Choisir ses béta-lecteurs

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Les béta-lecteurs sont des personnes qui aident un auteur ou une autrice à améliorer son texte, à le sublimer en quelque sorte.

Il y a quelques temps, Eleyna vous parlait de quelques profils de béta-lecteurs que vous risquez de rencontrer, ainsi que des réactions d’auteurs face à la béta-lecture. Du coup… comment les choisir ?

Où trouver un béta-lecteur ?

 

A l’heure d’internet, trouver des volontaires prêts à lire votre texte pour vous aider est assez facile. Que ce soit sur des forums dédiés, des pages ou groupes sur des réseaux sociaux, des sites internet… Les béta-lecteurs se trouvent un peu partout. La difficulté réside surtout dans la nécessité de trouver le bon… par rapport à ce que vous recherchez.

Indépendamment de sa capacité à vous aider, il vous faudra nouer une relation de confiance. L’auteur.ice ne doit pas se sentir jugé.e ou rabaissé.e, et le béta ne doit pas avoir la sensation de perdre son temps.

 

Quand faire appel à eux ?

Quand on écrit un roman, je pense que c’est mieux d’avoir au moins écrit le 1er jet, ne serait-ce que pour vérifier les incohérences et la trame (mais évidemment, c’est comme vous le sentez). Et puis ça évite de faire perdre son temps au béta-lecteur si vous vous rendez compte au bout de plusieurs mois de travail que votre projet ne va nulle part…. D’un autre côté, une béta-lecture pendant le projet peut aussi vous éviter de perdre votre temps en vous rendant compte au dernier moment d’une incohérence qui remet en jeu TOUT votre roman…

MAIS vous pouvez aussi leur demander de vous relire afin de vous aider à faire mûrir votre style, votre rythme, etc… Par exemple via des textes courts, des exercices d’écriture etc…

Bref, ça dépendra de votre motivation, de votre projet, et de vos attentes.

N’oubliez pas que le béta-lecteur est bénévole, qu’il veut juste vous aider à améliorer votre texte. Ses remarques ne signifient pas qu’il trouve votre texte « meh », il veut juste vous aider à le pousser encore plus haut.

N’oubliez pas que l’auteur ne veut pas forcément publier son livre, et donc que chacun n’aura pas forcément besoin du même degré de béta-lecture (mais dans ce cas là, c’est mieux s’il sait ce qu’il veut).

 

Un ou plusieurs béta-lecteurs ?

Les béta-lecteurs peuvent vous aider de plusieurs façons. Une même personne peut évidemment cumuler ces différents rôles, mais je pense néanmoins qu’il vaut mieux en avoir plusieurs. Mais pas trop, car ils risquent de ne pas être d’accord entre eux et donc de vous perturber plus qu’autre chose. Deux-Trois, pas plus.

 

  • Dans le « secret des dieux »

 

Celui-ci connaît des éléments de la trame, du background ou des personnages qui ne figurent pas (encore) dans l’histoire, ce qui va lui permettre de traquer des incohérences sur le long terme (et donc vous pourrez les corriger suffisamment tôt), de voir si vos set-up/pay-off sont bien gérés, ou de vérifier que vos « indices » sont bien dosés. Je pense que c’est mieux de le choisir dans votre public cible, mais ce n’est pas obligatoire.

Très intéressant si vous écrivez un long récit pour vous éviter de perdre pied, mais ce sera plus difficile de vérifier la qualité du suspense, voire la clarté des informations. En résumé, il ne vous permettra pas de savoir comment vos lecteurs réagirons à la lecture, il vous aidera surtout à améliorer le fond.

 

  • Le cobaye

 

Un peu le contraire du premier, celui-ci lit comme un lecteur lambda, il découvre les informations au fur et à mesure de la lecture, comme un « vrai lecteur », donc. Je pense qu’il est intéressant de le choisir dans votre public cible, c’est-à-dire les lecteurs qui seront susceptibles d’acheter votre ouvrage.

Vous permet de vérifier le potentiel de votre histoire, la clarté des informations et ses éléments de « suspense », ainsi que la façon dont vos futurs vrais lecteurs pourront appréhender votre récit. Par contre, ne pourra pas vous aider sur la cohérence à long terme (genre un set-up dans le tome 1 qui ne se conclura qu’au 6).

Je pense qu’il est utile de prendre deux cobayes : un pendant votre processus de réécriture, un après, afin de vérifier que vos modifications fonctionnent.

 

  • Le correcteur

 

Si les deux autres servaient surtout à critiquer le fond, celui-ci va plutôt vous aider sur la forme en vous pointant les fautes, les phrases bancales, les mauvaises concordances des temps, les soucis de ponctuation etc…

Si vous avez pas mal de lacunes, mieux vaut un béta-lecteur dont ce soit le seul rôle, ou du moins le rôle principal. Dans le cas contraire, pour éviter d’avoir trop de relecteurs, la chasse aux coquilles et compagnie peut éventuellement être confiée aux autres (Mais attention, si vous décidez de vous autopublier… vous devez être sûrs de vous à ce sujet).

 

  • Le maniaque des virgules

 

Il s’agit d’une variante du correcteur (d’ailleurs, les deux rôles pourront être couplés… que ce soit votre choix ou non). Celui-ci attirera votre attention sur toutes les maladresses de typographie, de la virgule mal placée au retrait oublié. Si ce rôle peut sembler anecdotique, ça l’est beaucoup moins quand on a le livre édité dans les mains : les retraits perturbent la mise en page, les virgules surnuméraires ou mal placées peuvent rendre la lecture difficile.

Le maniaque des virgules n’est pas un rôle « solitaire », il sera souvent couplé avec celui de correcteur, voire l’un des autres selon la sensibilité du béta-lecteur aux problèmes de virgules.

 

  • Le cheer-leader

 

Contrairement aux autres, le rôle de celui-ci n’est pas de vous aider à améliorer votre texte. Son rôle, c’est de vous remonter le moral lors de vos moments de doute ou de démotivation, en vous demandant la suite, si vous écrivez toujours, si ça se passe bien… Il pourra s’agir de vos parents, de votre tante, ou de votre voisin (à condition qu’ils s’intéressent à ce que vous écrivez).

L’intérêt du cheer-leader dépendra principalement de l’auteur.ice, et n’est pas si évident à trouver que ça. Ce rôle pourra être assumé par l’un de vos béta-lecteurs principaux

 

  • Le spécialiste

 

L’intérêt de celui-ci dépendra de votre texte. Si vous voulez parler de physique quantique mais que vous ne connaissez pas trop le sujet, en plus de vous renseigner ce serait pas mal de vous trouver un spécialiste pour vérifier la vraisemblance de vos propos.

Le spécialiste ne sera pas toujours facile à trouver et à convaincre, parce qu’il ne sera pas forcément intéressé par ce que vous écrivez, ou bien n’aura pas assez de temps à vous consacrer. Il pourra éventuellement juste lire les passages où son expertise est souhaitée, ou bien vous pourrez leur poser des questions ciblées.

 

  • Le néophyte

 

Un cobaye qui ne fait pas partie de votre lectorat cible, soit parce qu’il ne connaît pas le genre dans lequel vous écrivez, soit parce que celui-ci ne l’attire pas.

Cela vous permet de savoir si votre histoire a un potentiel en dehors de votre lectorat cible. Il pourra même vous aider à identifier des soucis qui paraissent « normaux/habituels » à un habitué.

En bref

Les béta-lecteurs que vous choisirez dépendront de ce que voulez faire avec votre texte, et de ce dont vous avez besoin. Et ce que vous pouvez entendre.

Si vous voulez juste écrire comme ça, pour le fun, sans forcément vouloir écrire quelque chose de publiable, en bref, que vous voulez juste partager votre imaginaire, vous n’aurez peut-être pas besoin de béta-lecteurs « confirmés ». Pour ce type de profils, je pense que les plateformes du style Wattpad sont très intéressantes. Vous n’y trouverez pas beaucoup de béta-lecteurs potentiels, mais des cheer-leeders qui vous demanderont la suite, et qui vous soutiendront.

En revanche, si vous voulez écrire le meilleur texte possible (par exemple pour augmenter vos chances de séduire un éditeur, ou pour tenter l’auto-édition), mieux vaudra vous trouver quelques béta-lecteurs. Les rôles dont vous aurez besoin dépendra de votre texte, mais je pense que vous devriez avoir :

  • Texte « normal » : au moins un cobaye et un correcteur (rôle unique ou non), éventuellement un cheer-leader pour les baisses de moral
  • Texte complexe : au moins un « dans le secret » + précédents
  • Texte avec notions spécifiques : au moins un spécialiste + précédents

Pour un auteur, c’est « normal » de réagir aux commentaires. Gardez juste à l’esprit que le béta-lecteur ne vous soumet pas ses remarques juste comme ça, il y a des raisons. Même si vous n’êtes pas d’accord sur le moment, gardez la remarque dans un coin de votre tête pour y réfléchir calmement, quitte à demander des précisions. La plupart du temps, le béta-lecteur veut juste vous aider à sublimer votre œuvre.

Mais parfois, même avec la meilleure volonté, le courant ne passe pas. Vision différente de la lecture, du texte lui-même, du genre littéraire… Mieux vaut arrêter et chercher quelqu’un d’autre, ça arrive, et ça ne remet en cause ni l’auteur ni le bêta.

Certains auteurs écrivent aussi sans recourir aux béta-lecteurs, et s’en sortent très bien.

Bien évidement, ce n’est que mon point de vue sur la question. Je serais d’ailleurs intéressée de savoir si vous avez des béta-lecteurs, et la façon dont ils vous aident 😉

12 réflexions sur “Choisir ses béta-lecteurs

  1. Personnellement, je fais partie des personnes qui ne considèrent pas le cheer-leader comme un bêta-lecteur (ce qui ne veut pas dire qu’il est inutile). Je suis du genre à faire le maximum par moi-même avant d’envisager de faire appel à quelqu’un. Autrement dit, le premier jet et la première réécriture sont déjà faits, s’il doit y avoir manque de motivation, c’est avant, pas pendant la bêta-lecture. De même, prendre des nouvelles ne fait pas, pour moi, un bêta-lecteur. Après, je comprends que pour d’autres, ce soit essentiel, surtout quand on est en pleine écriture du premier jet (je crois que ça s’appelle de l’alpha-lecture, alors, mais bon, le principe est le même ^^). Bref, je suis d’accord, il faut savoir sélectionner les bêta-lecteurs dont nous avons besoin (pas ceux qui nous arrangent).

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  2. Bizarrement, je n’ai pas besoin de cheer-leader pendant la phase d’écriture… mais pendant la phase de réécriture/corrections (c’est à ce stade que j’ai le moins de motivation, en fait, où je me dis que ce que je fais ne sers à rien, que je n’arriverai jamais au résultat que je veux, qu’après 12 versions c’est quand même pas normal de pas avoir un résultat potable etc…). Dans l’absolu, le cheer-leader n’est pas utile au roman, en fait, (quelle que soit la phase), puisque c’est vraiment celui qui va dire « j’adore, à quand la suite ! », celui-ci ne va servir vraiment qu’à l’auteur, effectivement (et du coup, tout le monde n’en aura pas l’utilité).
    Du coup, c’est vrai que je ne sais pas si on peut vraiment l’appeler un « béta-lecteur » :\ Je l’ai quand même mis dans cette catégorie, façon de dire que même les tata Ginette peuvent être utiles lol^^

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  3. J’ai essayé de recruter le plus de bêta-lecteurs possibles (une quinzaine) dans la catégorie cobaye. Je ne suis pas sûre d’avoir autant de retours que de personnes qui se sont effectivement proposées, mais j’aimerais tout de même en avoir au moins 5. Effectivement, le nombre de bêta-lecteurs augmente le nombre de réponses contradictoires, mais ça permet aussi de faire des statistiques, surtout dans les cas où l’auteur n’est pas d’accord avec la remarque. Si 4 lecteurs sur 5 ont trouvé la fin incompréhensible, il faut probablement arranger ça. S’il n’y en a qu’un seul, ça se discute…
    Mais c’est la première fois que je fais appel à des bêta-lecteurs, je vais voir ce que ma théorie donne à l’épreuve du feu… Peut-être que je réduirais le nombre par la suite.

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  4. Il faut parfois un moment avant de trouver la formule qui nous convienne 🙂 Personnellement, quand j’ai trop de bêtas, c’est encore pire que pas du tout, car en général ils ne sont pas d’accord entre eux et je ne sais plus quoi faire… Mais comme tu dis, des fois d’un autre côté ça permet de mettre en évidence certaines choses plus importantes par rapport à d’autres. Ils ne sont pas non plus obligés d’intervenir en même temps, certains peuvent béta-lire après une première séries de corrections, pour voir si ça fonctionne. En fait, il y a autant de possibilités que d’auteurs^^

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  5. Je ne suis pas vraiment fan de bêta-lecture je dois admettre. J’ai un poil trop d’ego pour ça (et j’ai aussi trop tendance à tout reprendre, je ferai perdre du temps au lecteur) ^^
    Je pense que, une fois la (les) réécriture(s) terminée(s), c’est bien de prendre quelqu’un pour aider mais pas pendant…En tout cas pas pour moi. J’aurais trop l’impression d’être « influencé », que ce ne soit plus tout à fait mon histoire.

    Mais personnellement, j’ajouterai une chose en conseil : il est vraiment utile de trouver quelqu’un qui n’est pas du public cible mais qui sait rester objectif… Il ne se laissera pas subjuguer par l’histoire, mais saura relever le bon comme le mauvais. En relecture finale, cela peut aider (à mon avis !)

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  6. Toutafey, en beta lecture il est important de choisir les profils de beta lecteurs qui nous conviennent, quand et si on le veut^^ tous les auteurs ne cherchent ni n’ont besoin de la même chose au même moment

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  7. Premier roman en court de finalisation. J’ai besoin de lecteurs pour savoir si je peux sans honte proposer cette histoire aux maisons d’édition. J’assume pas tout à fait. J’ai peur. Du coup tous les lecteurs sont des personnes en qui j’ai confiance et dont le jugement ne me fait pas peur. Ils sont 6. Une pro pour les corrections liées à l’orthographe etc…Une qui aime ce genre d’univers mais qui n’osera peut être pas me dire à quel point c’est mauvais. Elle me permettra de ne pas m’effondrer si les 2 autres dont qui sont parfois presque trop francs dans leurs propos me blessent. Je suis très susestible ça va pas être évident mais j attends impatiemmé leurs retours ! En attendant je fais progresser les autres histoires que j ai entamé mais je me dis que s ils détestent tous la première je ne sais pas si j aurai le courage de faire lire les suivantes. Mais elles prendront vie c est certain. Il faut qu’elles existent. C’est comme ça. Inspiration à tous 😉

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