Les Oubliés d’Ushtâr, Emilie Querbalec

oubliés

 

Les Oubliés d’Ushtâr est un roman de science-fiction (classé Space Opera, mais je reviendrai dessus après), écrit par l’autrice francophone Emilie Querbalec, publié par Nats éditions en 2018.

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de lire les deux premiers chapitres, quand l’autrice était en cours de béta-lecture. Ayant bien aimé à l’époque, j’étais curieuse de voir ce que ce roman était devenu^^

Ushtâr, planète-océan des confins.

Lorsque, après une guerre aussi brève qu’inégale, le Gouvernement tombe aux mains du régime autoritaire et ultra-patriarcal d’Albâr, Gul-Yan n’a d’autre choix que de fuir avec les autres Infants. Objectif : sauver la Gemme de Vie, dépositaire de la mémoire de son peuple. Mais cette évacuation ne se déroule pas comme prévu…

Dans les méandres d’une cité à moitié engloutie, la traque commence. Or, rien n’arrête les Nadjams, ces soldats programmés pour tuer.

Rien, sauf peut-être l’Arme-Vie. Mais celle-ci n’est-elle pas une simple légende ?

 

L’univers

 

L’intrigue prend essentiellement place sur la planète Ushtâr, l’une des deux planètes du système des Alcidiades, et plus précisément dans la cité de Shan-Law (très belle cité au demeurant… du moins dans sa partie haute 😉 ).

Je regrette un peu qu’il n’y ait pas davantage d’explorations, puisque la ville est très intéressante, à la fois dans sa construction que dans son organisation (et ses dérives) (D’ailleurs, dans les dialogues des personnages et dans le principe de la Gemme mémoire on a parfois l’impression que la planète tout entière se réduit à la ville. Je me suis du coup demandé si toute la planète fonctionnait ainsi, d’où le raccourci, ou s’il y avait des nuances dans les autres pays).

Le roman est davantage tourné vers la réflexion autour de deux systèmes politiques corrompus, reflets extrêmes de notre monde (ainsi, on a un côté dystopie qui est très intéressant).

Ushtâr (ou du moins la ville de Shan-Law) est en effet très hiérarchisée. Les enfants ne sont pas élevés par leurs parents mais par des Tuteurs, une poignée « élus » presque divinisés dirigent la ville… alors que dans la ville-basse, il n’y a que misère et désolation.

De l’autre côté, les habitants d’Albâr (les antagonistes), complètement machistes, convaincus que les femelles ne servent à rien et que les sentiments, inutiles, dangereux doivent rester leur apanage.

Très sympathiques, d’un côté comme de l’autre, ce qui évite l’écueil des méchants envahisseurs contre les gentils tout-parfaits^^

Pour finir, beaucoup aimé les poèmes qui introduisent chaque chapitre. Ils éclairent sur les systèmes de pensées de ces deux planètes, tout en nous immergeant encore un peu plus dans l’univers.

 

Les personnages

Assez peu nombreux et très différents les uns des autres, ce qui rend plus intéressant l’alternance de points de vue (les chapitres sont racontés aussi bien par les « gentils » que par les antagonistes, ce qui les rend encore plus antipathiques^^).

Les gentils sont attachants, même si j’aurais apprécié d’en savoir plus sur eux, et les antagonistes de vraies enflures (ils s’entendraient super bien avec Jeoffrey du Trône de Fer^^ ).

A propos des fameux Oubliés… au final ils restent en second plan. Comme il s’agit du titre je pensais qu’ils auraient un rôle plus important…

Par ailleurs, je n’ai pas compris certaines décisions et/ou motivations des personnages (il faut dire que le roman est finalement très court, compte tenu de la richesse de son univers).

L’intrigue

 

Après une guerre très brève, Ushtâr tombe sous les mains des Albariens, et les Infants ont été massacrés. Mais pas tous, car l’une d’elle a réussi à s’échapper, et elle pourrait bien remettre en cause cette victoire d’Albâr.

L’intrigue se joue à mon avis sur plusieurs niveaux. Il y a un côté très « mythologique », avec cette recherche de l’Arme-Vie, qui pourrait bien sauver Ushtâr mais dont personne ne connaît la nature (l’un des aspects de la révélation m’a surprise et je l’ai beaucoup appréciée). Et un autre côté très « politique » avec cette confrontation de deux systèmes politiques absolus. Certains personnages seront ainsi amenés à évoluer et à revoir leurs façons de penser.

 

Le style

 

Un vocabulaire riche mais très accessible, des poèmes à la fois beaux et révélateurs… En bref, le roman est très bien écrit. J’aurais bien aimé un peu plus de descriptions, mais ça, c’est une histoire de goûts^^

Bilan

 

Une lecture très agréable, rapide, incitant à la réflexion, avec un style riche et des personnages sympathiques (ou trèèèèèèès antipathiques^^) mais j’ai eu l’impression que le roman était trop court par rapport à ce qu’il avait à dire et à montrer. L’univers est très riche et intéressant, mais on n’en voit que la pointe de l’iceberg, pour ainsi dire, j’ai un peu eu l’impression de survoler l’univers et certains personnages. Je n’aurais pas été contre un tome supplémentaire afin de lui permettre de dévoiler tout son potentiel^^

 

Chronique entrant dans le cadre du PIF 2018

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6 réflexions sur “Les Oubliés d’Ushtâr, Emilie Querbalec

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