Sweet home, série Netflix (2020-?)

Sweet home est une série du réalisateur coréen Lee Eung-bok disponible sur la plateforme Netflix depuis 2020, se composant actuellement d’une saison de 10 épisodes. Elle s’inspire du manwha Sweet home, des auteurs Carnby Kim et Youngchan Hwang, disponible gratuitement sur la plateforme Webtoon. Le manwha est terminé et comporte 140 chapitres, au 29/12/2020 73 chapitres sont traduits en français.).

Edit du 15/06/2022 : Saisons 2 et 3 annoncées

Alors que de féroces monstres sèment la terreur et menacent l’humanité, un ado en proie à des démons intérieurs devient la meilleure chance de survie de ses voisins.

Avant d’entrer dans le détail, est-ce que j’ai aimé ? Si je vous dit que j’ai regardé intégralement la série deux fois en quatre jours, et que deux épisodes m’ont fait pleuré. Deux fois.

Oui, je crois qu’on peut dire que j’ai aimé :3

Intrigue et thématiques

Le principe de base ressemble à n’importe quel schéma de film/série survival apocalyptique. On a un certain nombre de personnes bloquées dans un endroit, soumises à différents dangers : des monstres dehors et dedans, des humains dangereux, le manque de ressources, des tensions dans le groupe. Mais dans une histoire, le plus intéressant réside rarement dans son originalité.

Cha Hyun-Soo est un adolescent qui débarque seul à Green Home, un immeuble pas très accueillant, suite au décès de ses parents et de sa soeur dans un accident de voiture. Dépressif, il planifie la date de son suicide et passe le temps sur des jeux en ligne en attendant la date fatidique. L’immeuble est mal insonorisé, pas très propre, les voisins sont soit bizarres, soit pas très sympathiques, voire inquiétants/glauques pour certains. Bref, on est loin du Sweet Home. Et ça empire quand des habitants commencent à se transformer en monstres, et que les survivants se rendent compte que les monstres sont encore plus nombreux à l’extérieur. Quant à Hyun-Soo, il ressent très vite les premiers symptômes de la métamorphose. Lui qui n’aspirait qu’à la mort va donc devoir survivre à la fois aux monstres à l’extérieur, mais aussi à son monstre intérieur et à la méfiance des autres survivants.

A travers cette histoire simple, Sweet Home explore plusieurs thématiques intéressantes, à commencer sur la gestion des traumatismes. Car des traumatismes, il y a en a plein, et la plupart des personnages sont concernés. Perte tragique d’un enfant, de ses parents, d’un petit-ami, de sa famille, harcèlement scolaire, suicides et envie suicidaires, automutilation, vengeance, alcoolisme, rêves brisés… Globalement, les personnages n’ont pas eu un passé facile, et paradoxalement, ce qu’ils vont vivre vont les contraindre à avancer, notamment avec l’aide des autres.

D’ailleurs, beaucoup de personnages, au début solitaires, vont trouver dans cette épreuve une nouvelle famille, de nouvelles raisons de vivre. Et c’est là que le titre prend ton son sens, tandis que l’immeuble délabré du début avec ses habitants bizarres devient curieusement réconfortant et accueillant.

Sweet home explore aussi les désirs humains, puisqu’on comprend assez vite dans l’histoire que les métamorphoses sont liées à nos désirs. Un bodybuilder rêve de devenir plus musclé ? Eh bien il va devenir une montagne de muscles qui va n’aspirer qu’à bouffer de plus en plus de protéines, un (probable) voyeur deviendra un œil géant, etc… Du coup, tous les monstres ne sont pas malveillants envers les humains, puisque tous n’ont pas nourri un désir égoïste, superficiel, ou « méchant ». Il est aussi possible de ne pas accepter une réalisation illusoire de ses désirs, même si c’est difficile, pour essayer de les atteindre dans la réalité. Mais du coup, n’importe qui est susceptible de se transformer en monstre, d’autant que le simple désir de survie peut suffire à déclencher la métamorphose. Et une fois que c’est commencé, qu’adviendra-t-il ? Le personnage deviendra-t-il un monstre dangereux, pathétique, ou une aide précieuse ?

Et nous, d’ailleurs… En quoi nous transformerions-nous ?

Sur ses 8 premiers épisodes, la série est assez proche du weebtoon, mais change de direction dans la suite (au moment d’écrire cette chronique j’ai lu les 80 premiers chapitres, et les 2 derniers). Les thématiques sont assez similaires, mais je les ai trouvées plus intéressantes dans la série, car la majorité des personnages sont radicalement différents. Mais on y revient.

Protéines ?

Personnages

Comme je l’ai dit dans la première partie, au début de la série les personnages, brisés ou inquiétants, ne sont guère attachants pour la plupart. Mais notre vision sur eux change au fur et à mesure qu’on apprend à les connaître, si bien que j’ai pleuré comme une madeleine à la mort de certains d’entre eux. Parce que oui, on est dans un survival, certains d’entre eux meurent. Par contre, leur mort ne m’a fait ni chaud ni froid dans le webtoon, dans l’ensemble j’ai trouvé les personnages plus « fades » car moins torturés. Mais c’est à prendre avec des pincettes vu que je n’ai pas tout lu.

Cha Hyun-Soo : le protagoniste, dépressif et suicidaire, après avoir subi harcèlement et la perte de sa famille. Quand sa famille était encore là, il était considéré comme un hikikomori, et donc méprisé et source de honte, puisqu’il passait son temps enfermé dans sa chambre à jouer à des jeux en lignes, déscolarisé, sans amis, sans contacts même avec l’extérieur. Quant il arrive à Green Home, il n’a aucune envie de vivre ou de repartir de zéro, et se contente d’attendre la date de son suicide programmé. Mais finalement, il va se découvrir un courage qu’il ne soupçonnait pas, lié à son désir d’aider les autres et de ne plus être seul. Il commence à se transformer en monstre, mais est capable de se contrôler. A peu près. Ce qui ne va pas l’aider à se faire des amis parmi les survivants. (Dans le webtoon, le personnage est assez similaire, mais moins introverti et passif, alors que dans la série il essaie de ne pas se faire remarquer et de faire profil bas).

Pyeon Sang-Wook : L’un des personnages principaux, et l’un des personnages qui diffère le plus de son homologue du webtoon. Dans la série, il est considéré comme effrayant, dangereux, un gangster dont il ne vaut mieux pas s’approcher (et le premier épisode semble donner raison aux voisins, puisqu’il a quand même séquestré quelqu’un). Mais au fur et à mesure de la série, on apprend son passé, on comprend ses motivations et ses traumas, et il est devenu l’un de mes personnages préférés, voire mon personnage préféré. Il a des similitudes avec Hyun Soo, pour le côté paria et traumatismes, mais ils ont tout deux une façon différente voire opposée de gérer tout ça. (Dans le webtoon, les voisins le considèrent aussi comme un gangster, mais plus de façon humoristique, et il est parfaitement intégré dans le groupe. Il se méfie pas mal de Hyun Soo, alors que dans la série il s’en fout un peu, il a d’autres chats à fouetter).

Seo I-kyeong : Un autre des personnages principaux, qui n’existe pas dans le webtoon, donc la comparaison va aller vite. C’est une femme pompier (mais pas que), dont le fiancé décédé quelques jours plus tôt dans des circonstances étranges pourrait bien avoir eu quelques informations sur la catastrophe. Elle est elle aussi plus ou moins à l’écart du groupe, mais plus par choix personnel, et est une des forces de frappe les plus importantes du groupe avec Hyun-Soo et Sang-Wook. Elle se préoccupe de la survie du groupe et des individus mais sans trop s’impliquer émotionnellement.

 Lee Eun-Hyeok : Le dernier des personnages principaux, et le leader de l’équipe. Il paraît froid et détaché de ses émotions, mais il est surtout doué d’un sang-froid et d’un pragmatisme à toute épreuve, gardant ses états d’âme pour lui afin de garder en vie le plus de personnes possibles. Il s’occupe de la logistique, de répartir les missions, d’établir les règles. Il a une relation conflictuelle avec sa jeune soeur, Eun-Yoo, qu’il « élève » suite à la mort de leurs parents. Il a abandonné ses rêves de devenir médecin afin qu’elle-même puisse poursuivre le sien de devenir danseuse professionnelle, mais elle-même a dû y renoncé suite à une blessure lors de l’accident.

Du côté des personnages secondaires, je ne vais pas tous les citer, mais j’ai un faible particulier pour Han Doo-Sik, un ancien militaire en fauteuil roulant qui peut fabriquer des armes avec n’importe quoi, et l’un des personnages les plus adorables de la série ; ainsi que Ahn Gil-Seop, un vieil homme en phase terminale qui a une joie de vivre et une pêche impressionnantes (et très têtu quand il s’y met, je plains Yu-Ri son aide soignante qui l’a supporté pendant des années XD). (Bon en vrai il y a beaucoup trop de personnages adorables dans cette série, mais je vais quand même pas parler de tout le monde T_T)

Par contre, les habitants lambda de Green Home ont quand même beaucoup de bol qu’il y ait autant de personnages bon au combat ou en soins dans le groupe, hein^^

Hyeon-Soo et son magnifique couteau à beurre

Visuel et bande sonore

L’ambiance est très chouette, l’immeuble est assez creepy et presque un personnage à part entière, les acteurices sont bons, même si certains personnages tertiaires font le job sans plus. Les effets spéciaux sont pas si mal. J’avais eu peur avec le mini-trailer de Netflix où on voit l’oeil, mais en fait une fois dans la série ça passe vraiment bien, et certains monstres arrivent même à être assez inquiétants, notamment le titan cuirass… euh, le monstre protéine. Certaines scènes sont vraiment belles visuellement, notamment la scène d’ouverture du premier épisode. Il y a aussi beaucoup de scènes qui suivent parfaitement le webtoon.

La bande originale est très chouette aussi, j’aime particulièrement le thème des scènes de tension, et la chanson Warriors d’Imagine Dragon colle parfaitement aux scènes où les personnages doivent faire preuve de courage.

Par contre attention, la série est assez violente et gore. Par contre, je n’ai pas trouvé qu’elle faisait peur, même si forcément quand un personnage qu’on apprécie se retrouve en mauvaise posture on a « peur » qu’il y passe. D’ailleurs, dans les scènes émotives il n’y a pas que les morts de nos personnages préférés, certaines scènes moins dramatiques sont vraiment émouvantes.

J’ai regardé plusieurs AMV, celui-ci ne spoil pas de scènes trop importantes, ou du moins sans le contexte, ça va ^^

Bilan

Vous l’aurez compris, si vous aimez ce genre d’histoire, je vous encourage à regarder cette série. C’est bien réalisé, le concept est pris au sérieux, les personnages sont attachants, il y a de l’émotion, de l’action, du suspense, de vraies thématiques autre que la survie… J’espère vraiment que la saison 1 aura assez de succès pour entraîner une saison 2, surtout vu les dernières secondes de la saison 1 et ce que ça implique pour la suite T_T (Si vous l’avez vu et que vous voulez en parler en commentaires, merci d’indiquer « spoilers » 😉 ).

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12 réflexions sur “Sweet home, série Netflix (2020-?)

  1. J’ai adoré cette série, j’ai hâte de voir la suite. Comme toi, j’ai adoré les personnages mention spéciale à Pyeon Sang-Wook, Cha Hyun-Soo et Han Doo-Sik…
    L’accent est mis sur l’émotionnel et la psychologie, c’est vraiment bien fait…

    Aimé par 1 personne

      • ah ah moi aussi, je te conseille it’s ok not to be ok, un mélange de drama coréen avec une touche burtonnienne, le mélange est réussie je trouve…
        Le film #alive et le dernier train vers Busan sont vraiment pas mal aussi si tu n’as rien contre les zombies 😉

        Aimé par 1 personne

        • It’s ok not to be ok m’a été conseillé par mon neveu, donc il est dans ma liste à regarder ^^ j’avais beaucoup aimé train pour busan, donc j’ajoute Alive, merci 😀

          Sinon jai adoré healer, je l’ai trouvé très bien équilibré entre mystère, action, humour et romance. J’ai bien aimé voices, aussi, et par contre suspicious partners m’a moins emballée, je l’ai trouvé trop long et répétitif

          Aimé par 1 personne

  2. Pingback: Série It’s ok not to be ok » – La Bougie de Vinâyaka

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  5. Mince j’étais passé à côté de ton article ! J’ai chroniqué la bête début d’année et j’avais pris beaucoup de plaisir également à la regarder. Pas forcément simple dans les premières minutes et un creux assez important en milieu de série mais le tout est très qualitatif. Gros kiffe sur la scène du combat de l’ascenseur (entre le médecin et le monstre) et deux ou trois personnages particulièrement bien écrits. Je n’ai pas vu si une saison 2 avait été signée mais vu la fin, ils n’ont pas le droit de nous laisser dans l’ignorance comme cela 😀 Bel article en tout cas !

    Aimé par 1 personne

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