L’Enceinte 9, Ophélie Bruneau

l'enceinte 9

L’Enceinte 9 est une dystopie young adult écrite par l’autrice française Ophélie Bruneau, publiée en 2019 aux éditions Lynks.

La couverture, que je trouve très jolie et bien conforme au personnage, est signée Tiphs.

Depuis cent ans, à cause d’une pandémie meurtrière, l’humanité s’est repliée derrière 12 Enceintes. Seule survivante, l’Enceinte 9 voit ses ressources s’épuiser et le collectif Fin du monde, qui prône la fin de l’espèce humaine, monter en puissance. Comment Ysa, tout juste promue policière, parviendra-t-elle à sauver son Enceinte de l’extinction ?

Chassée par une pandémie meurtrière, l’humanité a fui le monde. Les habitants de l’Enceinte 9 vivent depuis un siècle repliés derrière leurs murailles. Ils ont perdu le contact avec les autres Enceintes, et la Gestion, le logiciel chargé de répondre aux besoins de chacun, ne suffit plus à empêcher les ressources de s’épuiser peu à peu. Ysa est une jeune surnuméraire : née sans bon de naissance, elle doit travailler pour la collectivité dès ses dix-huit ans. Ses premières missions dans la police la confrontent à de nombreux incidents : des suicides de masse, des vols de nourriture. Y aurait-il un lien avec le collectif Fin du Monde, qui souhaite la mort de l’espèce humaine et a déjà anéanti des Enceintes ? La rencontre d’Ysa avec l’ombre, la population non gérée, va tout précipiter. Comment sauver l’Enceinte 9 avant qu’il ne soit trop tard ?

Univers

 

Planète Terre, pays inconnu, 2053. 100 plus tôt, l’humanité a dû faire face à une pandémie qui l’a contrainte à se réfugier à l’intérieur d’Enceintes protégées un peu partout dans le monde (pour les amateur.ices de mangas, imaginez l’Attaque des Titans). Les Enceintes sont gérées informatiquement pour garantir la survie des habitants et le meilleur niveau de vie possible.

Il faut contrôler la population, ce qui signifie que tout le monde ne peut pas avoir d’enfant, il faut des autorisations. En cas d’enfant surnuméraire, cela signifie qu’un couple se voit retirer son bon (autant dire que parents comme enfants surnum sont pas super considérés). Malgré tout, les enfants concernés sont élevés du mieux possibles et parfaitement intégrés dans la société. Certains individus vivent néanmoins dans l’ombre, donc en dehors du système, mais ils restent tolérés et leur présence est plus ou moins prise en compte quand même, donc ça va, pas de chasse à l’homme à l’horizon.

Sauf que, après 100 ans, il y a quand même  quelques problèmes. Le système informatique qui gère l’enceinte bug, les ressources de construction, électroniques, alimentaires manquent de plus en plus… Et même si les politiciens ne sont pas d’horribles connards prêts à tout pour le pouvoir, leur passivité entraîne l’émergence du terrorisme.

Cependant, pas de véritable antagoniste à signaler, humain ou autre. Juste des gens qui peinent à voir de l’espoir et une situation globale qui ne va pas s’arranger avec les années… Un univers cohérent auquel je n’ai eu aucune difficulté à croire.

 

Personnages

 

On suit principalement Ysa Insulae, une surnum, c’est à dire une enfant née illégalement et donc élevée dans une pouponnière, sorte d’orphelinat. Elle est très grande, forte, noire, les relations amoureuses lui passent au-dessus, mais surtout elle est résolument optimiste et loyale. J’ai eu un peu peur au début qu’elle soit trop parfaite, mais non, je l’ai trouvé réaliste et attachante.

(Aparté : j’ai bien aimé le fait que l’autrice ne s’appesantisse pas sur l’aromantisme/l’asexualité de Ysa, et que ce soit dit en passant. Parce que dans la réalité… ben ça devrait être comme ça aussi, juste un « détail » parmi d’autres. J’ai quand même trouvé un peu dommage le dialogue expliquant que Ysa ne peut pas avoir légalement d’enfant, parce que ça sonnait un peu comme une justification. Il est par ailleurs mentionné que le racisme existe toujours, mais ça n’aura aucun impact sur l’histoire ).

Elle sera épaulée par Zéro (mais je ne vous dit pas qui c’est), qui est plutôt sympa (et je suis contente de voir qu’en 2053, on regarde toujours l’Étrange Noël de Mr Jack^^).

J’ai aussi bien aimé Thora Sanchez, politicienne qui a trouvé Ysa après son abandon. Malgré son statut, elle se révèle sincèrement attachée à Ysa et à l’enceinte ; ainsi que Floyd, un surnum vivant dans l’ombre, handicapé, mais qui a pas mal de responsabilités au niveau de son groupe. Les autres personnages sont sympathiques mais ne m’ont pas marquée plus que ça, peut-être parce qu’on n’a pas l’occasion de les connaître plus en profondeur.

 

Intrigue

 

Alors qu’elle vient d’entrer dans la police, Ysa découvre rapidement que son implant oculaire greffé pour l’occasion fait partie d’un lot défectueux. Elle aura cependant d’autres soucis en tête, avec des vagues de suicides et sa meilleure amie amoureuse d’un homme de l’ombre…

L’intrigue est sympathique, mais plutôt simple. Même si les personnages rencontrent des obstacles, voire des tragédies, il n’y a pas vraiment d’accrocs ou de retournements dans le déroulement du récit, avec des ficelles parfois un peu grosses (j’ai par exemple trouvé la justification de l’implant défectueux un peu trop facile). En plus, comme il n’y a pas vraiment d’antagoniste au final, d’une certaine façon ça manque un peu d’enjeu « urgent ». Certes, ça va pas super bien dans l’enceinte, et dans les prochaines années ça risque de devenir encore plus compliqué, mais il n’y a pas de vrai gros danger immédiat.

Cela dit, ce n’est pas un défaut. J’ai même trouvé rafraîchissant pour une fois de ne pas m’inquiéter pour les personnages. L’optimisme de Ysa doit être communicatif, parce que je n’ai pas douté un seul instant que ça irait pour les personnages. Il n’y a pas de fin du monde, de grand méchant, de grand complot… juste des personnages qui tentent d’améliorer la situation.

Il y a une petite romance, mais je l’ai trouvée réaliste et surtout pas trop présente (et elle a un vrai intérêt dans l’évolution de l’histoire).

 

Style

 

Le style est simple mais bien mené et bien équilibré ( suffisamment de descriptions, mais pas trop, de l’intériorisation sans excès…). Il n’y a pas beaucoup de suspense en revanche, et même quelques longueurs. Comme dit dans la partie intrigue, le récit suit son cours sans forcément proposer de retournements, de scènes d’actions etc… La fin du livre bouge néanmoins un peu plus, mais voilà, vous attendez pas à un récit mouvementé.

 

Bilan

 

J’avoue ne pas être une grande fan des dystopies, rapport au fait qu’elles m’angoissent bien plus que la plupart des récits d’horreur. Mais une dystopie avec un personnage principal féminin racisé et ace/aro… ça méritait bien que j’y jette un demi-yeux^^ Et j’ai bien fait, parce que même si elle ne révolutionne pas le genre, j’ai bien apprécié cette lecture sans prétention, légère et optimiste malgré sa classification dystopique, et portée par une protagoniste attachante. Une lecture « fraîche », de temps en temps, ça fait du bien^^

 

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

 

(S’inscrit dans le  Challenge : diversité en litté)

 

12 réflexions sur “L’Enceinte 9, Ophélie Bruneau

  1. J’avoue que son classement dystopie YA ne m’inspirait pas trop, malgré certaines bonnes critiques. Après, si tu dis que la protagoniste propose un vision réaliste d’une certaine partie de la population et que l’univers n’est pas en mode fataliste « l’humanité, cette espèce d’arriérés que même la fin du monde ne peut détourner de sa connerie », pourquoi pas. ^^

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  2. J’avoue que je lis rarement les résumés. Il arrive qu’ils spoilent ou qu’ils ne reflètent pas tout à fait le contenu du livre. Quant au groupe terroriste ce n’est pas l’enjeu du livre.

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  3. Un résumé n’a pas d’obligation à être parfaitement neutre et objectif. On peut très bien considérer qu’il s’agit du point de vue de la protagoniste qui, dans le cadre de son métier, a sûrement reçu des informations allant dans le sens de son rôle au maintien de l’ordre. C’est d’ailleurs un problème récurrent chez les lecteurs, ils confondent souvent l’absence de neutralité d’une information (qui subie forcément le traitement subjectif de celui qui la mentionne, et donc un biais plus ou moins important par rapport à la réalité) et incohérence.

    Après, pour rejoindre Symphonie, j’avoue qu’il arrive que le résumé raconte trop de choses, ou au contraire, s’attarde sur des détails qui donnent l’illusion qu’il s’agit de la thématique principale de l’ouvrage.

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