Sombres Félins, anthologie des Luciférines

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En 2016, les éditions Luciférines ont proposé une anthologie fantastique-horreur sur le thème des félins, unissant la plume de 19 auteurs et autrices francophones.

Animal vénéré, adoré ou craint, compagnon des sorcières ou incarnation d’un démon sur Terre, le chat entretient dans l’esprit des Hommes l’image d’une créature de l’entre-deux. Depuis le célèbre Chat Noir d’Edgar Poe, et la rhétorique trouble du chat de Cheshire sous la plume de Lewis Caroll, le petit félin domestique est un familier des récits fantastiques, légendes urbaines et croyances ésotériques.
Avec un humour mêlé de cruauté, les textes de Sombres Félins vous feront voir votre ami à quatre pattes sous un autre jour. Sera-t-il toujours le bienvenu sur vos genoux ?

 

Comme il s’agit d’une anthologie de 19 nouvelles, je conduis ma chronique un peu différemment par rapport à d’habitude. Pour chaque, je vous propose donc un bref résumé, et mon avis rapide, sans spoils. Les nouvelles sont classées dans le même ordre que dans l’ouvrage. (Attention ! il s’agit d’une anthologie d’horreur. Attendez-vous à ce que nos chers félins en subissent des vertes et des pourries…)

Mais avant, ma conclusion (si vous voulez vous garder un peu de surprises et ne pas regarder le sujet des nouvelles 😉 ).

Bilan

Comme pour toute anthologie, j’ai vraiment apprécié certaines nouvelles, d’autres… beaucoup moins (en gros, il y a 8 nouvelles sur 19 qui, à mes yeux, sont sorties du lot). Ce qui est normal dans une anthologie. Dans l’ensemble, j’ai bien apprécié ces lectures, mais je trouve un peu dommage qu’elles se ressemblent presque toutes, au final, malgré cette diversité de plumes et d’univers.

La grande majorité décrit les chats comme des créatures malfaisantes, tourmenteurs du genre humain, assoiffés de sang, de chair humaine et de souffrances. Dans les autres, souvent, les chats n’en sont pas vraiment, ou bien on ne sait pas vraiment leur rôle dans l’histoire. Grande amoureuse de chats, j’aurais apprécié un peu plus de nouvelles prônant l’amour du chat, ce qui était possible même en restant dans l’horreur.

M’enfin, j’ai globalement passé un bon moment (un comble, pour une anthologie d’horreur, n’est-il pas :p ), c’est l’essentiel^^


Pitch et avis rapide

 

1 – Caprices, de Florence Barrier

Sur un caprice, Lewis achète un tableau étrange lors d’une vente aux enchères.

Un récit fantastique plutôt classique, mais bien écrit, avec une ambiance réussie, et pourvu d’une révélation finale bien vue et sympathique.


2 – Meow, de Aaron Judas

Suite à la mort de son chat, un junky décide d’essayer la dernière drogue à la mode : Meow.

Un récit mêlant horreur, ésotérisme et humour noir, avec un petit côté Cronemberg. Sympathique.


3 – Le pré-aux-trembles, de David Baquaise

Pour protéger son fils, un comte s’en va défier une sorcière.

Un récit fantastique assez convenu, sans réelle surprise ni sentiment d’angoisse, mais qui reste sympathique à lire.


4 – L’enfer, de Mahaut Davenel

Une soirée « normale » dans le club de Mlle L., où les filles font un show… d’enfer.

J’avoue ne pas avoir compris grand chose à cette nouvelle d’horreur (estomacs sensibles, je vous conseillerai de passer à la suivante… si vous voulez une idée, elle se rapproche d’un Saw). Il s’agit d’avantage d’un récit d’ambiance que d’histoire (ambiance par ailleurs réussie, dans son genre, mais faut aimer, quoi). Une critique de la pornographie, peut-être ?


5 – La Quête, de Patrick Godard

Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi un chat possède autant de vies ?

Un récit mêlant gore, malsain et humour, à l’interprétation double : le chat provoque-t-il ces évènements ou n’est-il qu’un profiteur, au bon endroit au bon moment ?


6 – Sacha, de Pierre Brulhet

Une vieille dame n’est pas sortie de son appartement depuis plusieurs jours…

Un récit au contexte banal, ce qui lui donne sa force. L’interprétation est, là encore, double : chat malfaisant ou sénilité d’une vieille dame ?


7 – Blanc comme neige, de Jeanne Sélène

Sous l’insistance de son fils, une ancienne femme battue adopte un chaton blanc comme neige.

L’une des histoires les plus terribles et effrayantes. Pas à cause de ses quelques moments gore, mais à cause de son contexte et de son intrigue (l’horreur banale est toujours plus efficace sur moi). L’une de mes préférées.


8 – Etincelle dans la nuit, de David Elba

Un vétérinaire se rend en Argentine. Là bas, il y rencontrera un étrange petit garçon.

Une nouvelle douce et triste sans véritable élément d’horreur. L’une des rares à ne pas donner le mauvais rôle aux chats.


9 – Hachés menus comme chair à pâté, de Vyl Vortex

Suite au décès de son père, un jeune homme hérite d’un chat parlant.

Il s’agit d’une sorte de réécriture horrifique du conte du Chat Botté, assez gore, à la fin délicieusement ironique.


 10 – Moi, le chat, de Morgane

Le narrateur attend avec impatience que sa maîtresse apporte le dîner…

L’une de mes nouvelles préférées de ce recueil ! L’ambiance est glauque sans être vraiment gore, avec un double twist que je n’avais pas vu venir (certains jeunes lecteurs pourraient ne pas saisir la référence, par contre, j’imagine).


11 – Chatterton Blues, de Mickael Feugray

Bon, ça va être rapide… Je n’ai rien compris, je ne peux même pas vous dire de quoi ça parle.


12 – Heil Kitler, de Aude Cenga

Et si Hitler… se réincarnait dans un chaton tout mignon ? 

Mais que va-t-il faire ? Mais la même chose que chaque nuit, Minus ! Tenter de conquérir le monde ! Une nouvelle d’humour noir, évidemment^^ En tout cas, fallait oser (et la fin est bien vue, du coup).


13 – La femme aux chats, de Henri Bé

Bien qu’il n’aime pas les chats, Mat se rend chez la femme aux chats pour faire plaisir à son épouse.

Une nouvelle assez originale, mais je n’ai pas vraiment accroché. J’ai en revanche bien aimé le twist final.


14 – Les chats du Tard, de François Fierobe

Un essayiste enquête sur le Tard, village dans lequel la population de chats est mystérieusement élevée.

Là encore, pas vraiment accroché,plus à cause de sa structure que de son histoire.


15 – Ronronnements infernaux, de Bruno Pochesci

Un homme se réveille dans une sorte de cube transparent, avec un chat. Autour d’eux, d’autres cubes, d’autres duos.

Un mélange de Saw et de Cube, mais dont je n’ai pas compris la finalité (même si la nouvelle en elle-même est sympa). Je n’ai pas non plus saisi le rôle des chats dans l’affaire.


16 – Peau de chat, de Noémie Wiorek

Pour répondre à une commande, un taxidermiste tue un chat.

Beaucoup aimé cette nouvelle (qui m’en a rappelé une de Stephen King), dans laquelle le chat n’a pas le mauvais rôle, et dont la fin est très satisfaisante^^

17 – La cage aux fioles, de Eric Vial Bonacci

Le chat d’un scientifique disparaît dans une autre dimension. Puis il revient…

L’histoire est sympathique, mais je n’ai pas vraiment apprécié la narration de cette nouvelle, plus racontée que vivante.


18 – Les petits chéris, de Emmanuel Delporte

Dans un contexte de fin du monde, un vieil homme en fauteuil roulant commence à recueillir des chats.

Beaucoup aimé cette nouvelle post-apo, finalement plus triste qu’horrifique. J’ai cependant un bémol : comment le personnage, en fauteuil roulant, arrive-t-il à flanquer des coups de hache… dans le front ?


19 – Addiction, de Marthe Machorowski

Un PDG peu sympathique décide de trucider sa maîtresse…

Une autre nouvelle que j’ai beaucoup aimée, surtout par son univers et sa révélation finale. Il est même étonnant que ce soit la seule nouvelle inspirée des dieux Egyptiens (à moins qu’il n’y en ait eu d’autres en soumissions).

 

 

Une anthologie (qui poireaute dans mes placards depuis sa sortie) lue dans le cadre du PIF 2018

 

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6 réflexions sur “Sombres Félins, anthologie des Luciférines

  1. Apprécier la moitié, c’est déjà pas mal, je trouve. Puis ça prouve la diversité de l’anthologie en terme de style ou de structure narrative, ce qui n’est pas toujours le cas (certaines anthologies expriment clairement les préférences de celui qui a sélectionné les nouvelles, sans s’inquiéter d’une quelconque diversité). Après, c’est une question de point de vue. Pour moi, un recueil présentant différents auteurs doit avoir une palette élargie au delà des goûts personnels d’un individu unique (d’où avoir un comité de plusieurs membres), avec des textes que les lecteurs aimeront et d’autres non. Pour moi, c’est une façon de présenter différentes façons de percevoir un même sujet. Or, on ne peut jamais être d’accord avec tout le monde. Donc, on ne peut pas tout apprécier. 😉

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    • Toutafey, surtout que là, il y en avait quand même pas mal. Ne pas en aimer certaines, c’est normal. Ce que j’ai regretté, c’est surtout le nombre de nouvelles qui prenaient le thème par le même angle (chats maléfiques parce que… ils sont maléfiques). Pour bien apprécier l’anthologie, je pense que du coup il ne faut pas lire toutes les nouvelles d’une traite, mais plutôt en lire une de temps en temps pour éviter le côté « encore ? ».

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  5. bonjour, comment vas tu? j’ai rencontré ces éditions sur un stand en convention avant le covid. j’avais remarqué cette anthologie, mais devant leur diversité, je suis repartie avec deux autres. j’envisage d’en acheter d’autres. peut etre celle ci? je verrai l’année prochaine sans doute. passe un bon vendredi et à bientôt!

    Aimé par 1 personne

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