50 nuances d’Imaginaire : La High Fantasy

Si vous avez déjà lu quelques chroniques sur ce blog (ou qu’il vous arrive de discuter avec des aficionados de la fantasy), vous avez déjà dû entendre/lire le terme de High Fantasy.

Sans forcément savoir ce que c’est.

Quand on parle de Fantasy aux gens, la plupart vont répondre aussitôt « Le Seigneur des Anneaux », la figure de proue de la High, justement. Eh oui, quand on parle de Fantasy sans préciser le sous-genre, c’est souvent à celui-ci que l’on pense. Et quand quelqu’un vous dit qu’il n’aime pas la Fantasy, c’est souvent sous-entendu : « bwarf, moi ces trucs avec des elfes, des dragons, toussa… Nan, je préfère le Trône de Fer ». (haha).

En clair, je trouve que la High a souvent une mauvaise réputation, soit disant démodée ou classique (faut dire que beaucoup d’œuvres majeures commencent à avoir quelques années derrière elles…), bourrée de clichés. Bon, c’est pas complètement faux… mais qui dit classification dit caractéristiques récurrentes (sans ça, on ne pourrait rien classer…), mais il n’appartient qu’aux auteur.ices de jouer avec ces codes pour essayer de proposer une High innovante.

C’est, par ailleurs, l’un de mes sous-genres préférés 😉

Caractéristiques

 

  • Univers riche et détaillé, souvent médiéval (la High est souvent appelée « médiéval fantastique).

L’une des caractéristiques que je préfère, que ce soit pour l’écriture ou la lecture : le worldbuilding (construction de mondes). La High propose en effet un monde vaste, de nombreux peuples humains ou non, une faune et/ou une flore particulières (avec des bestioles iconiques, comme les dragons, les licornes etc.).

Par contre, pour le côté médiéval… C’est l’un des points que je reproche à ce genre, dans sa forme actuelle. Ce n’est pas une caractéristique officielle, mais il est vrai que bon nombre d’œuvres se passent dans un univers d’inspiration médiévale occidentale, avec un bestiaire assez classique quand il est présent. Or, on peut très bien imaginer une œuvre relevant de la High se déroulant dans des univers asiatiques, africains, voire un peu tout à la fois, soyons fous !

Au passage, c’est à cause de ce point que ce genre est appelé ainsi.

En effet, la High n’est pas supérieure aux autres, c’est juste qu’elle fait appel à un « haut » niveau d’imagination/création (dans le sens où tout l’univers est vraiment créé de A à Z, avec plein de détails).

  • Manichéisme (dichotomie bien/mal assez tranchée).

Là encore, c’est pas faux, et c’est un reproche que beaucoup font à la High, trop tranchée, trop « gentille ». Si les camps sont souvent clairs (pas de doute du côté du lecteur quant au camp à soutenir), c’est parfois plus grisé au niveau des individus et au sein des camps (et encore). Généralement, le méchant est méchant, et les gentils sont gentils. Voilà.

  • Systèmes de magie

Eh oui, pas de High sans système de magie, qu’il soit classique ou original. Mention spéciale aux romans de Sanderson, très imaginatifs à ce niveau-là.

On a souvent un panthéon de divinités, aussi.

  • Elu/Prophétie

Ce n’est pas toujours présent, mais c’est fréquent. Le personnage principal est souvent l’élu (orphelin) d’une obscure prophétie millénaire. Mais il y a moyen de jouer avec ça 😉 (Et puis bon, même utilisé de façon « classique » le résultat peut-être très sympa. Je pense notamment à La Belgariade, de Eddings, dans lequel la prophétie est une entité consciente).

  • Quête pour sauver le pays/lemonde/l’univers

La High fait partie de la Fantasy épique. Donc fatalement, si faut juste sauver le quartier, c’est moins drôle… 😉

  • Les valeurs

Même s’ils risquent de mourir en essayant de sauver le monde, les protagonistes sont héroïques. Courage, loyauté, pouvoir de l’amitié, résilience, pardon, persévérance… sont autant valeurs qui émaillent le récit.

  • Beaucoup de personnages

Avec des noms compliqués… Pas toujours facile de s’y retrouver quand on n’a pas l’habitude. Le personnage principal est d’ailleurs accompagné d’un groupe, plus ou moins important : hors de question de sauver le pays tout seul. Ces personnages pourront avoir leurs propres intrigues secondaires, et leurs propres passages selon leur point de vue.

  • Beaucoup de tomes

Connaît pas beaucoup de High en-dessous de 3 tomes… C’est qu’il faut le temps de présenter tout ça, aussi !

  • L’atmosphère

Même si l’enjeu est important, l’atmosphère est globalement optimiste. Peu de frissons d’inquiétude pour les personnages (même si ça les empêche pas de prendre des flèches dans les genoux), et on n’a pas trop de doutes sur la fin de l’histoire.

 

J’en reviens donc à ce que j’ai déjà dit : connaître les codes d’un genre permet justement de les contourner, de proposer une oeuvre plus originale, qui ne coche pas forcément toutes les cases.

Si ce genre vous intéresse, vous trouverez une liste non exhaustive d’oeuvres dans un prochain article 😉

 

 

 

 

 

 

 

11 réflexions sur “50 nuances d’Imaginaire : La High Fantasy

  1. Pingback: 50 nuances de Fantasy : La High Fantasy – oeuvres | L'Imaginaerum de Symphonie

  2. Bel article 🙂 personnellement je pense que c’est la Fantasy dans son ensemble et la SFFF de manière plus générale qui a « mauvaise » réputation et plus particulièrement dans nos pays francophones (France, Belgique, Suisse) alors que dans les pays anglophones c’est un style beaucoup plus plébiscité.

    J'aime

  3. Merci, et tout a fait d’accord avec toi, j’en avais d’ailleurs un peu plus parle dans mon plaidoyer pour la fantasy. C’est vrai qu’en France on a un gros problème avec les littératures de genre et jeunesse (encore que le polar a réussi a tirer son épingle eu jeu). Mais si on compare fantasy et sf, j’ai l’impression que c’est encore plus terrible pour la première.

    Quant à la High Fantasy… Eh bien même parmi les aficionados des littératures de l’imaginaire, je l’ai souvent vue décriée : trop classique, démodée, rythme trop lent, toujours les mêmes bestiaires/le même univers, personnages inintéressants (ce n’est pas ce que je pense, mais ces remarques, je l’ai ai souvent vues passées quand j’évoque ce genre). Je n’ai jamais vu ça pour la Dark, les Fantasy politique ou historique, ou pour la Gaslamp, par exemple.

    Aimé par 1 personne

  4. Oui l’accumulation des « Clichés » à la Tolkien ont fait beaucoup de tort au genre. La SF est adorée par une frange de lecteurs « intellectuels » qui adorent les nouveautés scientifiques. Le Fantastique obtient un regain incroyable avec toutes les parutions sur Lovecraft et son oeuvre. Quand à la Fantasy, on a des films alors pourquoi lire ? Personnellement la Fantasy est clairement mon genre préféré mais beaucoup d’auteurs rejettent de plus en plus l’idée de la magie dans une oeuvre de Fantasy et n’incluent plus ou très peu d’autres races pour sortir du système de Tolkien. Mais je trouve que ce n’est plus vraiment de la Fantasy à ce moment-là. Attention que pour les genres que tu sites comme pour la Dark Fantasy ils sont coincés dans des ancrages de clichés et de littérature à part, de genre, gnagnan et spécifiques aux binoclards qui aiment les jeux de rôle. Après, le Gaslamp je vois pas du tout ce que c’est ^^ »

    Aimé par 1 personne

  5. Comme toi, j’ai une passion toute particulière pour la Fantasy. Je lis relativement peu de SF et de fantastique (et je pense que le fait que la fantasy soit si mal aimée joue un peu, je pense 😉 ). Je trouve que les gens en ont une fausse idée : l’écriture en est facile, puisque fantasy=pas besoin d’être crédible (alors pourquoi ça fait 13 ans que je suis dessus ? pourquoi je me prends la tête à écrire un truc cohérent ?), c’est tout le temps la même chose (ah ? Le Livre des Martyrs et les Annales du Disque Monde, ça se ressemble en quoi ?), etc… Puis la fantasy, n’est pas obligatoirement que du divertissement. Elle ne fait pas réfléchir sur les mêmes choses que la SF, mais la fantasy n’empêche pas de parler de thèmes forts et/ou d’actualité.

    Pour la Gaslamp, elle aura son article^^ C’est de la fantasy souvent proche de l’Urban, qui se déroule dans un cadre d’inspiration victorienne. Elle se rapproche du steampunk, quoi (je considère le steam plus comme une « ambiance » que comme un genre, vu qu’on peut avoir du steam en SF, en Fantasy et en fantastique). En gros, la gaslamp, c’est de la fantasy steam.

    Aimé par 1 personne

  6. Sinon, je suis la première à réclamer de la diversité, notamment dans les inspirations, les bestiaires et les systèmes de magie. Mais je ne veux pas pour autant la fin du « classique ». Si j’aime l’originalité, j’aime tout autant les univers médiévaux à la Tolkien, avec des elfes et des nains. En fait, j’aimerais que les deux coexistent, et qu’on puisse passer sans souci d’une lecture « Tolkienesque » à une autre.

    Aimé par 1 personne

  7. Pingback: Liste des œuvres chroniquées : Fantasy | L'Imaginaerum de Symphonie

  8. Pingback: Questions de vocabulaire | L'Imaginaerum de Symphonie

  9. Pingback: 50 nuances de Fantasy : la Dark Fantasy | L'Imaginaerum de Symphonie

  10. Pingback: Index : 50 nuances d’imaginaire | L'Imaginaerum de Symphonie

  11. Pingback: Fantasy et clichés : focus sur la fantasy épique (2019) | L'Imaginaerum de Symphonie

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s