégrement des affaires des mortels, par vengeance ou par intérêt personnel. On y voit des démons et des monstres aux bras armés de faux, des races plus ou moins étranges, des charismatiques Tiste Andii aux inquiétants T’Lan Imass en passant par les terribles Jaghuts. Sans oublier les dragons et les grands corbeaux. Et des humains, évidemment, de tous les genres et de toutes les couleurs.

Galerie de personnages par yappatack

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L’un de mes persos préférés, par Yappatack toujours

En  résumé, ce cycle est intéressant par bien des aspects. Mais sa monstruosité en terme quantitatif, la complexité de son intrigue et de son univers, sa quantité ahurissante des personnages… peuvent rendre la lecture difficile. Mais si ça ne vous fait pas peur, tentez l’aventure, elle vaut vraiment le coup !

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