Sleeping beauties, Stephen et Owen King

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Sleeping beauties est un roman fantastique écrit à quatre mains, signé Stephen King et Owen King, son fils. Il a été publié en 2017 pour sa version originale, et a été édité en 2018 par Albin Michel pour sa version francophone.

Un phénomène inexplicable s’empare des femmes à travers la planète : une sorte de cocon les enveloppe durant leur sommeil et si l’on tente de les réveiller, on prend le risque de les transformer en véritables furies vengeresses.
Bientôt, presque toutes les femmes sont touchées par la fièvre Aurora et le monde est livré à la violence des hommes.
À Dooling, petite ville des Appalaches, une seule femme semble immunisée contre cette maladie. Cas d’étude pour la science ou créature démoniaque, la mystérieuse Evie échappera-t-elle à la fureur des hommes dans un monde qui les prive soudainement de femmes ?

L’univers

Le récit prend place à Dooling, petite ville de Virginie, aux Etats-Unis d’Amérique. Quatre cadres nous sont proposés : la ville elle-même, une prison pour femmes, la forêt et… vous verrez bien.

Les passages dans la prison m’ont semblé à la fois les plus prenants et les plus maîtrisés. J’ai toutefois un peu plus de mal à comprendre les passages dans la forêt, notamment ce qui touche à la symbolique. Sans trop vous spoiler, on y trouve un arbre gigantesque, gardé par un tigre blanc, un paon et un serpent. Si je comprends bien la symbolique du serpent, j’ai un peu de mal à comprendre celle du tigre et du paon. On y croisera également un renard, et on pliera littéralement sous le poids des phalènes.

Le surnaturel arrive assez tôt dans le récit, de façon subtile au début ( quelques mentions de femmes endormies dans les émissions de télévision ), puis beaucoup plus inquiétantes. On n’aura jamais la certitude du « comment », même si un certain nombre d’éléments permettent de le deviner.

Les personnages

Si les romans de Stephen King proposent généralement une galerie impressionnante de personnages, j’ai l’impression qu’ici il y en a un peu trop, si bien que la grande majorité ne se révélera guère marquante (dommage, dans un récit dramatique). Chose qui m’arrive rarement, je me suis plusieurs fois mélangée les pinceaux dans certains personnages secondaires…

Je n’ai pas ailleurs pas vraiment accroché aux personnages principaux « normaux », Clint et Lila Norcross, un couple à la dérive à cause d’un bête quiproquo. Clint est psy à la prison pour femmes du coin, tandis que sa femme est capitaine de la police. L’importance que le récit donne un Clint n’est, pour moi, pas vraiment expliqué, pas plus que cette espèce de fascination qu’il exerce sur les autres personnages. Quant à Lila, je l’ai trouvé un peu agaçante, et pas très intéressante. Quant à une certaine scène finale, elle est tombée un peu comme un cheveu sur la soupe, car rien ne l’annonçait (même si elle reste émouvante).

En revanche, beaucoup aimé Evie, une femme (?) mystérieuse, fascinante, tantôt amusante, tantôt effrayante. La seule qui n’est pas touchée par cette étrange maladie du sommeil. Le nom n’est évidemment pas un hasard, et sa véritable identité, si elle n’est jamais confirmée, semble évidente.

Également beaucoup aimé certains personnages de la prison, notamment Angel ou la directrice.

L’intrigue

Une étrange maladie du sommeil touche les individus XX de toute la planète. Dès que les malheureuses perdent conscience, un cocon de soie les enroule des pieds à la tête. Et malheur à qui les réveillera ou déchirera les cocons ! Evie, une étrange femme sortie de nulle part, pourrait bien être liée à cette malédiction.

Le monde des hommes se partage alors en deux : ceux qui veulent sauver leurs femmes, leurs filles, leurs sœurs par tous les moyens possibles, quitte à prendre de mauvaises décisions, et les autres, ceux qui pensent que ces femmes endormies sont dangereuses. Et qu’il vaudrait prendre des mesures pour éviter leur rage vengeresse qui suit leur réveil.

L’intrigue est évidemment d’actualité, et traite des questions du féminisme (surtout), mais également de racisme et de violence policière (bien que ces deux thèmes soient traités de façon un peu superficielle).

Si je salue l’initiative, le traitement… Disons que la vision proposée par ce récit est un peu trop manichéenne. Individuellement, peu de personnages masculins se révèlent des enflures (il n’y en a que deux, mais ils sont gratinés). Individuellement, toutes les femmes ne sont pas parfaites, loin de là. Là où le bat blesse, c’est sur la globalité du message, un peu simpliste.

Du côté de l’intrigue, d’ailleurs, j’ai trouvé que le danger encouru par les femmes (endormies, sans défense à moins de les réveiller, entourées d’hommes… imaginez un peu ! ), se révélait un peu lointain, affaiblissant le message. On nous indique bien des cas de *spoil* mais c’est juste mentionné par les informations, ce n’est pas montré (un exemple où le show don’t telle aurait été bien utile…).

 

Le style

Si beaucoup d’œuvres de Stephen King ont un pied (voire davantage) dans l’horreur, je n’ai pas vraiment trouvé que c’était le cas ici. J’ai eu davantage l’impression d’une sorte de conte (ce qui n’empêche pas des scènes gores et malaisantes).

Efficace, mais je l’aurais aimé un peu plus angoissant, on n’a jamais vraiment peur pour les personnages principaux (Le labyrinthe de Pan, de Guillermo del Toro, touche également au conte, mais il se révèle plutôt angoissant, à la fois dans ses thèmes et son ambiance). D’ailleurs, la fin est plutôt optimiste, lumineuse, ce dont on n’a pas l’habitude dans un Stephen King.

Je ne me suis pas ennuyée malgré ses 800 et quelques pages, pourtant j’ai trouvé le style plus maladroit que d’habitude, se traduisant par des digressions pas forcément utiles, ou au contraire des personnages traités de façon un peu superficielle.

 

Bilan

Malgré ces points négatifs, j’ai bien apprécié ma lecture. J’en ressors toutefois un peu déçue. Ce récit avait pas mal de potentiel, mais j’ai trouvé le traitement un peu… meh. Sympathique, mais Sleeping Beauties ne rentrera pas dans mon panel de King préférés…

 

Et vous, qu’avez-vous pensé de ce livre ? Quel est votre King préféré ?

3 réflexions sur “Sleeping beauties, Stephen et Owen King

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