Sortilèges T1 : Le Pas du Maestro, Pierre Alexandre

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Le Pas du Maestro est le premier tome du cycle de Science-Fantasy « Sortilèges » de l’auteur français Pierre Alexandre. Il est paru en 2020 en auto-édition (maison d’édition Temps-futurs créée spécialement).

Site sur l’univers

Bearn Valvert s’ennuie dans sa modeste bourgade de Provence. Il ne veut pas devenir alchimiste comme son père, pas plus qu’il ne veut d’une petite vie bien rangée. Il rêve d’aller à la grande ville, y apprendre la musique et les arcanes. Il veut une vie d’artiste. Sa rencontre avec un maître hors du commun va lui permettre de réaliser son rêve. Quand ce dernier disparaît au cours d’un long voyage, Bearn part à sa recherche. Cette odyssée confirmera ses talents et son nom de scène, lui donnera des compagnons de route et fera de lui un héros de romans.

Dans un monde neuf et pourtant familier, de singuliers personnages nous font découvrir un avenir pas si lointain. La magie est devenue science, indiscernable de la technologie. Les arcanes ont permis à l’humanité de renaître après l’effondrement et les déluges. Mais cette résurrection survient sur une Terre profondément meurtrie, encore convalescente, guettée par des menaces que les populations survivantes croyaient à jamais révolues. Loin des sagas messianiques et des visions manichéennes, Pierre Alexandre nous invite dans un récit européen, ancré dans un futur historique improbable et inattendu.

De quoi ça parle ?

A cause de l’humanité, le monde s’est effondré, et les populations survivantes ont dû s’adapter, parfois grâce à des modifications relevant du transhumanisme. Par ailleurs, cela leur a permis de redécouvrir les arcanes, soit la magie, qui peut prendre des formes très diverses.

Bearn, qui a toujours rêvé d’aventures comme celles que l’on racontait autrefois, n’hésitera pas une seconde lorsque un Maître des arcanes, réalisant son potentiel lié à la musique, le prendra sous son aile.

Mon avis

Je tiens à remercier l’auteur de m’avoir sollicitée pour la lecture de ce roman 🙂 Bien qu’il ne fasse pas partie de ce que je lis habituellement, j’ai été suffisamment intriguée par sa présentation pour avoir envie de le découvrir.

Malheureusement, mon entrée dans ce premier tome s’est révélée un peu compliquée. Beaucoup de passages explicatifs assez long sur l’univers et le background des personnages, notamment, avec pas mal de détails « Historiques » qui m’ont souvent donné l’impression de lire un ouvrage documentaire plutôt qu’une histoire. L’univers ainsi dévoilé est effectivement très intéressant et complexe, mélange de magie, de mythologies et de sciences, mais en ce qui me concerne, il m’a manqué de ne pouvoir m’investir émotionnellement avec les personnages (la narration est très factuelle et il y a beaucoup de détails sur des personnages tertiaires qu’on voit finalement très peu et qui diluent l’action, malgré un début raconté à la première personne), et il m’a également manqué un enjeu pour m’inciter à tourner les pages : pendant le premier tiers, on suit en effet l’apprentissage de Bearn, d’abord avec son Maître, ensuite dans une académie.  Mais il n’a pas d’objectif à part apprendre, et pas réellement d’obstacles à part un professeur qui l’a vaguement pris en grippe (et pour lequel on aura l’historique de sa vie alors qu’on ne le verra finalement que quelques paragraphes). C’est un peu moins le cas par la suite, mais j’ai eu l’impression qu’on me racontait l’histoire, mais qu’on ne me la montrait pas, et que je donc je ne la vivais pas.

Il faut en effet attendre 200 pages pour qu’un enjeu ne se révèle : le Maître a disparu, et Bearn va partir à sa recherche. Cette partie m’a été beaucoup plus facile à lire, même si on retrouve le même type de narration (quoique cette partie soit racontée à la 3e personne, par un autre personnage). L’occasion de partir en voyage… et de changer d’atmosphère, puisqu’à partir de là l’auteur n’hésitera plus à sortir les personnages de leur confort (attention donc si vous êtes sensibles au sang et/ou à la violence. Ce n’est pas gore, mais il y en a un, ce qui peut surprendre vu le début plutôt léger).

Nous découvrons ensuite le passé d’un autre personnage, ce qui coupe une fois de plus la narration. J’avoue ne pas trop avoir compris pourquoi on passait autant de temps sur son passé, vu que le personnage fera un résumé un peu plus tard aux autres personnages (et comme c’est bref et sans émotion malgré l’horreur de ce qu’elle a subi, je trouve que ce passage en quelques lignes a finalement plus d’impact que le détail).

( Au passage, scène de viol incestueux sur gamine de 12 ans. J’en profite pour une petite remarque générale. Personnellement, je n’en peux plus de ce trope, car il est souvent utilisé et rarement pertinent à mon sens. Si l’on veut montrer qu’un personnage est fort/faible/brisé, pourquoi iel éprouve de la reconnaissance pour quelqu’un, ou pour montrer qu’un autre est une enflure… il y a sûrement d’autres moyens plus imaginatifs 😉 ).

Puis retour à l’aventure sur la dernière partie, aventure qui digresse un peu avec l’enjeu global, mais elle reste sympathique.

Même si la narration ne m’a pas convenu, je dois reconnaître en revanche que le roman est très bien écrit. Il y a de plus très peu de coquilles, à l’exception d’un point d’interrogation régulièrement mal placé dans les dialogues.

Bilan

Je sais que la chronique semble surtout négative, mais mon avis global est plus nuancé, d’autant que comme je l’ai dit en préambule, je savais n’être pas forcément dans le lectorat cible, en raison de ce que je lis habituellement. Même si je n’ai pas été complètement convaincue, notamment par la narration que j’ai trouvée trop factuelle et descriptive à mon goût, l’univers créé est réellement intéressant et complexe. Quant à l’intrigue, elle ne fait que commencer, donc difficile de voir où elle va nous mener.

A noter que l’auteur propose pour le moment son premier tome gratuitement sur son site, donc s’il vous intrigue, pourquoi ne pas vous faire votre propre avis ? 🙂

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ? 

Une réflexion sur “Sortilèges T1 : Le Pas du Maestro, Pierre Alexandre

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