Spectres, Dean Koontz

spectres

Spectres est un roman Fantastique-Épouvante écrit par l’auteur Américain Dean Koontz. Il est paru en VO en 1983, et a connu plusieurs éditions chez nous : J’ai Lu en 1986 puis 1994, Pocket en 1999 et Fleuve Noir en 2004.

     Dès leur arrivée dans Snowfield, petite station de montagne sans histoires, Jenny et sa jeune soeur Lisa ont ressenti une impression de calme étrange, surnaturel.
     Le premier cadavre qu’elles découvrent dans la maison, c’est celui de Hilda, la femme de ménage. Les yeux exorbités d’horreur, figée dans un cri, la chair noire et boursouflée. La demeure voisine est déserte, le souper encore chaud sur la table, la chaîne stéréo jouant une symphonie de Beethoven…
     Terrorisées, les deux jeunes femmes se précipitent à la boulangerie pour y chercher du secours : sur le comptoir, deux mains tiennent les extrémités d’un rouleau à pâtisserie. Deux mains humaines tranchées.
     Un frisson glacé parcourt la nuque de Jenny et de Lisa. Tapi dans l’obscurité, quelqu’un ou quelque chose les épie.

Il existe une adaptation cinéma de ce livre : Phantoms sorti en 1998 et réalisé par Joe Chapelle. Mais je n’ai pas envie de le voir pour deux raisons 1/ L’intérêt principal de cette histoire réside dans le fait de ne pas savoir ce qui se passe. 2/ On va pas se mentir, le film a pas l’air génial.

Note ; Contrairement à ce que le titre peut laisser penser, il ne s’agit pas d’une histoire de fantômes 😉 Attention, pas pour les enfants ni pour les âmes sensibles, c’est quand même assez gore. 

 

Univers/Atmosphère 

 

L’histoire se déroule presque exclusivement à Snowfield, petite ville de montagne américaine comptant environ 500 âmes humaines et quelques dizaines d’animaux domestiques. Sauf que… la ville est déserte. Il y a des cadavres partout, voire juste des bouts de cadavre, et pas mal d’habitants se sont tout simplement volatilisés sans laisser de trace. Pas un seul animal à l’horizon non plus. Autant dire que l’accueil n’est pas hyper chaleureux.

Pendant la première partie du livre, l’atmosphère est vraiment réussie, la tension glaçante. On découvre l’ampleur de la catastrophe en même temps que les personnages, et comme eux, on ne comprend pas bien ce qui a pu se passer. Et comme la menace n’est pas identifiée, difficile de savoir d’où elle viendra, qui elle prendra. Sincèrement, j’ai commencé à lire ce roman un soir avant de me coucher… ben c’était pas l’idée du siècle. Déjà parce qu’il m’a été difficile de le lâcher, et ensuite parce que le côté angoissant fonctionne plutôt bien^^

Malheureusement, cette atmosphère très pesante commence à perdre son intensité à partir du moment où les « vrais » renforts interviennent, vers le milieu du livre. Parce qu’à partir de là, il m’a été difficile de craindre pour les personnages qu’on suivait depuis le début…

Pire encore, à partir de la révélation de la nature de la menace… la tension fait pschitt. La nature de la menace en elle-même est assez intéressante, et offre une réflexion vers la fin du livre plutôt sympa, mais bon… Comme beaucoup dans l’épouvante, une fois qu’on sait ce qu’on affronte, il est plus difficile d’avoir peur.

Au-delà de l’épouvante, il y a une ambiance très manichéenne et biblique. Les personnages gentils sont très gentils, les personnages méchants sont de sombres connards qu’on a juste envie de voir crever dans d’atroces souffrances.

 

Personnages

 

Dans la toute première partie du livre, on suit exclusivement Jenny et Lisa, deux soeurs qui arrivent à Snowfield quelques heures après les événements.

Jenny est médecin, elle est belle, elle est intelligente, elle est badass (elle a quand même réussi à intimider un chef de gang très méchant !), elle a peur de rien, et c’est pas quelque 200 cadavres qui vont lui faire perdre son sang-froid.

Lisa a 14 ans. Elle est belle, elle est trèès intelligente (elle a toutes les réponses avant les flics ou les militaires), elle a une maturité pas vraiment crédible, elle a un sang-froid d’iceberg…

Un peu plus tard, elles sont « secourues » (lol) par le shérif du comté et quelques uns de ses hommes. Le shérif est très gentil, il les croit tout de suite, son pauvre fils est dans le coma, il a perdu sa femme… (vous la sentez venir, la romance guimauve ?) Quant à ses hommes, ça va du gros connard misogyne au gamin qui peut pas tenir un flingue.

Un peu plus tard, l’armée se mêle de l’affaire, mais à par la biologiste de l’équipe, aucun n’est vraiment notable. Ils seront aussi aidés par un archéologue qui pourrait bien savoir ce qui se passe.

Bref, vous l’avez compris, j’ai un petit problème avec les personnages principaux. Seuls la biologiste et l’archéologue m’ont paru crédible, tous les autres sont plus ou moins caricaturaux tellement ils sont manichéens et bourrés de qualités. Lisa, la petite soeur, ne fait pas DU TOUT gamine de 14 ans, et encore moins gamine de 14 ans dans un tel merdier. Un peu dommage pour de l’épouvante, car je ne suis pas parvenue à m’attacher à eux.

 

Intrigue

 

Après la mort de leur mère, Jenny ramène sa soeur Lisa chez elle, dans le petit village de Snowfield où elle exerce en tant que médecin. Problème, une fois arrivées, elles sont accueillies par un silence de mort, et ne parviennent à trouver aucun habitant. Aucun habitant vivant en tout cas. Et comme si ça ne suffisait pas, elles ont rapidement l’impression d’être épiées, et les lignes téléphoniques ne semblent pas fonctionner, mais Jenny a l’impression que quelqu’un l’écoute à l’autre bout. Elles parviennent finalement à joindre le shérif du comté pour qu’ils viennent enquêter sur place.

(Ici, je me suis demandée pourquoi elles ne se barraient pas vu l’étendue du merdier. C’est justifié par le fait que serment d’Hippocrate, toussa, Jenny peut pas laisser les pauvres gens… Sérieusement ? Y’a ta sœur de 14 ans avec toi, y’a des cadavres dégueulasses partout, des bouts de corps partout, des trucs qui t’épient dans l’ombre… Et tu restes là ? On comprend plus tard qu’on ne les laissera probablement pas partir de toute façon, mais justement, ç’aurait eu plus de sens et d’impact qu’elles essaient de se barrer et découvrent à ce moment-là qu’elles sont piégées… M’enfin bref).

Le shérif arrive donc avec quelques hommes, et constatent le charnier. Ils se font par ailleurs eux aussi attaquer. Ils découvrent cependant un indice dans l’hôtel de la ville, et décident finalement de faire intervenir l’armée.

Globalement, l’intrigue ne m’a pas happée plus que ça, surtout à partir du moment où l’armée intervient, surtout à cause de quelques problèmes de crédibilité dues aux réactions des personnages.

 

Style

 

Contrairement à Stephen King, Koontz ne s’embarrasse pas de fioritures et jette le lecteur dans le bourbier dès le premier chapitre. Les scènes de tension sont très efficaces, et le vocabulaire précis fait que je n’ai pas douté que Jenny soit médecin.

En revanche, pas mal de longueurs, notamment quand les deux filles, puis les filles accompagnées des flics, puis le groupe accompagné de l’armée… explore la ville, trouve les cadavres toussa. Au bout d’un moment, bon, on a pigé. De la même façon, on nous répète je ne sais combien de fois qu’il y a quelqu’un qui écoute sur la ligne. Les dialogues ne sont pas très naturels, essentiellement à cause des personnages eux-mêmes.

 

Bilan

Le roman a été écrit en 1983, et je ne le lis pour la première fois qu’en 2019, autant dire que j’ai eu une nette impression de déjà lu, avec des parallèles évidents avec des œuvres de Stephen King ou l’univers de Lovecraft.

En lisant la chronique, on pourrait croire que je n’ai pas aimé le livre. Une intrigue un peu bateau, des personnages simplistes et stéréotypés, une narration pas toujours à la hauteur… et pourtant ! Pourtant j’ai lu le livre presque d’une traite, complètement happée par l’atmosphère qui se dégage du roman dans sa première partie. Et malgré tous ses défauts, ben j’ai bien aimé, et je suis bien décidée à lire les autres livres de l’auteur^^

 

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

 

4 réflexions sur “Spectres, Dean Koontz

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  3. J’ai le bouquin, j’ai commencé à le lire une fois, je me suis arrêté à la description des mains restées accrochées à un rouleau de pâtisserie.
    Je ne pensais pas que ce bouquin était gore, tu m’apprends un truc (la description que je cite pourrais être une exception, une technique d’écriture de Koontz pour inciter son lecteur à aller plus loin). Je ne cours pas après, mais le gore peut être assez élégant quand c’est bien écrit (cf. la 2ème nouvelle du Premier Livre de Sang de Clive Barker, par exemple) et du coup je me tâte pour relire ce titre de Koontz qui est un auteur que je ne connais d’ailleurs pas du tout. Je te dirai ce que j’en pense au moment venu 😛

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