Odd Thomas T1 : L’étrange Odd Thomas, Dean Koontz

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L’étrange Odd Thomas est le premier tome du cycle Fantastique des Odd Thomas par l’auteur américain Dean Koontz, dont seuls 2 tomes sur 7 ont été traduits en VF. Le premier tome, paru en VO en 2003, est arrivé chez nous en 2007 grâce aux éditions J.-C. Lattès, puis a été réédité en 2009 par Le Livre de Poche

Pico Mundo, Californie. Le jeune Odd Thomas, cuisinier de son état, possède un don particulier: il communique avec les morts. Pourra-t-il sauver la petite ville du mal qui rôde?

Jeune cuisinier dans un grill d’une petite ville de l’Amérique profonde, Odd Thomas rêve d’être un garçon ordinaire. Mais il est pourvu d’un don encombrant : les morts communiquent avec lui.Parfois les âmes en peine veulent que Odd leur fasse justice. Parfois, elles lui donnent un tuyau afin qu’il puisse déjouer un meurtre avant qu’il ne se produise. Mais cette fois, c’est différent : un étranger débarque à Pico Mundo, accompagné d’une horde de créatures d’ombres, avides comme des hyènes – signe d’une catastrophe imminente. Avec l’aide de sa compagne, Stormy Llewellyn, et de ses amis d’outre-tombe (dont Elvis Presley en personne), Odd va se lancer dans une course contre la montre pour empêcher le drame.

Univers

L’intrigue se déroule dans une petite ville de Californie, Pico Mundo. Avec son désert, ses centres commerciaux, ses fantômes… et ses démons. Une ville ordinaire, des personnages ordinaires, avec des boulots ordinaires… sauf qu’on est dans du fantastique, donc le surnaturel n’est pas loin, même si on ne comprend forcément le pourquoi du comment.

J’y reviendrai dans la partie intrigue, mais le jeune Odd Thomas est capable de voir les fantômes, mais pas de les entendre. Ces fantômes sont généralement des créatures plutôt tristes (genre Elvis, qui m’a vraiment émue 😥 ) et bienfaisantes, parfois bizarres, parfois furieuses (et dans ce cas là, on est plus sur du poltergeist, et il vaut mieux éviter de s’y retrouver confronté).

Le problème, c’est que les fantômes ne sont pas les seules manifestations surnaturelles. Odd est aussi confronté aux bodachs, des créatures invisibles pour les autres, coulants comme de l’encre ou de la fumée. Ils ne sont pas forcément malveillants, dans la mesure où ils n’ont aucune influence sur le comportement des humains, et qu’ils ne peuvent pas leur faire du mal directement. Par contre, ils se nourrissent de la violence et de la mort. Autant dire que s’il y en a dans les parages, c’est mauvais signe.

Et puis il y a des humains. Des humains imparfaits, toxiques, pétris de psychoses, malveillants. Des humains qui, finalement, sont plus terrifiants que les esprits. D’ailleurs, c’est peut-être l’aspect que j’ai préféré, au-dessus de l’aspect surnaturel : on y traite de l’amour, du deuil, de la différence, de la famille, des relations toxiques, des abus, d’esprits malades… Tiens, d’ailleurs, attention, surtout si vous y êtes sensibles : manipulations affectives prononcées, mentions de viols et d’attouchements sur enfants, meurtres de masse… C’est pas de l’horreur, mais c’est pas bisounours non plus. Certains passages sont assez durs, dans le genre.

 

Personnages

 

Le personnage principal est bien sûr l’étrange Odd Thomas (c’est Odd, son prénom, étrange, en anglais), et il s’agit aussi du narrateur de l’histoire, ce qui se ressent fortement. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas un garçon ordinaire. Il est éminemment gentil, très poli, ils s’exprime d’une façon assez particulière, il est parfois complètement… disons à côté de la plaque quant aux relations humaines, il a un sens profond de la justice, une grande empathie… Il n’a aucune ambition professionnelle, des plaisirs simples, et s’est toujours senti en décalage avec les gens de son âge à cause d’intérêts différents. Il a aussi un environnement familial extrêmement toxique. Heureusement, il s’est trouvé une famille d’adoption, puisque le commissaire et son épouse le considèrent un peu comme leur fils. En dehors de ce dernier point, je me suis sentie assez proche de lui, j’ai vraiment adoré le personnage. Odd peut voir les fantômes et les bodachs, mais pas les entendre. De temps en temps, il a des prémonitions, ce qui peut lui permettre d’intervenir sur l’avenir.

Stormy, sa petite amie, est attachante aussi, mais d’un caractère plus… lionesque ? Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, elle a un 9 mm chez elle et n’hésitera pas forcément à s’en servir. Si elle voyait les fantômes, nul doute qu’elle escorterait Odd^^

Du côté des personnages secondaires, pas mal de personnages qui sortent des personnages habituels. Little Ozzie, ami de Odd, est un homme obèse, mais aussi un écrivain de talent. La pauvre Rosaline affronte le deuil à sa façon, dans un déni qui confine à la folie douce, tout en étant adorable. La chef de Odd, Terri aussi est en deuil, et elle trouve son réconfort en étant incollable sur Elvis Presley.  Quant aux parents de Odd, ils ne sont pas des plus aimants et sains d’esprits. Un truc sympa, c’est que la plupart des personnages sont au courant du secret de Odd, ce qui évite de tourner autour du pot, et ce n’est du coup absolument pas un enjeu de l’intrigue.

Les antagonistes sont en revanche un peu cliché, et pas vraiment intéressants, dans le sens où ce sont plus des figures du mal qu’autre chose.

 

Intrigue

Odd, le narrateur, est contraint par Little Ozzie de raconter comment sa vie à la fois ordinaire et extra-ordinaire a soudain basculé. Il est serveur dans une cafet, a une super petite amie, et il vit au-dessus d’un garage. Tous les matins, il rend visite à sa voisine. Il aide aussi les fantômes qu’il croise, ou bien la police. Le problème, c’est qu’un jour, il commence à voir pas mal de bodachs s’intéresser à un homme un peu louche. Il comprend alors que quelque chose d’horrible est sur le point de se produire…

L’intrigue est en fait un polar surnaturel. L’enquête est plutôt simple, sans réelles nuances, mais divertissante.

Sans vous spoiler, j’ai beaucoup aimé la fin, je ne l’aurais pas vue venir si je n’avais pas vu le film.

Style

 

J’ai vraiment beaucoup aimé le style, même s’il peut dérouter au début. Comme c’est Odd qui raconte, la narration est à l’image de son esprit : il y a régulièrement des digressions, on passe parfois du coq à l’âne, la narration est… polie ? (vous comprendrez si vous lisez^^), ça ajoute vraiment un plus à l’immersion. Les moments d’humour sont sympa, mais il y a aussi du drame, beaucoup de drame, et du glauque, un peu. C’est léger, mais en même temps recherché dans sa légèreté.

 

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Film

J’ai vu le film avant de lire le livre, complètement par hasard puisque je n’avais jamais entendu parler ni de l’un ni de l’autre. Autant dire que je ne m’attendais pas à grand chose, et que je ne savais pas trop de quoi ça parlait. Dès la fin du visionnage, le livre a intégré la whishlist, et il a intégré la PAL quelques jours plus tard, directement au sommet. C’est vous dire si j’ai apprécié le film. 

L’adaptation est sortie en 2013, a priori directement en DVD, réalisé par Stephen Sommers.

En tant que film, il est vraiment chouette. Les acteurs fonctionnent bien, sans fausse note, et on s’attache immédiatement au duo principal ; les effets spéciaux sont corrects (les scènes où il y a beaucoup de bodachs à l’écran sont même assez impressionnantes. En tout cas, pour moi qui n’aime pas la foule et me sentir « serrée », je me suis sentie oppressée par ces scènes^^). D’ailleurs, même s’il n’y a pas de gore, je ne conseille pas ce film pour les enfants. Il y quand même des scènes anxiogènes, des visions de sang et de meurtres… Le côté léger du début évolue progressivement vers une atmosphère plus tragique, l’humour et la romance fonctionnent bien, et l’intrigue est à la fois simple mais pas simpliste. Un très bon divertissement. 

Et en tant qu’adaptation ? Disons que c’est un peu plus compliqué. Les personnages à l’écran sont fidèles à ceux du livre, à une ou deux petites différences près l’intrigue est très bien adaptée (la motivation des antagonistes n’est pas la même, j’ai d’ailleurs préféré celle donnée dans le film), en revanche il manque toutes ces thématiques du livre qui, sans être essentielles, sont vraiment intéressantes : différentes manifestations de la folie, l’amour, les relations toxiques, la famille etc. Mais bon, je comprends pourquoi ils ne les ont pas portées à l’écran : ce n’est pas indispensable à la compréhension, et le public du film n’a pas forcément envie que l’on s’étende sur ces aspects. Même si je trouve quand même ça dommage, ça aurait apporté plus de profondeur à une intrigue classique.

 

Bilan

Le pitch a beau être ultra classique (un perso qui voit des fantômes), le personnage atypique est immédiatement très attachant, l’histoire est prenante sans être angoissante, la romance est touchante, et les thématiques psychologiques du livre apportent une vraie profondeur à cette enquête surnaturelle. Je ne m’attendais à rien, et ce fut vraiment une excellente surprise.

 

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

 

6 réflexions sur “Odd Thomas T1 : L’étrange Odd Thomas, Dean Koontz

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