Boudicca, Jean-Laurent Del Soccoro

boudicca

Boudicca est un one-shot de Fantasy historique de l’auteur français Jean-Laurent Del Soccoro, publié par les éditions Actu SF en 2017.

Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ?

À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte.

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Boudicca, par Tamiart

Alors que j’adore la Fantasy et les histoires, je n’ai jamais vraiment été attirée par l’Histoire. Autant dire que la Fantasy historique, ce n’est pas trop mon truc. Mais l’enthousiasme d’Eleyna sur cet écrivain et ses oeuvres a fini par me convaincre d’y mettre le nez un jour. Lors du salon Imajin’ère, j’ai donc profité de l’occasion pour acheter Boudicca, et j’en profite pour remercier Jean Laurent Del Soccoro pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Et après lecture, j’ai regretté de ne pas avoir pris Royaume de Vent. Comme quoi^^

Boudicca, donc, c’est l’histoire romancée de Boudicca (ou Boadicée) était la reine celte du clan icène. Je ne sais pas dans quelle mesure le récit correspond à la réalité, d’autant qu’apparemment, il n’existe pas énormément de documents sur sa vie. Pour cette chronique, je vais juste prendre en compte le récit lui-même, et pas son intérêt historique.

Dans ce livre, donc, Boudicca raconte sa vie à la première personne, de sa naissance à sa fin. Le style est relativement simple, mais il sonne très juste. La voix de Boudicca pourra sembler détachée, voire froide, mais ça ne me l’a rendue que plus intéressante à mes yeux. C’est par ailleurs plutôt réaliste, compte tenu de son enfance et de sa vie en générale. Princesse destinée à régner, elle a évidemment été éduquée pour ce destin, privée de l’amour d’une mère (décédée) et d’un père qui la considère responsable de sa mort. Il y a mieux, comme départ.

Le livre est assez court (annoncé 280 pages, le récit tient plutôt sur 240), mais pas le temps de s’ennuyer, car la vie de Boadicée, son enfance, sa vie de femme, d’amante, de mère, de guerrière… aura été bien remplie. Pour autant, j’ai trouvé que la longueur du livre était tout à fait correcte, je ne l’aurais pas vue s’épancher davantage, on a l’essentiel pour comprendre son tempérament et sa vie. Surtout que c’est l’un des fils rouges du livre : sa difficulté à trouver les bons mots, à exprimer ses émotions et ses souffrances.  Que la narration soit épurée me semble donc correspondre à sa voix. Son destin, sa force de caractère, son courage… mais aussi sa fragilité et ses défauts, m’ont vraiment émue.

Du côté des personnages secondaires, l’auteur a réussi en peu de mots à nous les rendre vivants, à défaut de nous les rendre attachants (même si j’ai bien aimé le druide Prydain, très sage, dont l’une des phrases à l’attention de Boudicca a même réussi à me faire pleurer car j’aurais bien eu besoin qu’on me dise la même chose ; ainsi que les deux filles de Boudicca). Comme le récit est raconté par Boudicca, on ne sait pas grand chose des autres personnages, sinon leur relation par rapport à elle, mais bon, on en sait assez, c’est son histoire, pas la leur. 

Dans cette société, les femmes sont tout autant respectées que les hommes, elles peuvent être guerrière ou exercer des positions de pouvoir sans rien devoir à un homme. Les relations amoureuses étaient aussi plus libres que les nôtres : polygamie, relations homosexuelles (la relation entre Boudicca et Jousse, son amante muette, est très douce, très émouvante, et montre que la communication ne passe pas forcément par les mots. Je pense que c’est aussi ce qui a attiré Boudicca, vu qu’elle a du mal à s’exprimer oralement et qu’elle privilégie le silence).

Il n’y a pas de magie dans le récit, qui reste réaliste, pour autant je trouve que l’étiquette Fantasy n’est pas possible à enlever. Le mysticisme reste en effet important dans cette société, que ce soit par le biais de rêves prémonitoires ou d’oracles. Le récit garde le flou sur leur nature : vraie magie ? simples croyances ? On ne sait pas vraiment et c’est tant mieux. Il n’y a par ailleurs pas de bataille épique, même si le récit raconte le soulèvement des celtes contre Rome, menés par Boudicca. Et en fait, c’est tant mieux là aussi, ce n’est pas le sujet du livre.

 

Bilan

J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, bien que je n’en était pas le public cible (encore merci à Eleyna, sans toi je serais passée à côté^^). Je l’ai trouvé vraiment émouvant, que ce soit par la vie et le destin tragique du personnage principal, et par tout ce qui tourne autour du thème de la communication (la communication, surtout orale, étant quelque chose de très épuisant pour moi, ça m’a d’autant plus émue que je m’y suis retrouvée dans une certaine mesure). Le livre est très rapide à lire, mais intense et pas frustrant, et il m’a donné envie d’en découvrir un peu plus sur cette femme exceptionnelle et cette société ancienne finalement plus en avance que la nôtre.

 

 

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

14 réflexions sur “Boudicca, Jean-Laurent Del Soccoro

  1. Contente de partager le même avis sur ce roman. 🙂
    Par contre, je ne comprends toujours pas comment tu as pu ne pas prendre Royaume de Vent et de Colères, vu mon enthousiasme larmoyant à pouvoir en parler avec Jean-Laurent Del Socorro. ^^

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  2. Pingback: [Chronique Littéraire] Boudicca, Jean-Laurent Del Socorro – La Bulle d'Eleyna

  3. J’avais beaucoup aimé ce titre ! La brièveté du récit colle bien à l’urgence qu’est la vie de Boudicca. Royaume de Vent et de colères m’a aussi plu, mais moins sur certains aspects qui manquaient trop de détails.

    Aimé par 1 personne

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  9. J’ai adoré cette lecture, Boadicée étant l’une de mes figures historiques préférées ! Il existe une version un peu plus fantasy de son histoire, soit une tétralogie signée Manda Scott et intitulée La Reine Celte.
    Et il y a une autre version encore plus fantasy, où les dieux interviennent, signée Christophe Lambert (non non, pas le cinéaste) chez Mango 🙂 Par contre c’est une version pour ados, donc si ce n’est pas ton style ne t’y attarde pas !

    Aimé par 1 personne

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