Le Prieuré de l’Oranger, Samantha Shannon

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Le Prieuré de l’Oranger est un roman de High Fantasy en  1 tome, écrit par l’autrice britannique Samantha Shannon. Sorti en VO en 2019, il est sorti en France quelques mois plus tard, en 2019, donc, aux éditions de Saxus.

Un monde divisé. Un reinaume sans héritière. Un ancien ennemi s’éveille. La maison Berethnet règne sur l’Inys depuis près de mille ans. La reine Sabran IX qui rechigne à se marier doit absolument donner naissance à une héritière pour protéger son reinaume de la destruction, mais des assassins se rapprochent d’elle… Ead Duryan est une marginale à la cour. Servante de la reine en apparence, elle appartient à une société secrète de mages.
Sa mission est de protéger Sabran à tout prix, même si l’usage d’une magie interdite s’impose pour cela. De l’autre côté de l’Abysse, Tané s’est entraînée toute sa vie pour devenir une dragonnière et chevaucher les plus impressionnantes créatures que le monde ait connues. Elle va cependant devoir faire un choix qui pourrait bouleverser son existence. Pendant que l’Est et l’Ouest continuent de se diviser un peu plus chaque jour, les sombres forces du chaos s’éveillent d’un long sommeil…
Bientôt, l’humanité devra s’unir si elle veut survivre à la plus grande des menaces.

Avant de commencer la chronique, mention spéciale à la couverture de Ivan Belikov qui est vraiment magnifique !

 

Univers

 

Bien que ses exploits remontent à près de mille ans, le Saint est toujours vénéré dans les royaume de la Vertu. Glorian Berethneth a en effet enfermé le Sans-Nom dans les Abysses, un dragon redoutable, qui a failli engloutir le monde avec l’aide de ses dragons, de ses vouivres, et d’autres créatures draconniques. Il a ensuite fondé avec sa compagne Cléolind, « la Damoiselle », la grande cité d’Ascalon, du nom de l’Epée qui a blessé le monstre, dans le reinaume d’Inys. Depuis mille ans, leurs filles règnent sur le reinaume (c’est un détail, mais j’adore !), et tant que la lignée des Berethneth vivra, le Sans-Nom demeurera endormi. En attendant, les créatures draconniques sont chassées et tuées comme les démons qu’elles sont.

Enfin, ça, c’est ce qu’on croît dans l’Ouest. Car à l’Est, on a une autre vision des dragons. Ou plus précisément, on sait qu’il en existe deux sortes : les cracheurs de feu, appelés wyrms, similaires à nos dragons occidentaux, et les dragons liés au vent et à l’eau, qui rappellent les dragons orientaux. Ces derniers sont vénérés comme des dieux.

Et puis il y a aussi le Sud, et le Prieuré de l’Oranger, gardé par de redoutables mages : les Damoiselles rouges, qui ont une toute autre vision des événements d’il y a mille ans.

Mais au delà des différences d’opinion sur ces personnages légendaires du Saint et de la Damoiselle, au-delà de la crainte de la magie…

Le Sans-Nom est sur le point de se réveiller…

Je n’en dirai pas vraiment plus sur l’univers, parce que beaucoup de choses ne sont pas révélées de suite.

Les dragons sont présents, mais pas trop, gardant ainsi un vrai côté créatures mythiques. Il y a aussi quelques autres bestioles, moins marquantes, mais qui contribuent à la dimension High Fantasy du roman.

La magie est présente, quoi que beaucoup moins que dans d’autres romans du genre, et assez classique dans les pouvoirs qu’elle offre.

Si nous résumons, vous trouverez dans ce roman : des dragons, des bestioles, une Epée magique, des objets magiques, un ancien ennemi sur le retour, une prophétie, des complots de cours, des secrets, une mythologie… En substance, pas mal de tropes très connus du genre.

Mais le roman est tout sauf un copié collé de ses prédécesseurs. Il offre quelques éléments rarement vus dans le genre (les femmes sont à l’honneur, et il y a des personnages racisés et des romances homosexuelles), une réflexion autour du patriarcat, de l’Histoire (est-ce que l’Histoire sur laquelle se base leur religion et leur société est vraie ?), de la rédemption… En bref, du classique, mais remis au goût du jour.

 

Personnages

L’histoire est racontée via quatre points de vue, mais il y a 3 personnages principaux (dont un non point de vue) :

Ead Duryan vit en Inys depuis 8 ans, servant comme dame de chambre pour la reine Sabran. Bien qu’elle soit une étrangère et donc pas toujours bien vue à cause de ça (la religion du Sud n’est pas la même que celle de l’Ouest), elle n’a en plus pas la langue de sa poche, ce qui ne semble pas déplaire à sa reine. Sauf que… si elle est bien originaire du Sud, elle est aussi l’une des servantes du Prieuré de l’Oranger, à la fois mage et tueuse d’élite. Car il ne faudrait pas que la mort de la reine libère le Sans-Nom.  Elle va devoir cependant composer avec les complots de la cours…

Tané est une orpheline venant de l’Est, extrêmement déterminée à accomplir le rêve de sa vie : servir dans la garde marine… et mieux encore, devenir dragonnière. Tané est moins attachante que Ead ou Sabran, car elle fait quelques mauvais choix dès le début du roman, et il faut un moment avant que son arc se mêle à l’arc principal. J’ai en revanche bien apprécié sa relation avec Nayimathun, sa dragonne. Contrairement à d’autres romans qui utilisent le trope du dragonnier, Nayimathun reste une créature quasi divine, pas un animal de compagnie. Je regrette un peu que la dragonne soit assez peu présente, mais bon.

Sabran IX est la reine d’actuelle d’Inys, une femme déterminée, intelligente, fidèle à sa foi et son pays… sauf qu’elle ne veut pas se marier et redoute l’accouchement. Elle est donc tiraillée entre son devoir, ses peurs et ses rêves, puisque la sauvegarde du monde dépendrait de sa lignée. L’un de mes personnages préférés du roman bien qu’on n’ait pac accès à son point de vue.

Niclays est un vieil alchimiste qui a été exclu de l’Inys car il n’a pas pu tenir la promesse faite à Sabran : lui offrir un elixir d’immortalité (qui lui aurait permis de ne pas se marier ni avoir d’enfant). Exilé sur Orisima, à l’Est, sa rencontre avec Tané va néanmoins le précipiter dans l’aventure.

Loth, très ancien ami de Sabran, a lui aussi été exilé (officieusement) : trop proche de la reine, on craint qu’il ne décourage les prétendants. Personnage secondaire mais très attachant, il sera prêt à revoir sa façon de voir le monde afin de rester avec les gens qu’il aime.

Les personnages secondaires sont également bien brossés et bien différents les uns les autres : attachants, surprenants, ambitieux… mais aussi de sombres connards. Si les femmes sont à l’honneur, car la grande majorité des personnages sont des femmes, les personnages masculins ne sont ni des faire-valoirs, ni des méchants.

 

Intrigue

 

Après mille ans de paix, les créatures draconniques se montrent de plus en plus aventureuses, jusqu’à ce que Feùdel en personne, l’aile droite du Sans-Nom, sorte de son sommeil. Sabran n’a donc plus le choix : elle doit saisir d’éconduire ses prétendants afin de mettre une fille au monde. Quant à Ead, elle va devoir la protéger de ses propres alliés : on essaie de l’assassiner dans son palais, et le pays de la Yscalin semble avoir plié le genou devant les dragons. A l’Est, Tané attend de passer les épreuves qui lui permettront de chevaucher un dragon. Elle va néanmoins rencontré un naufragé, et au lieu d’en avertir les autorités comme elle aurait dû, elle décide de le cacher. Ce qui pourrait avoir de terribles conséquences…

Je ne peux pas trop en dire sur l’intrigue, car celle-ci est vraiment distillée petit à petit. Elle n’est pas très originale, même si j’ai fortement apprécié le côté puzzle au fur et à mesure que les choses se mettent en place, et elle n’offre que peu de suspense. Entre les grosses ficelles et les « retournements » qu’on devine des pages à l’avance, vous serez peu surpris.

Pourtant, il m’a été difficile de lâcher le bouquin (l’a bien fallu pourtant, fait 900 pages quand même) tant j’avais envie de savoir la suite.

Un mot quand même sur les romances. Vous savez, si vous suivez le blog, que c’est pas mon truc. Et ici, il y a une romance principale (femme x femme), et quelques autres secondaires (homme x homme ou femme x homme). Non seulement elles sont bien écrites (elles sont crédibles, notamment parce que les personnages se connaissent depuis des années, et qu’on comprend ce qui les attire), mais en plus elles son trop mignonnes ^^ Certaines sont quand même triste, notamment parce que pour l’une d’elle, l’un des deux est décédé depuis plusieurs années avant l’histoire 😥 Les romances ne prennent jamais le pas sur l’intrigue principale, et certains personnages préfèrent rester tout seuls (des fois j’ai l’impression que l’auteur coche des cases tellement c’est forcé).

 

Style

 

Le style est moderne, sans trop de descriptions. L’action est relativement peu présente, mais elle fonctionne bien quand il y en a. Bien que le roman offre son lot de morts, la violence est peu marquée. Comme je l’ai déjà signalé, quelques grosses ficelles et facilités scénaristiques… mais pour moi, c’est passé.

 

Bilan

Le Prieuré de l’Oranger, ou comment faire un bien chouette bouquin avec des tropes connus. Si les éléments pris séparément n’ont en effet rien d’original, leur alliance, les personnages, la mythologie de l’univers… en font un roman prenant, à la fois épique et divertissant, offrant de surcroît des réflexions sur des thématiques très actuelles. L’une de mes meilleures lectures de 2019.

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ? 

16 réflexions sur “Le Prieuré de l’Oranger, Samantha Shannon

  1. J’avoue que quand j’ai lu le résumé, je me suis dit « mouais, je ne sais pas trop ». Mais ton avis me laisse croire qu’effectivement, ça peut être intéressant. Mais 900 pages, ça doit décourager pas mal de monde quand même. ^^

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  4. Merci pour le lien 😉
    Tu le sais, je n’ai pas été aussi emballée que toi, trop de promesses non tenues pour moi et certainement trop d’attentes de ma part. Mais je suis contente de voir que d’autres l’ont aimé ^-^

    Aimé par 1 personne

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