Les enfants du passé, Luce Basseterre

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Les enfants du passé est un space-opera en un volume de l’autrice française Luce Basseterre. Les éditions Voy’el l’ont publié en 2016.

Djaël Aldrin traine son exceptionnelle longévité comme une malédiction à travers toute la galaxie. Alors qu’il chine des pièces détachées, un acte compulsif vient bouleverser sa routine. Mais qu’est-ce qui lui a pris, pourquoi avoir acheté cet homme ? Oshi est né esclave. Remettre en question sa condition lui est inconcevable. Lorsque son nouveau maître l’exige, il doit pourtant s’y efforcer. Mais pourquoi est-ce si difficile ? Qui est donc cet adolescent allongé sur la table d’un légiste de Nouvelle-France ? Son ADN le désigne comme étant Djaël Scott Aldrin, un pilote d’arche d’exode, né sur Terre, vingt-deux siècles plus tôt, ce qui est bien sûr impossible. Et si ces trois énigmes n’en formaient qu’une ?

Univers

La majeure partie de l’histoire se déroule à bord de l’Ombre, un vaisseau absolument gigantesque dans lequel on se perdrait bien pendant des heures, tant il est fascinant. L’histoire de cette arche, tout d’abord, est très intéressante, mais je suis bien curieuse de tout ce qui peut se cacher derrière ses multiples portes fermées^^

On dit que dans l’espace, personne ne nous entend crier. En tout cas, l’espace est ici tout sauf désert. L’humanité a essaimé sur plusieurs planètes suite à l’Exode depuis la Terre, puisque notre planète bleue n’était malheureusement plus habitable. Mais l’humanité n’est pas seule, puisqu’on retrouve un certain nombre d’espèces non humaines, et des mélanges inter-espèces, avec des créatures félines ou insectoides.

D’ailleurs, je me suis demandé plus d’une fois si l’intrigue se passait dans le même univers que celui de la Débusqueuse de mondes. Les deux livres sont indépendants, donc vous pouvez parfaitement lire l’un sans lire l’autre, mais ça ne m’étonnerait pas plus que ça si c’était le cas^^ Toutefois, si les humains étaient rares dans la Débusqueuse, beaucoup de personnages sont ici humains, au moins en partie.

 

Personnages

Le trio de personnages n’est pas sans rappeler, là encore, celui de la Débusqueuse, puisqu’on a un capitaine de vaisseau, un esclave humain sauvé par le capitaine, et le vaisseau lui-même (plus en retrait, ici). Cela étant, très vite, les personnages se distinguent de leurs confrères donc ce n’est absolument plus dérangeant passées quelques pages (oui, j’avoue, au début de ma lecture j’ai eu un peu peur^^).

Tout d’abord, Djael, le capitaine de l’Ombre. C’est un humain « modifié » doté de l’âge vénérable de 2000 ans et des brouettes (grosso modo), mais qui est tout sauf aigri ou ronchon. Au contraire, sa gentillesse et sa collectionnite aigue des objets du passé sont particulièrement touchantes, et il est difficile de ne pas s’attacher très vite à ce personnage, dont l’enthousiasme cache un lourd passé qui a laissé de profondes fêlures.

Oshi, le second protagoniste, est un esclave humain récupéré par Djael sur un coup de tête, au marché. Si sa servilité et sa peur maladive de décevoir semblent au début s’expliquer par son passé d’esclave, on comprend assez vite qu’il y a anguille sous gravillon. Il faudra bien toute la détermination de Djael pour l’aider^^

Tahé est la voix du vaisseau, sans être le vaisseau lui-même (contrairement à la débusqueuse). On a ici une entité extraterrestre qui a décidé de s’installer dans le vaisseau, et qui a noué une grande amitié avec Djael, n’hésitant pas à prendre le rôle de sa conscience^^ J’ai beaucoup aimé ce personnage immatériel, tantôt amusant, tantôt bousculant un peu les protagonistes.

Du côté des personnages secondaires, notons surtout Ifan, la sauterelle de Djael (comprendre, son fils^^), et Benji, un petit humain lui aussi curieusement servile… mais attachant et touchant dans sa volonté de se reconstruire et de vivre, tout simplement.

 

Intrigue

 

Les enfants du passé est en fait constitué de trois sous-intrigues (les deux premières directement liées aux deux protagonistes, la troisième venant « de l’extérieur »), qui vont finir par se rejoindre d’une façon à la fois très intéressante et sombre (voire glauque…). Le mystère se découvre petit à petit, chaque personnage apportant des pièces du puzzle.

Tout d’abord, Djael achète Oshi sur le marché et l’embarque sur son vaisseau, ce qui ne lui ressemble pas. Surtout que son nouveau protégé est plus que déroutant, puisqu’il lui est tout bonnement impossible de désobéir ou de décevoir son nouveau maître, ce qui ne va pas sans causer quelques menus soucis. Pire encore, la découverte d’enfants curieusement dociles, et du cadavre d’un adolescent.

Comme vous le savez, je ne raffole pas des romances, mais j’ai trouvé celle-ci tout à fait crédible, douce, et touchante. Elle s’intègre parfaitement à l’intrigue principale, sans jamais prendre le pas sur elle.

Si l’histoire en elle-même est intéressante, le sous-texte l’est beaucoup aussi. L’humanité a dû quitter la Terre, devenue inhabitable après avoir été surexploitée. Et surtout… qu’est-ce que l’humanité, en fait ? Qu’est-ce qui nous rend humains ? L’âme ? Et puis comment aider des gens en profonde souffrance, comment les aider sans les considérer comme… autre chose que des humains, finalement ? Le racisme, l’esclavage, le lourd poids du passé, l’humanité sont ainsi autant de points donnés à réfléchir dans cet ouvrage.

 

Style

 

Ce roman est un mélange plutôt équilibré entre émotion, aventures, romance (homosexuelle), enquête et réflexion. Même s’il n’y a pas de guerre dans les étoiles (haha), je ne me suis personnellement pas ennuyée une seconde. Le roman est très accessible même quand on n’est pas familier avec la SF.

Djael et Oshi racontent leur version des évènements au présent, et à la première personne (je ne suis pas forcément adepte de ce type de narration, mais ici ça passe très bien), et des personnage secondaires viennent compléter avec une narration à la troisième personne.

Les chapitres sont plutôt courts et rythmés, et impossible de se perdre entre les narrateurs puisque c’est indiqué en même temps que le titre des chapitres.

 

Bilan

Même s’il y a des similitudes avec la Débusqueuse, le roman se révèle rapidement très différent, donc ne vous inquiétez pas si vous avez une petite impression de déjà vu au début de l’un ou de l’autre 😉 Encore un très bon space-opera de Luce Basseterre, divertissant tout en nous proposant de réfléchir.

 

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

 

PIF 2019

10 réflexions sur “Les enfants du passé, Luce Basseterre

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