Un éclat de givre, Estelle Faye

un éclat de givre

Un éclat de givre est un roman one-shot écrit par l’autrice française Estelle Faye, publié en 2014 par les éditions Moutons électriques. Un récit post-apocalyptique mêlant science-fiction et fantasy urbaine.

Un siècle après l’Apocalypse. La Terre est un désert stérile, où seules quelques capitales ont survécu. Dont Paris.
Paris devenue ville-monstre, surpeuplée, foisonnante, étouffante, étrange et fantasmagorique. Ville-labyrinthe où de nouvelles Cours des Miracles côtoient les immeubles de l’Ancien Monde. Ville-sortilège où des hybrides sirènes nagent dans la piscine Molitor, où les jardins dénaturés dévorent parfois le promeneur imprudent et où, par les étés de canicule, résonne le chant des grillons morts.

 

L’univers

Le récit se déroule dans un Paris dévasté après une apocalypse survenue un siècle plus tôt. Un Paris à la fois futuriste par les vestiges de ses technologies, ses laboratoires et ses expériences génétiques, et fantasiste, avec ses sirènes carnivores ou ses redoutables enfants télépathes. Un Paris fascinant, souvent inquiétant, plongé dans une terrible canicule, et qui devient un personnage à part entière.

Ces éléments imaginaires sont apportés par petites touches, parfois subtiles, parfois plus… mouvementées. De quoi vouloir continuer à arpenter ces rues familières et étranges en même temps.

Cet univers est par ailleurs imprégné d’une importante dimension biblique et mythologique, avec de nombreuses références.

 

Les personnages

L’histoire est portée par le personnage de Chet, un jeune homme cynique et désabusé, solitaire malgré ses nombreux.ses amant.es, chanteur de jazz, travesti et bisexuel. Pas un personnage qu’on rencontre à tous les coins de librairie, et l’un des points forts de ce récit. Chet n’a rien d’un héros. Un rien pathétique, mais émouvant et attachant.

Les personnages secondaires sont là pour nourrir la psychologie de Chet (et souvent ses désirs), et je regrette donc un peu leur manque de substance personnelle. Je n’ai pas trop compris l’intérêt de faire intervenir un certain personnage de son passé, je pense que la fin aurait eu plus d’impact si ce personnage était resté dans ses souvenirs. Parmi les personnages secondaires, ma préférée est sans aucun doute Sybil, une enfant télépathe de huit ans. On la voit assez peu, mais elle a une forte présence.

L’antagoniste est plutôt intéressant, mais il n’intervient qu’à la toute fin du récit. J’aurais apprécié le rencontrer un peu avant, car là il n’y a pas d’émotion particulière lorsqu’il se révèle.

 

L’intrigue

Chet est non seulement un chanteur de jazz, mais également une sorte de chasseur de primes. Un jour, on lui propose une mission bien payée, qu’il finit par accepter malgré quelques réserves. Bien évidemment, cette mission ne se révèlera pas aussi simple que prévu. En effet, une nouvelle drogue fait rage dans la capitale, une substance qui permet de résister à la canicule. Pas forcément inquiétant si ça avait été son seul effet.

J’ai eu l’impression que l’intrigue n’était là que pour permettre à Chet de nous raconter son histoire. L’intrigue n’est pas inintéressante, loin de là, mais n’est pas vraiment l’élément principal de ce récit, dont la conclusion est d’ailleurs assez vite expédiée. Un point qui m’a un peu « agacée » cependant, ce sont les nombreux deus ex machina, via des personnages sauvant Chet in extremis, sans qu’on sache forcément ce qu’ils faisaient dans le coin. Par ailleurs, on ne sait pas vraiment au final pourquoi c’est Chet qui a été choisi pour cette mission.

Le style

THE point fort de ce roman, son écriture. Les formulations sont assez simple, le rythme nonchalant, mais l’écriture est mélancolique, belle, musicale, mais sans jamais tomber dans l’excès, jamais lourde. Un style tout à fait approprié pour cette promenade dans ce Paris crasseux.

Le récit est écrit à la première personne, au présent, si bien qu’on devient les confidents du protagoniste.

Bilan

Atypique, ce roman ne conviendra pas à tout le monde. Il s’agit d’un récit d’ambiance, porté par son style et son atmosphère, rendus vivants par le personnage de Chet. L’intrigue est finalement cantonnée à l’arrière plan, avec des situations assez faciles dans leur mise en place ou leurs dénouements, mais en réalité, c’est loin d’être l’intérêt premier de cette lecture. Malgré les défauts que j’ai pu citer, cette lecture n’est pas loin du coup de cœur, et j’espère qu’Un éclat de givre aura un jour une suite (ce roman tient tout seul, mais c’est l’autrice elle-même qui a mentionné cette éventualité, donc…^^).

Avez-vous lu ce roman ? Est-ce qu’il vous tente ?

Lecture dans le cadre du PIF 2018.

 

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

 

4 réflexions sur “Un éclat de givre, Estelle Faye

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