La Roue du Temps T1 : L’Oeil du Monde, Robert Jordan

La Roue du Temps

Tome 1 : L’Oeil Du Monde

Auteur : Robert Jordan, Américain

High Fantasy, Tome 1/14 + 1 préquelle

Publication originale : 1990

1ère publication française : 1995, Editions Rivages, Traduction par Arlette Rosenblum

Aussi Edité chez : Pocket, France Loisirs, Bragelonne, Noyelles (en 1 ou 2 tomes selon les éditions)

A partir de 2012, reprise chez Bragelonne avec une traduction de Jean Claude Mallé

Illustration de la présente édition (Poche, Noyelles) : Didier Graffet

Note : cette série de chroniques se base sur la nouvelle traduction, même si je possède également l’ancienne.

C’est la Nuit de l’Hiver dans la contrée de Deux-Rivières et, en ce soir de fête, l’excitation des villageois est à son comble. Arrivent alors trois étrangers comme le jeune Rand et ses amis d’enfance Mat et Perrin n’en avaient jamais vu : une dame noble et fascinante nommée Moiraine, son robuste compagnon et un trouvère.
De quoi leur faire oublier ce cavalier sombre et sinistre aperçu dans les bois, dont la cape ne bougeait pas même en plein vent…
Mais, quand une horde de monstres sanguinaires déferle et met le village à feu et à sang, la mystérieuse Moiraine devine qu’ils recherchaient quelqu’un. Pour les trois amis l’heure est venue de partir. Car la Roue du Temps interdit aux jeunes gens de flâner trop longtemps sur les routes du destin…

Avant-propos

Avant d’attaquer sur mon avis, petite remarque sur la présente édition : il y a des dorures sur la couverture, sauf que la dorure s’est en grande partie effacée dès la première lecture… Un peu dommage.

Par ailleurs, j’en ai déjà parlé ( et ici), mais La Roue du Temps est l’un de mes cycles préférés. En grande partie par nostalgie, sans doute, puisque c’est l’un des deux cycles qui m’ont fait tomber amoureuse de la fantasy, et aussi parce que c’est le cycle qui m’a fait découvrir à quel point j’aime le worldbuilding (c’est d’ailleurs ce qui m’éclate le plus dans l’écriture). Je ne l’ai pourtant pas lu en entier, je me suis arrêtée au tome 11 ( tome 22 du découpage de l’époque). Pourquoi ? Parce que la publication s’était arrêtée suite au décès de l’auteur. Le cycle a ensuite été achevé par Brandon Sanderson, mais les derniers tomes n’ont encore pas été traduits en français (et j’ai jamais pris le temps de reprendre le cycle en anglais depuis le début). Bragelonne a repris la publication en 2012, depuis le début, avec une nouvelle traduction (et je suis désolée, mais je vais râler). Comme la publication a l’air bien partie pour aller jusqu’au bout, et que la publication en poche a commencé, je me suis dit que j’allais pouvoir reprendre tranquillement le cycle depuis le début.

Mon avis

On ne va pas se mentir, ce premier tome n’offre que peu d’intérêt en soi, surtout trente ans après sa sortie. Pour le moment, l’intrigue est minimaliste, puisqu’elle consiste juste en de jeunes hommes et femmes contraints de fuir une menace plus ou moins tangible et absolue, pour essayer de gagner un endroit sûr. Ca se complique évidemment dans les tomes suivants, mais pour le moment les personnages ne savent pas grand chose, et par conséquent le lecteur non plus.

Les personnages d’ailleurs… Je ne me rappelais plus que les protagonistes étaient aussi chiants et interchangeables au début du cycle. Les (jeunes) protagonistes masculins n’ont pas grand chose dans la tête, ils ne sont pas très dégourdis, et considèrent que la gent féminine est incompréhensible. De leur côté, les (jeunes) protagonistes féminins sont plus dégourdies, mais semblent perpétuellement en colère ou agacées (principalement par les hommes). Du côté des personnages secondaires, adultes, c’est plus intéressant, mais comme ce n’est pas eux qu’on suit le plus pour le moment… A noter des allusions à une romance plus ou moins improbable entre deux persos… improbable parce qu’ils n’ont pas eu réellement d’interactions, donc on ne comprend pas trop d’où ça sort. Je me rappelais de cette romance, mais je pensais qu’elle commençait plus tard dans le cycle.

Par contre, pour l’époque, les personnages féminins ont quand même une grande place, que ce soit en terme d’importance et de présence. Et Moiraine Sedai est à la fois classe, mystérieuse, puissante et bienfaisante (oui, c’est un de mes persos préférés).

Côté univers, on a juste les soupçons de quelque chose de plus grand. Les Ajah, les (Faux) Dragons, les Aiels… tout ça est pour le moment juste mentionné, et peu expliqué. Et je trouve ça bien joué. ça n’entrave pas la lecture, qui reste simple, mais en même temps ça titille la curiosité et ça donne l’impression d’une récompense à venir si on poursuit avec les tomes suivants.

Bref, pas du grand art pour le moment, mais avec juste suffisamment de background montré pour pousser à s’accrocher.

Je finirai juste avec un « reproche » que j’ai souvent vu : la ressemblance avec Le Seigneur des Anneaux. Et… c’est pas faux. Mais ça concerne vraiment juste ce tome 1. Les Evanescents font penser à des Nazguls, les Trollocs à des Orques, le Ténébreux à Sauron, les protagonistes aux Hobbits. Moiraine fait office de Gandalf et Lan d’Aragorn.

Mais. A partir du tome 2, ça se complexifie et ça part dans des directions assez différentes, même si l’objectif de base reste le même : sauver le monde des Ténèbres. Alors, oui, y’a un goût de SdA, mais il va être de plus en plus dilué.

La nouvelle traduction

Pour être honnête, je pense que je suis surtout nostalgique de la première traduction parce que j’ai découvert le cycle par son biais. Mais quand même. Certains passages m’avaient marquée par la façon même dont ils avaient écrit, et ils n’ont aucune saveur particulière ici. Le pire reste quand même certains choix de traduction que je trouve peu naturels, et j’ai eu l’impression que la nouvelle traduction essayait de s’affranchir complètement de l’ancienne, quitte à traduire des termes de la façon la moins spontanée possible.

Je veux dire… La colonne vertébrale du monde ? Sérieusement ? L’échine c’était pas plus simple ? (on parle d’une chaîne de montagnes. Ca fait très naturel  » colonne vertébrale du monde  » dans une conversation). Trouvère à la place de ménestrel ? Blafard au lieu d’Evanescent ? Evanescent, ça avait tellement plus de classe pour ces ennemis insaisissables ! Idem pour les Réprouvés qui deviennent les Rejetés, ou les Amis du Ténébreux qui deviennent les Suppôts des Ténèbres… Lan qui devient un Champion au lieu d’un lige, pffft… Et parlons en, du Zingaro au lieu de Rétameur… C’est quoi la logique d’utiliser un mot italien ? Je n’ai pas encore lu la fin du cycle, donc je me trompe peut-être, mais Le Pouvoir DE l’Unique me semble aussi constituer une incohérence… Et des trucs comme ça, il y en a pleeeeein…

Par contre, Steddings avait effectivement besoin d’être traduit, et Sanctuaire c’est très bien.

Bilan

Le livre a une trentaine d’années, mais franchement, je trouve qu’il se défend encore pas mal. Ce premier tome ne montre pas encore l’ampleur de l’univers, l’intrigue est désormais classique (des jeunes gens pourchassés qui fuient leur village natal pour trouver refuge ailleurs) et les personnages sont pour la plupart pas très intéressants. Mais la sauce prend quand même et l’aventure se suit toujours très bien. En plus ce tome est presque construit comme un one-shot, avec la clôture d’une intrigue secondaire en fin de tome, et le lecteur peu convaincu pourra s’arrêter là sans réelle frustration. J’ai lu ce tome avec un plaisir renouvelé, mais je comprends que pour des personnes qui le découvriraient maintenant, le cycle puisse sembler un peu passé.

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

4 réflexions sur “La Roue du Temps T1 : L’Oeil du Monde, Robert Jordan

  1. Ce premier tome m’attend sagement dans ma PAL, donc je finirai bien par le lire ^^ J’espère beaucoup l’apprécier ! Par contre, c’est vrai que les termes que tu soulignes sonnent bien mieux dans l’ancienne traduction que la nouvelle 🤔

    Aimé par 1 personne

    • C’est surtout que certains nouveaux termes, je les trouve même pas cohérents dans le contexte… Après, c’est un détail, ça empêche pas d’apprécier le livre, mais quand tu as lu plusieurs fois le cycle dans sa première traduction, fatalement, ça accroche bien à la lecture^^ J’espère que tu apprécieras ta lecture, malgré ses défauts, je trouve que le premier tome se défend encore pas mal (et puis ça devient plus intéressant dans les tomes suivants :p ).

      Aimé par 1 personne

  2. Pingback: Avis Lecture : La Roue du Temps, Intégrale 1 : L’Oeil du Monde (Robert Jordan) – Évasion Imaginaire

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