Apprendre, si par bonheur, Becky Chambers

Couverture par Nicolas Sarter

Apprendre, si par bonheur, est une novella de space-opera de l’autrice américaine Becky Chambers, s’inscrivant dans la « Science-Fiction positive ». Sortie en 2019 en Vo, elle est parue en français en 2020 aux éditions de l’Atalante.

« Nous n’avons rien trouvé que vous pourrez vendre. Nous n’avons rien trouvé d’utile. Nous n’avons trouvé aucune planète qu’on puisse coloniser facilement ou sans dilemme moral, si c’est un but important. Nous n’avons rien satisfait que la curiosité, rien gagné que du savoir. »

Un groupe de quatre astronautes partis explorer des planètes susceptibles d’abriter la vie : hommes et femmes, trans, asexuels, fragiles, déterminés, ouverts et humains, ils représentent la Terre dans sa complexité.

De quoi ça parle ?

Quatre astronautes explorent des planètes sans autre but que la curiosité et la connaissance. Nous ferons escale sur quatre d’entre elles, parfois merveilleuses, parfois plus inquiétantes. Bien que ce soit la mission d’une vie, ils ne sont pas complètement coupés de la Terre, puisqu’ils reçoivent régulièrement des bulletins d’informations de sa provenance.

Mon avis

Le premier adjectif qui me vient à l’esprit après avoir fini cette novella, c’est « douceur ».

Douceur pour les découvertes de ces astronautes. Lors de leur escale sur la première planète du livre, j’avais juste envie de faire mes bagages et de les rejoindre, d’autant que j’ai longtemps voulu être zoologue (entre autres) quand j’étais petite. Tout ne sera pas rose non plus, puisque sans être vraiment hostile, l’un des environnements leur causera bien des tracas, avec une tension plutôt efficace mais sans jamais aller dans l’épouvante. Autre source de tension, les nouvelles de la Terre, qui ne sont pas toujours agréables à entendre pour les personnages.

Douceur pour les personnages. Ce sont des scientifiques (de vrais scientifiques, je veux dire, pas de ceux qui enlèvent leur casque une fois arrivés sur la planète, hein. Toute ressemblance avec un film connu ne serait pas complètement fortuite :3), chacun avec sa spécialité et ses intérêts. L’équipe est très soudée, on croit parfaitement au fait qu’ils ont l’habitude de travailler ensemble, et il n’y a aucune notion de domination ou de jalousie entre eux. Ils sont par ailleurs représentatifs de la diversité humaine, diversité normalisée et de ce fait très bien intégrée dans le texte, là encore sans aucune discrimination. Leur enthousiasme à chacune de leurs découvertes est d’ailleurs particulièrement communicatif.

L’histoire est racontée à la première personne du singulier, via le rapport effectué par le personnage d’Adriadne, qui s’occupe de toute la gestion technique. Le coté scientifique de l’expédition est ainsi mis en avant, mais reste accessible même sans formation particulière. J’ai trouvé par ailleurs cette expédition réaliste, et j’ai beaucoup apprécié qu’elle n’ait pas de but colonisateur. Les astronautes cherchent à découvrir, à améliorer les connaissances humaines, tout en s’efforçant d’avoir le moins d’impact sur les environnements qu’ils étudient. Les quatre planètes sont par ailleurs suffisamment différentes les unes les autres pour qu’il n’y ait pas de sentiment de répétition.

Bilan

La Science-Fiction est le genre de l’imaginaire qui m’attire le moins, pourtant cette novella a été un véritable coup de cœur. C’est beau, c’est doux, le côté scientifique est à la fois accessible et intéressant, et même si tout n’est pas rose, il se dégage de ce court texte une vraie bouffée d’optimisme et d’émerveillement.

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

13 réflexions sur “Apprendre, si par bonheur, Becky Chambers

    • Je ne suis pas fan de la SF pour la même raison que toi, mais même s’il y a une révélation triste à la fin, globalement la novella est douce et pleine d’espoir. En plus il n’y a pas d’antagonistes, c’est rafraichissant 🙂

      Aimé par 1 personne

  1. Comment ça des scientifiques enlèvent leur casque en débarquant sur une nouvelle planète dans certains films ? Je ne vois pas du tout *tousse* Prometheus *tousse* Covenant *tousse* Pitié pas de suite *tousse* de quoi tu parles… 😛

    Sinon, de ce que tu en dis, le livre me tente bien. J’en ai un peu marre des ouvrages à ambiance dark qui se complaisent dans le défaitisme, l’autoflagellation et l’inertie. A mon sens, une littérature positive cherche davantage la maturité, dans le sens où elle se concentre sur l’évolution plutôt que la révolution, elle préfère la bienveillance et au mépris, elle encourage au lieu d’entretenir le mal-être. C’est bien de dénoncer la société, d’accuser l’humanité de tous ses maux, mais à un moment, il faut aussi avancer, espérer, croire que nous pouvons faire mieux. Il faut apprendre aux gens à retrouver cet état d’esprit positif, et la lecture est en première ligne pour cela (surtout en ce moment). 🙂

    Aimé par 2 personnes

    • (Je vois pas du tout de quoi je parle non plus *sifflote*)

      C’est vraiment une excellente surprise, et effectivement, je pense qu’on a besoin de plus de livres comme ça. Et ce livre montre qu’on n’a pas besoin de choquer pour faire passer un message 🙂

      Aimé par 1 personne

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