Harrison Harrison, Daryl Gregory

Couverture et illustrations intérieures par Nicolas FRUCTUS

Harrison Harrison est la préquelle de « Nous allons tout très bien, merci », mais peut se lire de façon indépendante et est plutôt destiné à un public adolescent. Ecrit par l’auteur américain Daryl Gregory, il est paru initialement en 2015, puis en VO en 2020 aux éditions Le Bélial.

Harrison a un problème avec l’océan. Qui a sans doute à voir avec le fait que lorsqu’il était tout gamin, « quelque chose s’y est passé »… Un quelque chose proprement horrible dont il n’a aucun souvenir conscient, mais qui a coûté la vie à son père, lui vaut une prothèse carbonée en guise de jambe droite, et des douleurs fantômes pour occuper ses nuits. Or, la thalassophobie, quand votre mère est océanographe, c’est assez compliqué. Surtout quand cette dernière se pique de mener une mission improbable au large de Dunnsmouth, petite bourgade portuaire typique de Nouvelle-Angleterre, avec ses pignons, son vieux phare, son architecture georgienne typique, son collège au style gothique suranné et ses habitants aux allures de poissons morts. À moins que ce ne soit l’imagination d’Harrison qui en rajoute un brin… Il faut dire que le poisson, Harrison, il n’aime pas beaucoup ça. Or voilà que sa mère disparaît à son tour, victime d’un accident alors qu’elle disposait des balises en haute mer…

Mon avis

J’apprécie beaucoup l’univers des Grands Anciens, mais avec le temps, trop de tentacules tue les tentacules. Si bien que malgré ses bonnes critiques, j’étais assez froide à l’idée de m’y plonger (plonger… océan… vous l’avez ? Oui, bon T_T).

Et comme il me fallait un autre roman jeunesse/Ya pour finir ma série du mois de décembre, me suis dit, pourquoi ne pas essayer celui-ci, après tout ?

Commençons donc par les mauvais points…

Non, en vrai, j’ai pas trouvé de mauvais point, j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman. A commencer par le narrateur, Harrison, un adolescent affublé d’un grand sens de l’autodérision et d’une prothèse à la jambe suite à la perte de celle-ci dans l’estomac d’une bestiole sous-marine non identifiée à l’âge de trois ans. Son handicap m’a paru écrit de façon tout à fait crédible, et c’est une particularité qui, sans être oubliée, n’est jamais traitée de façon ostentatoire ou pathétique. ça fait partie du personnage, ça se rappelle à lui dans certaines circonstances, mais ce n’est jamais utilisé pour attiser la pitié du lecteur ou des autres personnages, et il vit parfaitement bien avec même si ça le gêne de temps en temps. Ensuite, beaucoup d’humour dans le roman, avec ses commentaires parfois incisifs sur les évènements ou son environnement. Il a aussi une propension à la colère, et si ça m’avait soulée dans Harry Potter, ici le personnage le sait et s’efforce de ne pas se laisser déborder. Ce qui le rend sympathique n’est pas qu’il n’ait pas de défauts, mais qu’il en soit conscient et qu’il essaie de s’améliorer.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste, notamment avec Lud, une sorte d’homme-poisson fan de culture populaire, et qui ne loupe pas une occasion pour balancer une punch-line ou une référence à la pop-culture (voire un commentaire relatif au racisme). J’aime aussi tout particulièrement la tante d’Harrison, une femme qui paraît en début tout à fait superficielle et intéresse, et qui se révèle en fait intelligente, attentionnée et elle aussi dotée de pas mal d’humour.

L’intrigue est très sympa, avec pas mal de mystères, de retournements, et son lot de personnages et de situations creepy, avec une secte en fond. L’ambiance est lovecraftienne juste ce qu’il faut, malaisante sans être effrayante, avec pas mal de références sympa à l’univers des Grands Anciens (par exemple avec le nom de la ville où se situe l’histoire). D’ailleurs, les illustrations intérieures de Nicolas Fructus participent beaucoup à cette ambiance. Et finalement, elle est là surtout en toile de fond, le roman s’avère davantage qu’un Lovecraft-like.

Bilan

Une très bonne surprise que ce roman, avec des personnages attachants, de l’humour, du mystère, de l’action, une légère ambiance creepy… La dimension lovecraftienne est bien présente, mais le roman a su se forger sa propre identité. Même s’il est destiné à un public jeune (contrairement à Nous allons tous très bien, qui est plus sombre), il est appréciable à tout âge ^^

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

6 réflexions sur “Harrison Harrison, Daryl Gregory

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