Qui a peur de la mort ? Nnedi Orokafor

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Ce n’est pas la couverture que j’ai, mais je préfère celle-ci^^

 

Qui a peur de la mort ? est un roman publié en 2011 en VO, écrit par l’autrice américaine d’origine nigérienne Nnadi Orokafor. Il a été traduit une première fois en 2013 dans la dans la défunte maison Eclipse, puis il a été réédité en 2017 par Actu SF. Ce roman mêle science-fiction post apocalyptique et réalisme magique. 

Ce roman se lit comme un one-shot, mais le roman The Book of Phoenix, non encore traduit, se passe apparemment dans le même univers.

Afrique, après l’apocalypse.
Le monde a changé de bien des façons, mais la guerre continue d’ensanglanter la terre. Une femme survit à l’anéantissement de son village et au viol commis par un général ennemi avant de partir errer dans le désert dans l’espoir d’y mourir. Mais au lieu de cela, elle donne naissance à une petite fille dont la peau et les cheveux ont la couleur du sable.
Persuadée que son enfant est différente, elle la nomme Onyesonwu, ce qui signifie, dans une langue ancienne :
« Qui a peur de la mort ? »

 

Univers

L’histoire se déroule dans une Afrique post-apocalyptique. Le pays n’étant révélé qu’à la fin, je considère que c’est un spoil et je ne vous en parlerai donc pas 😉 La magie y est habituelle, bien que peu soient les élus capables de s’en servir, tour à tour merveilleuse ou inquiétante. Y recourir n’est jamais anodin, ce que j’ai apprécié puisqu’on sent bien le poids de cette puissance.

J’ai trouvé l’univers dépeint vraiment fascinant. Je ne connais pas suffisamment les folklores africains, mais j’ai l’impression que l’autrice y a pas mal puisé, et ça m’a vraiment donné envie d’en savoir plus sur les mascarades, le monde des esprits, ou les kponyungo.

Mais derrière son côté merveilleux, il y a une dureté, une vraie dureté, d’autant plus terrible qu’elle fait directement écho à des drames de notre monde. Viols, génocides, esclavage, excision, domination masculine, xénophobie… Tels sont les thèmes, entre autres, qui jalonnent cette histoire. La plume de l’autrice n’a rien de trash, mais le roman reste parfois réellement dure à lire. Je ne le conseille donc pas forcément aux coeurs sensibles.

Cependant, j’avoue ne pas avoir vraiment vu cette Afrique post-apocalyptique du résumé. Le contexte reste très flou à ce sujet, et à l’exception de quelques rappels de temps en temps indiquant l’existence de téléphones portables ou d’ordinateurs, il est assez facile d’oublier l’époque à laquelle c’est censé se passer. Surtout que la magie et les traditions ont (re)pris le dessus sur la technologie.

 

Les personnages

 

Onyesonwu, tout d’abord, le personnage principal de ce livre et qui lui a d’ailleurs donné son nom. Elle est ewu, enfant du viol d’une femme Okeke par un Nuru, et donc rejetée par les deux peuples. Une jeune femme très puissante magiquement parlant, mais qui ne maîtrise pas toujours ses émotions, et donc ses facultés. Bien qu’elle soit loyale et courageuse, elle est aussi animée de colère et de doutes, et n’est pas à l’abri d’erreurs. Ce qui la rend humaine, et donc attachante à mes yeux.

Les autres personnages sont un peu plus en retrait. Si j’ai bien aimé Mwita malgré son caractère à lui filer des baffes, ewu lui aussi, ainsi que Aro, le sorcier qui a enseigné la magie à Mwita, les atermoiements amoureux des personnages secondaires qui accompagnent Onye dans sa quête ont fini par m’agacer un poil.

L’antagoniste aussi m’a un peu déçue, parce ce que ce qu’en disent les personnages ne correspond pas vraiment à la révélation.

 

L’intrigue

 

Ainsi que l’affirme le Grand Livre, les Nurus à la peau blanche sont les maîtres des Okekes à la peau noire. Les enfants ewu, fruits de l’union plus ou moins consentante entre les deux sangs, sont stigmatisés et rejetés de toutes parts. Il ne fait pas bon non plus de naître fille.

Encore enfant, Onyesonwu découvre l’horreur de sa conception, et décide de venger sa mère. D’autant qu’elle se découvre de stupéfiants pouvoirs…

 

L’intrigue globale est plutôt classique, puisqu’il s’agit d’une quête initiatique dans sa première partie, puis d’une quête de vengeance dans la seconde.

La première partie raconte l’enfance puis l’adolescence des personnages. Une partie réellement intéressante, entre fascination pour le folklore et le cheminement d’Onye, et horreur devant les atrocités de cet univers (et du nôtre aussi…) et les épreuves qu’elle endure. Vraiment le point fort de ce livre.

La seconde partie traite de sa quête. Et j’ai été d’autant plus déçue que j’ai adoré la première. Les personnages ne savent pas ce qu’ils font, ils se contentent de suivre une prophétie ou les instincts de Onye. Et quand ils ne marchent pas, ils se chamaillent à propos des amours et coucheries des uns ou des autres… C’est toujours bien écrit, ça reste plutôt cohérent avec le reste, seulement ça ne m’a pas intéressée.

Quant à la fin… J’ai eu envie de me dire, tout ça pour ça ? Il y a même certaines choses

 

 

Le style

 

L’histoire est racontée à la première personne, par Onyesonwu. Beaucoup d’introspections et de digressions, et si ça a contribué à ma fascination je pense que les amateurs d’actions auront plus de mal. Il n’y a, en revanche, aucune description (ou alors très lapidaires) ce qui rend certains passages parfois un peu difficiles à appréhender. Mais j’ai trouvé le style très immersif néanmoins, surtout sur la première partie.

 

Bilan

Si j’ai vraiment adoré la première partie, j’ai eu un peu de mal à aller au bout de la seconde, plus proche d’un récit young adulte classique. Pour autant, j’ai aimé cette lecture, car les thèmes abordés et l’histoire d’Onye sont vraiment intéressants.

J’aimerais bien aussi un préquel qui expliquerait le post-apo du roman, parce que là ça m’a vraiment semblé un détail si insignifiant qu’il aurait pu ne pas être là (si c’est expliqué dans le livre suivant, j’ai rien dit^^).

Quoi qu’il en soit, je pense que je vais m’intéresser un peu plus aux folklores et aux cultures de l’Afrique 😉

 

Et ailleurs, qu’en pense-ton ?

 

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5 réflexions sur “Qui a peur de la mort ? Nnedi Orokafor

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  4. J’avais trouvé aussi la fin un peu décevante par rapport au reste du livre.
    Pour le côté post-apo, il est suggéré par des souvenirs des civilisations disparus, de la forêt qu’il y avait avant… par des petites touches parsemées d’ici de là.

    Aimé par 1 personne

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