Légion : Les nombreuses vies de Stephen Leeds (intégrale), Brandon Sanderson

Légion, Les nombreuses vies de Stephen Leeds

Auteur : Brandon Sanderson, Américain

3 novellas SF (2012 ; 2016 ; 2018)

Traduction française par Mélanie Fazi

Sorties VF 2014 ; 2016 ; 2020, Edition Le Livre de poche

Version intégrale en 2020 (la 3e novella n’a pas été publiée en dehors de cette intégrale)

Illustration : Jon FOSTER

« Je m’appelle Stephen Leeds et je suis parfaitement sain d’esprit. Mes hallucinations, en revanche, sont complétement cinglées. »

Stephen Leeds, surnommé Légion, est un être multiple : très intelligent, il peut apprendre n’importe quoi en très peu de temps, mais extériorise tous ses savoirs sous forme d’hallucinations, qui sont autant d’aspects de lui-même. Il vit reclus dans une grande maison, entouré de ces nombreuses entités hallucinatoires, toutes dotées de compétences hautement spécialisées. Il est riche, car il loue ses services à qui peut se les payer.

Légion

J’avais déjà donné mon avis sur cette première novella de la série, et je ne l’ai pas relue, donc je vous renvoie directement vers mon ancienne chronique.

A fleur de peau

Nouvelle novella, nouvelle mission pour Stephen et ses alters : et si l’on pouvait stocker des données dans nos propres cellules, transformées alors en « clé usb ? » Et si un corps décédé ainsi modifié venait à être volé ?

En terme de SF, je trouve le principe très intéressant, mais j’ai eu une sensation d’inabouti à la fin de cette nouvelle, car une fois la mission de Stephen accomplie, cette technologie ne servira plus dans la série, on n’en fera rien d’autre que cette enquête policière. Dommage.

Par contre, par rapport à Stephen et ses alters, on comprend mieux leur fonctionnement et on découvre aussi de nouveaux alters. A vrai dire, l’enquête policière, finalement assez banale, sert plus de prétexte à les mettre en situation. De façon générale, la novella est plus aboutie que la première.

Les illusions dangereuses

Comment savoir qu’on a aimé un livre ? Quand on est triste de quitter ses personnages, quand on est triste que la boucle soit bouclée. Car c’est tout l’intérêt de cette dernière novella : fermer la boucle.

Dans les 2 autres histoires était mentionnée une femme mystérieuse très importante pour Stephen, puisque c’est elle qui lui a appris à vivre avec ses alters et à comprendre le fonctionnement de tout ça. Et depuis qu’elle est partie sans un mot, il la cherche.

Aussi, dans cette dernière novella, est-il logique qu’il la retrouve. Le problème, c’est que cet accomplissement de sa mission personnelle, de ce fil rouge, va aussi conduire à des terribles conséquences. Sans trop spoiler, c’est un déchirement, à la fois pour Stephen et les lecteurices.

Quand au final, c’est beau, c’est triste, et c’est une parfaite conclusion à ces histoires.

Avis général

Avant de donner mon avis global, une petite explication s’impose. C’est rappelé à plusieurs reprises dans les novellas, mais le personnage principal n’est ni schizophrène, ni n’a un trouble dissociatif de l’identité (TDI). Il s’agit d’une particularité fictive, qui semble être un mixte des deux. Tout comme pour le TDI, Stephen a un certain nombres d’alters. Sauf que contrairement au TDI, pour lequel les alters vivent dans un « inner world », les alters de Stephen se manifestent à l’extérieur de cet inner world sous forme d’hallucinations.

Ce qui est assez complexe à gérer pour lui, puisqu’il doit par exemple posséder une maison suffisamment grande pour que chaque alter puisse avoir une chambre, ou bien commander au restaurant assez de plats pour tous les alters présents. Présents, car c’est difficile pour lui d’en matérialiser plus de quelques uns en même temps en dehors de l’inner world.

Autre point important à rappeler : je ne suis concernée ni par le TDI, ni par la schizophrénie, donc mon avis n’est pas un avis concerné.

Quoi qu’il en soit, je trouve que c’est un soulagement de voir un tel trouble décrit ni par l’angle du tueur sans émotion, ni par l’angle du génie incompris (même si pour le cas du TDI et de la schizophrénie, les représentations sont généralement tout sauf élogieuses… combien de tueurs avec personnalités multiples et/ou qui entendent des voix ? Ces représentations ne correspondent pas à la réalité et font du mal aux concernés). Stephen et ses alters sont présentés sous un angle positif, puisqu’ils résolvent ensemble des enquêtes avec succès, mais en même temps, on comprend que ce n’est pas simple à gérer pour Stephen (quand on lui présente la possibilité d’être de nouveau seul, il se retrouve à hésiter alors même qu’il apprécie réellement ses alters).

Les enquêtes en elles-mêmes flirtent avec le fantastique, tellement elles sont irréelles (genre l’appareil photo qui photographie le passé), mais l’intérêt n’est pas là, il est dans les personnages et leurs interactions.

Par ailleurs, la lecture de cette intégrale survient après ma lecture de plusieurs tomes de Roshar, et il apparait que Brandon Sanderson est très intéressé par les neuro et psycho atypies : dans Roshar, on a des personnages dépressifs, TDI, autistes etc… Et globalement, je trouve les représentations beaucoup plus crédibles et nuancées que ce qu’on peut avoir d’habitude dans la fiction, (ou les documentaires, même…), et j’ai l’impression qu’il s’est bien renseigné sur ces sujets.

Bref, pas le cycle le plus marquant de Sanderson, mais il reste très sympa à lire.

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

3 réflexions sur “Légion : Les nombreuses vies de Stephen Leeds (intégrale), Brandon Sanderson

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