La Dernière Geste T1 : Dans l’ombre de Paris, Morgan of Glencoe

derniere geste

Dans l’ombre de Paris est le premier chant de la Dernière Geste, un cycle de Fantasy uchronique de l’autrice française Morgan of Glencoe. Publié en 2019 aux éditions Actu SF (collection Naos), ce roman avait été auto-édité en 2016 (vous pouvez d’ailleurs lire mon ancienne chronique ici).

Depuis des siècles, les humains traitent les fées, dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux.
Lorsque la princesse Yuri reçoit une lettre de son père lui enjoignant de quitter le Japon pour le rejoindre, elle s’empresse d’obéir. Mais à son arrivée, elle découvre avec stupeur qu’elle a été promise à l’héritier du trône de France ! Dès lors, sa vie semble toute tracée… jusqu’à ce qu’une femme lui propose un choix : rester et devenir ce que la société attend d’elle ou partir avec cette seule promesse : « on vous trouvera, et on vous aidera. »
Et si ce « on » était la dernière personne que Yuri pouvait imaginer ?

Je n’ai pas trouvé tellement de différences avec la première version, qui était déjà très bien, mais je refais quand même une nouvelle chronique.

 

Univers

 

L’univers se déroule dans un univers semblable au nôtre… enfin presque. Il se trouve scindé en trois grandes puissances (nous n’en verrons que deux dans ce présent tome, ce qui le baigne d’ambiances celtiques et japonaises) : le Royaume de France, l’Empire du Japon et le Sultanat Ottoman. A noter quand même un challenger, Keltia, qui correspond grosso modo à la Grande Bretagne, la Bretagne et l’Irlande, sorte de « mouton noir » où il semble faire pourtant bon vivre.

Car pour ce qu’on en voit, le Royaume de France et l’Empire du Japon semblent particulièrement inégalitaires, où le sexisme, le racisme et l’homophobie ont de bons jours devant eux. Contrairement à Keltia, plus ou moins jugée comme une société dépravée par les autres. Il n’empêche qu’à Keltia, si vous êtes une femme vous pourrez exercer le métier que vous voulez sans devoir rendre compte à qui que ce soit, si vous êtes homosexuel ça ne posera problème à personne, et si vous êtes une fée, vous pourrez gambader joyeusement sans crainte de vous faire tuer à vue.

Ah oui, je l’ai pas dit ? Dans cet univers, vous trouverez aussi bien hologrammes, trains ou caméras de surveillance, que des selkies ou des feux follets. Sauf qu’en dehors de Keltia, les fées, terme générique pour qualifier les êtres non-humains, sont considérées comme des animaux particulièrement dangereux qui ne méritent aucun respect.

Mais bien évidemment, la réalité est pas mal différente. D’ailleurs, au-delà de Keltia, les fées peuvent vivre heureuses dans les égouts de Paris, ou sur le Rail, un train qui semble parcourir le monde.

Pour en finir avec l’univers, parlons deux secondes du système de magie, même s’il est surtout esquissé dans le premier tome. Les fées sont des êtres élémentaires, capables d’utiliser naturellement les flux élémentaires (les « Dragons ») qui caractérisent leur espèce. Sous certaines conditions, elles semblent toutefois capable de réveiller leurs autres Dragons afin d’utiliser des flux différents de leur élément de base. Mais j’imagine qu’on en saura plus dans les tomes suivants.

 

Personnages

 

La princesse Nekohaima Yuri est  déterminée, à l’esprit ouvert malgré son éducation, loyale… mais malheureusement bridée par sa condition, à la fois de noble, mais aussi de femme, d’autant que son père est plutôt autoritaire, et que sa mère est morte depuis de nombreuses années. J’ai beaucoup aimé ce personnage, même si sa décision à un moment clé me semble prise trop facilement, et son adaptation aux évènements trop facile. Elle est aussi pas mal passive dans ce tome, puisqu’il s’agira surtout pour elle de s’ouvrir à la différence.

Bran est une Selkie un poil renfrognée mais sympathique une fois qu’on gratte un peu, surtout que son passé est quand même très dur. A noter que j’utilise des accords féminins parce que Selkie est féminin, mais Bran est agenre. Bran reste assez mystérieuse puisqu’il n’y a pas de chapitres sous son point de vue, mais elle est vite attachante malgré son caractère, et est probablement l’un de mes personnages préférés du tome.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Notamment Sir Edward Longway, l’une des figures de proue des fourmis qui vivent dans les Égouts, ou bien le Capitaine Grand-Chêne, qui dirige le Rail, deux personnages qui vont largement contribuer à l’évolution de Yuri. Je suis aussi intriguée par les parents de Yuri… mais là-dessus, je ne vous en dirai pas plus :3

 

Intrigue

 

Pour des raisons politiques Yuri doit se rendre au Royaume de France, escortée par son garde du corps Ryuzaki et par l’assistante hybride de ce dernier, Levana. Sauf qu’elle comprends rapidement que si son père l’a envoyée là-bas, c’est surtout pour qu’elle épouse le prince Louis-Philippe, héritier de la France. Mais Yuri aspire a davantage de liberté qu’une vie de plante verte.

A la suite de certains évènements, Yuri va se retrouvée dans les Egouts, et découvre que les fées ont toute une société souterraine basée sur l’égalité, l’entraide et la bienveillance.

Ne vous attendez pas trop à ce que ça bouge dans ce premier tome, même si personnellement, je ne me suis pas ennuyée une seconde. Ce premier tome est surtout dédié à la découverte de cet univers, de ses personnages et de leur évolution. L’intrigue va aussi pas mal servir de prétexte pour explorer les questions de genre, de sexualités LGBTIAQ+, de la culture du viol, du féminisme etc… Pas toujours avec subtilité, malheureusement (je pense notamment au thème de la culture du viol, traitée avec des gros sabots). Mais ça reste très intéressant.

A noter quand même que ça s’active pas mal dans les 100 dernières pages, pour un final haletant.

 

Style

 

Comme je le disais, le rythme est plutôt lent, mais ce n’est pas plus mal vue la quantité de personnages et d’informations qu’il vous faudra appréhender. L’univers est riche, intéressant, et est loin de nous avoir livré toutes ses surprises. Le style est moderne, facile à lire sans être simpliste.

A noter toutefois la présence de phrases non traduites en anglais et en japonais. Le contexte permet de suivre, mais ça doit être frustrant de se dire qu’on passe à côté de certains dialogues.

Bilan

 

C’est avec un grand plaisir que je me suis replongée dans cet univers, d’autant que j’avais oublié certains détails. Ce n’est pas un roman d’action, mais il est tout sauf ennuyant, notamment grâce à son univers développé, ses personnages attachants et ses thématiques d’actualité (malheureusement d’actualité, ai-je envie de dire).

 

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

 

11 réflexions sur “La Dernière Geste T1 : Dans l’ombre de Paris, Morgan of Glencoe

  1. Ça a l’air très cool comme roman, je ne connaissais pas du tout. J’ai du mal avec les romans lents, mais je lis vite 😉
    J’aime beaucoup les livres où il y a des phrases non-traduites de langues que je ne comprends pas : ça ajoute du mystère, de l’ambiance…
    Est-ce que la suite est déjà parue ?

    Aimé par 1 personne

  2. Il n’y a en effet pas beaucoup d’action dans ce tome, car il est plus centré sur les personnages et l’univers 🙂 la suite n’est pas encore parue, mais il me semble qu’elle est deja écrite, donc on ne devrait pas avoir à patienter trop longtemps ^^

    Aimé par 1 personne

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  4. Merci pour la (re-)chronique !
    Je dois juste faire une petite correction : c’est aux éditions ActuSF, et non aux éditions Mnémos, qu’est paru cette réédition. Cependant, la collection NAOS est une collection des Indés de l’Imaginaire (Mnémos, ActuSF et les Moutons électriques) donc ce n’est pas forcément évident de savoir qui publie quoi dedans…

    Aimé par 1 personne

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