La Voie de l’Ascendance T1 : La complainte de Danseur, Ian C. Esslemont

La Complainte de Danseur

T1/4 du cycle La Voie de l’Ascendance

Fantasy Dark Epique, s’inscrit dans le même univers que Le Livre des Martyrs

Auteur : Ian Cameron Esslemont

VO : 2016

VF : 2022, Editions Leha

Illustration : Steve Stone

Traduction : Hermine Hémon, Ewan Devos

TW : violence, morts, mutilations etc.

Diversité : pp Noir, ps Noirs

Avant l’Empire malazéen, le monde était en ébullition…

Au coeur de Quon Tali se trouve la puissante cité-État de Li Heng qui, pendant des siècles, a pu jouir d’une certaine stabilité sous le règne de la « Protectrice », une redoutable magicienne. Celle-ci n’est pas le genre de femme à tolérer l’arrivée sur son territoire de deux jeunes hommes assoiffés de pouvoir : l’un est déterminé à prouver qu’il est l’assassin le plus talentueux de sa génération ; l’autre, la proie du premier, est un mage dal-honien qui s’avère excessivement difficile à tuer. La Protectrice et sa cabale de mages ont réussi à repousser les légions de fer de Quon Tali et à contenir la menace de l’effroyable homme-bête Ryllandaras, alors comment ces deux perturbateurs pourraient-ils mettre son règne à mal ?

Un problème arrivant rarement seul, les troupes d’Itko Kan ont quitté leurs contrées du sud sur les ordres de leur ambitieux roi, pour marcher sur Li Heng. Ses assassins, les Lamenuits, ont été envoyés en éclaireurs dans la ville, et les rumeurs affirment que le souverain dispose en outre de forces cauchemardesques et inhumaines. Tandis que les ombres se mêlent à la méfiance, des bêtes monstrueuses, que le peuple affirme voir sortir de nulle part, saccagent les rues de Li Heng. Il semble que le chaos menace la cité. Mais le chaos est aussi source d’opportunités pour qui sait en tirer parti…

Quand lire la Voie de l’Ascendance ?

L’univers du Livre des Martyrs, ce n’est pas simplement les dix tomes du cycle principal. C’est également un certain nombre de cycles annexes, écrits soit par Steven Erikson, soit par Ian Esslemont, et les cycles se répondent et se références entre eux, ce qui peut poser des questions sur l’ordre de lecture.

Concernant La complainte de Danseur, je pense qu’il est possible de l’utiliser comme porte d’entrée de l’univers : l’intrigue est assez simple à suivre, le style plus abordable que celui d’Erikson, c’est beaucoup plus court, et l’univers s’ouvre par petites touches. Mais je pense qu’il est quand même plus intéressant de le lire avec un minimum de bases de l’univers. Déjà, cela permettra de comprendre plus facilement certains termes (la Complainte évoque par exemple les Maisons Azath, le conflit entre les Tiste, ou certaines créatures) : la non connaissance de ces termes et notions ne gênera pas forcément la compréhension globale du tome, mais du coup certaines choses vous échapperont. D’autres part, certains passages ou évènements ont une saveur particulière quand on sait vers quoi ça mène.

Donc en résumé : c’est possible à mon avis de lire La Complainte de Danseur avant le Livre des Martyrs, mais en terme d’appréciation je ne suis pas certaine que ce soit le mieux.

Mon avis

Ce roman suit principalement Dorin, un jeune assassin de talent qui peine à se faire une place dans des milieux déjà bien installés. Quand il se rend à Li Heng, il espère non seulement parfaire sa réputation, mais également retrouver un certain mage Dal-Honien qui lui a fait un sale coup. Les objectifs sont simples et clairs en apparence, sauf que la cité de Li Heng est sous le coup d’un siège, et que la Protectrice ne suffira peut-être pas à sauver la cité malgré ses puissants pouvoirs. Les deux autres points de vue que l’on suit sont Iko, une jeune combattante d’Itko Kan, et Soie, l’un des mages de la ville.

C’est, comme je le disais en préambule, le premier point qui frappe par rapport au Livre des Martyrs. L’intrigue est simple et on ne suit pas 50 personnages et arcs secondaires en même temps. L’histoire est également restreinte à la cité de Li Heng.

Même si les amateurs ne cet univers sont habitués à une certaine complexité, ce n’est pas du tout un point faible dans ce roman. C’est certes plus intimiste, mais cela permet aussi de nous concentrer sur quelques personnages choisis., Par ailleurs, on est bien dans l’univers des Martyrs, aucun doute à ce sujet : y’a des créatures plus ou moins étranges ou inquiétantes, la magie fuse de tous les côtés, ça s’étripe joyeusement dans les ruelles et sur les toits, et tout ne s’éclaire pas d’un claquement de doigt (quoi que ;). Et surtout, les personnages sont toujours aussi intéressants et complexes, tout aussi bien les personnages que l’on connait déjà, mais également les nouveaux.

Car ce roman est également riche en clins d’œil pour les amateurs, avec des noms bien connus qui apparaissent au détour d’un paragraphe, avec parfois des réunions de personnages qui font bien plaisir. Mais les noms connus, il y en a en vérité assez peu, puisque les personnages ont souvent plusieurs noms. Et c’est là qu’on entre dans ce qui parlera bien plus aux amateurs qu’aux néophytes.

L’histoire se passe en effet plusieurs années avant le début des Martyrs, avant même que l’Empire Malazéen ne soit créé. Et ce cycle raconte la rencontre et… disons l’amitié entre deux personnages fameux du cycle, et c’est vraiment plaisant à lire. J’aime particulièrement les deux personnages principaux, Dorin et Wu : Dorin plus gentil que je ne le pensais, et Wu curieusement fidèle à ce que l’on connaissait déjà de lui, j’avoue que ça m’a d’ailleurs surprise. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il soit déjà excentrique, je pensais qu’il était plus « sérieux » que la version que l’on a de lui dans les Martyrs. Du coup la relation entre les deux est assez fun, et même si on sait ce qu’ils vont devenir, à les voir comme ça on se demande un peu comment ils ont réussi ^^

Il y a un seul bémol, la ponctuation des dialogues. J’en parle plus en détails dans l’aparté.

Aparté sur la ponctuation des dialogues.

Normalement, pour des raisons de clarté et pour lever toute ambiguïté, on évite de mêler dialogue et narration sans marquer de limite entre les deux.

Par exemple : (exemple fictif en grande partie tiré de la Compagnie Noire parce que pourquoi pas)

 « Il y a des étrangers dans la plaine », a-t-il dit. J’ai sursauté. Il a ricané. « Il y a des étrangers dans la plaine ».

ou

– Il y a des étrangers dans la plaine, a-t-il dit.

J’ai sursauté, il a ricané.

– Il y a des étrangers dans la plaine.

Mais ce n’est pas le cas dans La Complainte de Danseur, où les dialogues ont à quelques reprises la forme suivante :

— Il y a des étrangers dans la plaine, a-t-il dit. J’ai sursauté. Il a ricané. Il y a des étrangers dans la plaine.

Alors, oui, dans le contexte on comprend bien quels sont les segments parlés et quels sont les segments narrés, mais c’est pas très heureux quand même comme choix de non ponctuation.

Bilan

Un cycle qui s’annonce différent du Cycle des Martyrs, plus intimiste et resserré, mais indéniablement dans le même univers et tout aussi passionnant à suivre. Je pense qu’il est plus intéressant quand on connaît déjà les personnages et l’univers, mais cela peut également servir de porte d’entrée si les pavés du Cycle principal vous effraient un peu. Quoi qu’il en soit, j’ai hâte de voir comment le partenariat de Dorin et Wu va évoluer^^

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

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7 réflexions sur “La Voie de l’Ascendance T1 : La complainte de Danseur, Ian C. Esslemont

    • C’est possible, surtout que sur les autres livres de la ME il n’y avait aucun soucis sur les dialogues. Après c’est pas dramatique, le contexte permet de comprendre, mais bon, je me suis dit qu’un petit rappel pour les personnes qui écrivent ça faisait pas de mal (puis je suis dans les corrections en ce moment).

      De toute façon il ne reste que 2 tomes^^

      J’aime

  1. Je suis entre le 5 et le 6 du Livre des Martyrs, j’hésite à lire celui-ci ou à finir la série « principale ». Mais ce sera dans plusieurs mois vu que le 9 vient juste de sortir. Donc j’hésite…
    (ah, c’est un peu pénible ce souci de ponctuation, c’est même assez moche)

    Aimé par 1 personne

    • Là où tu es rendu tu peux sans problème apprécier la complainte, surtout qu’il est très rapide à lire (plus court, style plus abordable, beaucoup moins de points de vue et d’arcs de personnages).

      (Je comprends d’autant moins de soucis que c’est pas le cas dans les autres livres de la ME. C’est pas grave en soi, mais ça m’a fait tiquer)

      Aimé par 1 personne

  2. Pingback: La complainte de Danseur, Erikson expliqué par Esslemont. – Drums n Books

  3. Pingback: Le Livre des Martyrs T9 : La Poussière des rêves, Steven Erikson | L'Imaginaerum de Symphonie

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