Monstres cachés, anthologie ImaJn’ère (2018)

Monstres cachés

Anthologie du Festival ImaJn’ère 2018

Illustrations et couverture : Philippe Caza

23 nouvelles + brèves

25 auteurices

(Pikacthulhu, t’es pas bien caché, là !)

Sous le lit, dans les placards, au coin de la rue d’un quartier sordide, au fond des abysses, tombé du ciel ou surgissant des entrailles de la terre, depuis votre plus tendre enfance, le monstre vous guette. S’agit-il de cet être humain assoiffé de meurtre et de sang dont la littérature policière se repaît ? Est-ce l’innommable ou l’indicible évoqué par Lovecraft, ou, au contraire, apparaît-il parfaitement descriptible ? A-t-il l’intention de vous dépecer comme Jack l’éventreur en son temps, de vous dévorer, de boire votre âme, de sucer votre cerveau ou de se repaître de votre intelligence ? Ou désire-t-il tout simplement vous saluer du bout de ses ventouses et de ses pseudopodes ?

Une fois n’est pas coutume, comme c’est assez long je vous fait part de mon bilan sur cette anthologie avant de vous donner mon bref avis (sans spoils ni de vraies infos sur les histoires) sur chacun des textes,

Bilan

Comme pour toute anthologie, il y a des textes que j’ai aimé (voire beaucoup), et d’autres auxquels je n’ai pas forcément accroché, et c’est normal. Globalement j’ai trouvé les textes de qualité, intéressants dans leurs propositions, très différents les uns des autres, et même si plusieurs textes lorgnent du côté de l’horreur lovecraftienne, les auteurices n’ont pas forcément fait dans la facilité.

Mes avis

Des choses au fond des yeux, Célia Rodmacq (Fantastique)

Wow ! Même si la fin est prévisible, j’ai adoré cette nouvelle, dont le style et les idées, répétitives, font penser à une chanson ou à une danse. J’aime beaucoup la narration utilisée pour cette histoire, émouvante, et qui pousse à s’interroger sur le point de vue de l’autre.

Une si jolie chose, Cédé (Fantastique/Horreur)

Pas forcément convaincue par celle-ci, qui mêle récit sur la 1ère guerre mondiale et récit plus fantastique et horrifique. Les 2 parties sont intéressantes, mais je trouve qu’il manque quelque chose pour lier les deux.

Une histoire de loyer, Johanna Reeves (Fantastique)

Adoré cette nouvelle, toute simple, qui mêle frayeur et humour. C’est très drôle, et en même temps, je pense que j’aurais beaucoup moins bien réagi si quelque chose du genre m’était arrivé^^

La spécialité de Charcoin, Christian Ravat (Horreur)

Un classique, mais qui fait toujours son petit effet^^. Pas de surnaturel dans celle-ci, les monstres sont humains et engendrent des monstres.

Mort dans l’oeuf, Samantha Chauderon (Fantastique/Horreur)

Outch, elle est rude celle-ci, avec son thème de harcèlement scolaire. Elle m’a rappelé un peu le film coréen The Host, que je vous conseille vivement. Cette nouvelle mêle monstres humains et monstres surnaturels, et le lien entre les deux est plus intéressant… et aussi plus triste. Je l’ai beaucoup appréciée également.

East End, November, David Verdier (Horreur)

On revisite un classique là aussi, l’intérêt de cette nouvelle résidant dans sa chute, que j’ai trouvé assez drôle malgré l’horreur de la nouvelle. Karma, toussa…

La prison de cuir, Brice Tarvel (Horreur Lovecraftienne)

Oh ! La première nouvelle Lovecraftienne ! Dans une telle antho, il en fallait au moins une, et je l’ai trouvée très réussie, tant dans son style, que dans son ambiance, que dans son monstre. Ledit monstre ne m’a pas surprise, on retrouve la même idée dans un roman de la collection Gore que j’avais lu l’année dernière, mais ça reste efficace.

Les morts ont toujours tort, Roxane Dambre (Fantastique/Horreur)

L’antagoniste est un peu trop caricatural à mon goût, mais à côté de ça, j’ai adoré cette nouvelle, mélange d’humour noir et d’horreur zombiesque.

Un monstre se cache là-dedans, Simon Sanahujas (Fantastique/Horreur)

J’ai aussi beaucoup aimée celle-ci, j’avoue que je n’avais pas vu la chute venir (rétrospectivement, je pense que c’était parfaitement possible de la deviner, mais je me suis fait avoir^^). Par contre, je trouve que le plus effrayant ici, ce n’est pas le monstre, mais le personnage qui veut le faire sortir.

Regarde vers l’ouest, Lionel Davoust (Fantastique)

J’aime beaucoup l’ambiance de cette nouvelle, que je trouve assez mélancolique. Et même si on se doute que le protagoniste a des intentions pas très claires, l’atmosphère ajoutée à une certaine empathie pour le personnage font que « l’horreur » frappe plus fort quand on comprend enfin ses motivations et le prix à payer.

Bleu, Julien Heylbroeck (Horreur)

Une autre nouvelle à monstre humain. Je n’ai pas tellement accroché à celle-ci, peut-être plus à cause du format qu’autre chose. Elle m’a en tout cas semblée plus « classique ».

Un si beau costume, Beth Greene (Fantastique/Horreur)

J’aime beaucoup cette nouvelle, qui utilise des tropes connus de façon inhabituelle (le gamin qui est ami avec le monstre du placard au lieu d’en avoir peur, les parents qui le croient), et la fin à la fois surprenante et macabre. Par contre, je pense que la toute dernière partie est de trop, l’impact aurait été encore plus fort à mon sens si on n’avait pas eu la réaction des parents.

Les elligrées, Martine Leroy-Rambaud (Fantastique/Horreur)

J’ai une fascination particulière pour les parasites, moisissures et autres joyeusetés du genre, du coup non seulement j’ai beaucoup aimé cette nouvelles, mais surtout j’aimerais bien en savoir plus sur les elligrées (même si bon, dans l’horreur, une partie de l’intérêt réside à mon avis sur ce que l’on ne sait pas, du coup j’aime bien aussi le fait qu’on n’ait pas d’explication).

Le chant du Profond, Camille Leboulanger (Horreur Lovecraftienne)

Pas grand chose de spécial à dire, j’ai bien aimé, c’est de l’Horreur Lovecraftienne « classique ».

Mon très cher monsieur lapin, Audrey Calviac (Horreur)

La lecture de cette nouvelle me laisse perplexe. Le gamin de 8 ans ne ressemble pas à un gamin de 8 ans et je ne suis pas très sûre d’avoir compris l’histoire.

Memento Mori, Pierre-Marie Soncarrieu (Urban Fantasy (?))

Très intéressante celle-ci, je n’ai pas compris immédiatement vers quoi on se dirigeait. Cela reprend une « mythologie » chère à l’horreur (je ne vous en dis pas plus), mais de manière plutôt originale, et suffisamment subtile pour que ça ne saute pas aux yeux si vous ne connaissez pas assez la référence.

Mon pire ennemi, Arnaud Cuider (Science-Fiction)

Je ne suis pas lectrice de SF, et même si la nouvelle est accessible, je n’ai pas accroché. Le trope de « l’ennemi intérieur » m’a paru utilisé de façon assez classique. Par contre j’ai bien aimé la narration, alternance de passages en « je » et en « tu ».

Aire3, Christine Luce (Science-Fiction)

Entre le style, les néologismes et notions pas réellement expliqués, je n’ai malheureusement pas réussi à entrer dans le texte. Mais il faut dire que je ne suis pas fan de SF.

Le monde selon Minos, Thomas Geha (Anticipation)

Ouh ! Elle est pessimiste celle-ci ! La lire en 2022 a aussi une « saveur » particulière, en raison des conflits géopolitiques actuels. Beaucoup aimé la chute, je ne m’y attendais pas du tout.

Phenomenae NY, Jean-Hugues Villacampa ( Horreur Lovecraftienne)

L’une des nouvelles les plus longues de l’anthologie, dont le côté Lovecraftien est relativement subtil, surtout si vous ne connaissez pas l’univers. Très sympa, je pense qu’il y avait même le potentiel pour une histoire plus longue.

Mais… qu’avez-vous fait gober à Solange ? Sarah & Romain Mallet (Science-Fiction)

J’ai bien aimé l’ambiance de cette nouvelle, assez drôle voire même WTF, même si elle n’est pas très originale sur le fond.

Tanatot, Francis Carpentier (Fantasy)

Une nouvelle qui se déroule sur l’île de Cayenne et qui nous introduit à une mythologie que personnellement je ne connais pas du tout, du coup j’ai trouvé la nouvelle intéressante même si je n’ai pas accroché à l’intrigue.

La petite chose de Yuggoth, Jérôme Verschueren (Horreur Lovecraftienne)

Je pense que cette nouvelle est ma préférée du recueil. Une fois n’est pas coutume, l’histoire est racontée par le point de vue d’un Grand Ancien, ou plus précisément d’un bébé. C’est original, plein d’une poésie un peu glauque, et je n’aurais jamais cru m’attacher à une telle créature. Comme quoi, on peut toujours faire du neuf avec les vieux pots.

Les brèves de Patrick Eris

8 mini histoires d’épouvante intercalées entre les nouvelles, simples mais efficaces^^ (en même temps, j’adore les creepypastas)

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