Vous lisez Procrastination, S01E17 : L’angoisse de la page blanche

Les liens vers l’épisode S01E17 : Transcription à télécharger ; Youtube ; Elbakin

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Et dans la suite de l’article la transcription de l’épisode (à noter que le texte à télécharger a une mise en page plus claire, avec notamment un code couleurs et un texte aligné). N’hésitez pas à intervenir dans les commentaires pour évoquer votre expérience !

Vous écoutez Procrastination Episode 17 : « L’angoisse de la page blanche »

Podcast sur l’écriture en 15 minutes.

Parce que vous avez autre chose à faire.

Et qu’on n’a pas la science infuse.

Avec les voix de : Mélanie Fazi, Laurent Genefort, et Lionel Davoust.

Lionel Davoust : L’angoisse de la page blanche, c’est finalement l’expression la plus connue quand on parle d’écriture. Je ne sais pas vous, moi c’est une question qu’on peut me poser : « ah, mais vous n’avez pas l’angoisse de la page blanche ? » et le cas échéant, comment est-ce que vous vous en sortez ? Donc on va parler un peu de ça dans le cadre de « comment faire quand on est en panne d’inspiration, comment faire quand on est finalement devant la page, qui est blanche, et que ça ne veut pas venir ». Est-ce que c’est une bonne expression pour vous, déjà, est-ce que vous êtes sujet à ça, est-ce que ça décrit bien le phénomène ?

Laurent Genefort : L’angoisse, ce n’est peut-être pas le mot, parfois on parle du syndrome de la page blanche. Est-ce que c’est vraiment une angoisse ? Oui, un petit peu, en tout cas, c’est un peu une maladie honteuse quand même.

LD : Oui.

LG : Pourquoi c’est honteux comme maladie, parce que c’est quelque chose qu’on ne contrôle pas, mais pourquoi ce serait honteux ? En fait c’est honteux parce que, en tout cas pour les écrivains qui essayent d’en vivre, on considère que c’est un métier. Or on peut, dans un métier, exercer même sans enthousiasme. Dans l’écriture, c’est beaucoup plus difficile. Donc ça vient contredire un peu le fait que c’est un métier qu’on peut exercer comme n’importe quel autre métier. Ce n’est pas tout à fait ça. Et du coup, la panne, être sec, ça peut générer un sentiment de culpabilité.

LD : Je suis d’accord avec toi. Effectivement, l’expression « l’angoisse de la page blanche » ou « le syndrome » donne l’impression que c’est la page vierge qui suscite l’angoisse, alors que le problème, quand problème il y a, n’est finalement pas suscité par… ce n’est pas une forme d’agoraphobie du blanc sur l’écran, c’est tout simplement une incapacité à écrire, comme tu dis « être sec ». Ce n’est pas forcément une angoisse, en tout cas, ce n’est pas le fait que la page soit blanche qui suscite cette angoisse, c’est quelque chose de plus vaste. Et je suis tout à fait d’accord avec toi aussi avec cette idée que comme on est censé écrire, on est censé y prendre du plaisir, alors on doit produire et si on n’y arrive pas, c’est qu’il y a un problème. Et en général, ça peut aussi arriver que ce problème se nourrisse de lui-même. « Je devrais arriver à écrire, je n’y arrive pas, donc qu’est-ce que je fais là, je ne suis qu’un imposteur. » bon, etc., etc. Toutes ces merveilleuses choses que les créatifs de manière générale sont assez doués pour se dire, ce qui ne fait qu’entretenir le problème et la névrose, alors que ça arrive. Ça arrive de temps en temps d’être sec. Et parfois, ces périodes de vide peuvent être nécessaires pour arriver à rebondir. Ça fait partie des rythmes et des respirations de la création.

Mélanie Fazi : Et c’est quelque chose qui est énormément ancré. Là je fais un petit peu un pas de côté dans l’esprit des lecteurs, les lecteurs qui demandent constamment : « Sur quoi vous travaillez, quel projet vous avez ? » et on sent qu’ils sont un peu pris au dépourvu si on leur dit à moment donné : « Ben, là en ce moment, il n’y a rien » ou si on parle de blocage. Dans l’esprit de beaucoup de gens, ça n’existe pas.

LG : Dans l’esprit de certaines personnes, il y a aussi, de certains lecteurs, il y a aussi le fait que finalement l’angoisse de la page blanche, ce serait une sorte un peu de manifestation d’amateurisme, mais en réalité, l’expérience montre en fait que ça touche les écrivains professionnels. Les écrivains qui écrivent depuis trente ans, ils peuvent tout à fait se retrouver un jour secs. C’est ce qui est arrivé à Simenon quand il a arrêté d’écrire. Parce que simplement ça venait plus, il s’est dit : « Bon ben voilà, j’arrête ». Et donc ça peut… ou alors ça peut être… un écrivain peut arrêter pendant vingt ans d’écrire et puis ça va revenir. Pour moi, il y a un peu la question du désir. Il faut réactiver le désir et considérer… alors ça implique de considérer l’acte d’écrire comme une relation amoureuse et donc nous comme des prostituées quelque part.

[Rires]

LG : Et donc arrêter d’écrire, c’est un peu l’équivalent d’un divorce quand on arrête pendant des années, mais en tout cas… voilà, ça peut être considéré comme… la passion retombe pendant un moment et comment réactiver ça.

MF : Mais du coup, ce que tu viens de dire, moi me pose des questions. Est-ce qu’on parle de deux choses distinctes qui sont le blocage de justement de trouver des projets, trouver l’envie, trouver des idées, et le blocage d’écriture proprement dit. Parce que, pour moi, l’angoisse de la page blanche, c’est quand on est devant l’écran donc avec déjà quelque chose à produire, on sait à peu près où on va.

LG  : Ouais, ouais, tout à fait…

MF : Du coup, ce que tu viens de dire me renvoie plus à des blocages d’inspiration qu’on avait déjà abordé. Est-ce que ce sont deux questions distinctes ?

LG : Ouais, enfin ça se recoupe, en même temps, en fait. Parce qu’on est, encore une fois, on est seul avec ça. Alors, effectivement, pour les blocages… il y a des blocages qui concernent uniquement l’heure qui vient et des blocages qui dépassent la journée, et là, il faut se poser la question d’une manière plus générale. Donc, pour les petits blocages, on est au milieu d’un bouquin, et puis tout à coup, voilà, ça ne vient pas. On a l’impression qu’on a mal géré les trucs et que tout ça c’est un gros foutoir et voilà, on ne comprend pas. Donc, pour ces moments-là, pour les petits blocages, il y a des méthodes. On peut dire qu’il y a des petites méthodes pour passer ces moments de plat, quoi.

Donc… moi j’en ai repéré deux, c’est la méthode de « l’appétit vient en mangeant », c’est-à-dire, insister, se donner comme objectif cinq pages par jour, par exemple, ou trois pages par jour ou même un paragraphe ou une page. Parce que là, en fait, ça rassure. Parce qu’en fait perdre son temps est un facteur de blocage. Justement, on est dans une sorte de cercle vicieux, on n’arrive pas à écrire et ça, ça nous bloque aussi, de ne pas arriver à écrire. Donc de se dire, même un paragraphe, on se dit qu’on n’a pas perdu sa journée et le reste c’est du bonus. Eh bien ça peut des fois, ça a marché sur moi, se dire que, voilà, le reste de ce qu’on écrit ça va être du bonus et des fois, ça suffit à relancer.

L’autre technique, qui est un peu opposée à ça, c’est la technique de l’« ailleurs si j’y suis ». On va voir ailleurs si on y est. C’est-à-dire on arrête, on arrête d’écrire et on se distrait pour casser le blocage. Ça veut dire : sortir faire ses courses, regarder une série télé. Mais regarder une série télé ou faire ses courses sans se dire qu’on retournera au travail après, sans se mettre l’espèce de pression qui fait qu’on bloque. Et là des fois, là aussi des fois ça suffit, souvent d’ailleurs je dirais, ça suffit pour s’y remettre.

LD : Moi je n’oserais jamais faire un truc pareil, parce que je me dirais que je suis en train de procrastiner. Ça joue avec la fameuse culpabilité dont on parlait tout à l’heure. Moi j’ai plutôt tendance à faire plutôt la première technique et à la rigueur rester vissé sur la chaise quoi qu’il arrive.

MF : Moi j’ai déjà appliqué les deux méthodes de toute manière, mais la deuxième dans une phase d’écriture où je m’imposais d’aller marcher pendant une demi-heure/une heure, et je sentais que des petits éléments, des bouts de phrase, des choses venaient pendant la marche. Je me l’obligeais pas, mais ça se libérait vraiment. Et le conseil que j’allais donner, justement, c’était le premier d’écrire un certain nombre de pages, mais un nombre vraiment assez petit pour qu’il ne soit pas intimidant, pour qu’il soit vraiment faisable, et c’est ce qui moi m’a permis deux fois d’arriver au bout d’un roman, alors qu’à priori c’est quelque chose qui n’est pas naturel, chez moi.

LD : Tout à fait, je pense que…

MF : Et souvent, ça entraine, effectivement, souvent, on va au-delà.

LD : Je pense que c’est, effectivement, une part de l’angoisse de se mettre à écrire. Un texte c’est long. De toute façon, l’écrit est la forme artistique, la narration, qui s’inscrit le plus dans la temporalité, que ce soit dans la création ou dans la consommation. On peut recevoir un film en une heure et demie, une nouvelle, sauf si elle est très courte, même une nouvelle nécessite une certaine concentration qui est supérieure. L’écrit se déroule au fur et à mesure dans la temporalité dans l’esprit du lecteur et il se déroule de la même manière dans l’esprit de son auteur, donc ça peut être intimidant de… Et je pense que c’est aussi un conseil qu’il est possible de donner, c’est de se dire très, très vite que de toute façon on n’écrira jamais un texte en entier – sauf rare exception, mais il ne faut pas prendre ça comme une règle – en une seule fois. Et que le découper en petite tâches, morceaux moins intimidants permet souvent aussi de débloquer le truc en se disant : « je n’ai pas cette espèce de montagne immense à gravir, je n’ai pas besoin de la gravir en une seule fois, je peux me contenter de faire quelques mètres » et l’expérience prouve en général qu’on avance plus facilement comme ça.

MF : En principe, tout ce qui est déjà fait n’est plus à faire, et effectivement, c’est souvent comme ça qu’on avance le mieux.

LG : Moi, ça m’est arrivé quand même très rarement. Ça vient peut-être aussi de ma manière de fonctionner, de manière générale, qui est que j’ai déjà assemblé un certain nombre d’éléments dans ma tête. Et le soir, en général, je sais ce que je vais écrire le lendemain. Et le fait de savoir, ça ôte une angoisse qui est celle de… voilà, de la peur de d’improvisation, on va dire. Et souvent… alors ça n’empêche pas de l’avoir de temps en temps, parce que quand on voit que ça ne marche pas, par exemple. Et donc là, pour le coup, on est confronté… on est au bord de la falaise, on va dire, donc on hésite à sauter et ça, ça peut être bloquant. Mais quand même le fait de savoir, ça rejoint un peu ton idée de segmenter les tâches et de se donner des petits, des micros objectifs. C’est un peu ça, finalement, d’avoir les éléments de… au moins deux ou trois éléments de ce qu’on va écrire dans la journée, ça permet de se dire qu’on aura toujours quelque chose à écrire. Et ça, ça diminue l’angoisse, en fait.

LD : Tout à fait, tout à fait. Et ça je pense que c’est un conseil d’autant plus important quand on n’a pas l’opportunité d’écrire éventuellement tous les jours, parce que la vie se met en travers. C’est une bonne façon de garder à la fois le lien avec le récit et la motivation. Se dire à la fin d’une session d’écriture, peut-être de la terminer plus tôt si besoin, pour prendre cinq/dix minutes, et se donner un compas pour quand on reviendra devant le texte, se dire : « voilà, je ne suis pas obligé de tout reprendre de base, je me suis laissé une pièce suivante pour le puzzle ». Quelle technique vous avez, si vous employez une technique pour résoudre ces trucs-là, Laurent tu donnais les deux techniques, mais toi tu te situes où ?

LG : Alors tout dépend. Quand c’est des mini blocages – encore une fois, ça m’arrive très rarement, donc j’y ai rarement recours – je sors faire autre chose, en fait. Quand le blocage dépasse la journée – ce n’est pas forcément un blocage total, mais une difficulté à écrire, je dirais, où écrire devient vraiment une montagne à gravir – à ce moment-là, c’est une variation de la deuxième solution qui est de passer à un autre projet. Donc, je vais casser le projet en cours, en tout cas, je vais l’interrompre. Ça suppose d’en avoir plusieurs, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. En fait l’idée, c’est de m’extraire d’un univers littéraire pour rentrer dans un autre. Et le fait de passer à autre chose, de devoir réfléchir à autre chose, c’est comme si j’extrayais mes batteries, les batteries de mon premier projet et que je les mettais en recharge. Faut que je recharge mes batteries imaginaires. Et je décharge les batteries de mon deuxième projet jusqu’à ce que ça ne marche plus et je reviens à mon premier. Et en général, les batteries elles se sont rechargées toutes seules, parce qu’on travaille toujours un peu en tâche de fond sur un truc… et voilà m’a permis finalement de résoudre peut-être le problème qui me bloquait inconsciemment. Donc en fait, cette navigation, cette alternance de projets des fois… même… moi ça marche à tous les coups, en fait.

MF : Pour moi, ça se pose un peu différemment, puisque, j’en ai déjà parlé en long en large et en travers dans d’autres épisodes : mon gros problème à moi, ce n’est jamais l’écriture proprement dite, c’est trouver les idées et les développer. Donc à partir du moment où j’arrive au stade de l’écriture, je sais déjà à peu près où je vais. Ça peut être laborieux certains jours, mais voilà, on écrit une phrase à la fois. À la limite je m’interromps, je vais faire la vaisselle, me changer les idées, et je reviens, j’écris deux phrases… Une chose qui me structure énormément c’est que, comme moi je n’écris pas à temps plein, je prends en fait mon planning de traduction et je ne peux pas me permettre de prendre trois semaines pour écrire une nouvelle, sinon je me mets en retard, je perds de l’argent etc. Donc ça, ça me cadre énormément et ça m’oblige à aller relativement vite. Et ce que je fais par contre, c’est d’essayer de… paradoxalement j’essaie d’être indulgente, c’est-à-dire, je sais que je n’écrirai pas énormément, mais que ce soit régulier et faire des pauses, effectivement, même si c’est juste, je vais me faire un café, je fais la vaisselle. Et j’arrive au bout de la journée, je m’aperçois que j’ai l’impression d’avoir rien foutu, mais en fait si quand même. Mais le fait d’avoir la traduction autour m’oblige à aller assez vite, finalement.

LG : Mais c’est vrai que le point commun de tout cela, c’est la pression interne qu’on se met, quand même. Et finalement, quand tu dis « être indulgente avec soi-même », c’est une manière de faire retomber cette pression. Et j’allais dire, tous les moyens sont bons pour faire retomber cette pression. Soit aller voir ailleurs, soit se lancer dans un autre truc.

MF : S’accorder des fois une récompense à la fin de la journée. « Tiens, si j’ai fait ça… ».

LG : Voilà, voilà, exactement.

MF : Je vais au cinéma…

LG : Alors bon, il y a des techniques qui marchent peut-être, mais probablement pas, hein… L’alcool n’est sans doute pas une solution.

[Rires]

LD : Non !

LG : Antoine Blondin… ce n’est pas Antoine Blondin qui me contredira, hein ? D’ailleurs, sur Antoine Blondin pour Un Singe en hiver, pour la rédaction d’Un Singe en hiver, son éditeur l’avait enfermé dans une pièce et il passait tous les jours prendre la copie. C’est une technique aussi, mais il faut avoir un éditeur qui a un peu des tendances nazies, en fait.

MF : Ça a été fait avec Douglas Adams, il y a une anecdote célèbre où il a euh… je crois deux ans après signé son contrat et touché une avance, il n’avait rien écrit. L’éditeur l’a enfermé dans une chambre d’hôtel pendant, je sais plus, deux jours ou une semaine.

LG : Ouais, ouais, c’est une technique…

MF : Il ne l’a pas laissé sortir tant qu’il n’avait pas son livre.

LD : La légende veut que Victor Hugo c’était la même chose. Il était nu, en tout cas pas présentable, et son valet avait ordre de ne pas lui ouvrir pour qu’il aille boire au troquet, tant qu’il n’avait pas passé toutes les pages sous la porte.

LG : Voilà, donc, il y a la contrainte, il y a les drogues, il y a des trucs. Mais on ne sait pas si ça marche vraiment au point où on en est.

LD : Pour ma part, je suis quand même profondément structurel, voire obsessionnellement structurel. En fait, c’est rigolo, moi je n’ai pas tellement le problème que ce soit des idées ou de la rédaction. Pour moi tout cela participe de la même chose qui est la quête incessante de déterminer ce que je vais faire, de me l’expliquer à moi-même et de le cerner suffisamment clairement, que ce soit de la construction de l’intrigue, des idées ou même de la rédaction. En général, quand j’ai le blocage, la question est toujours la même, c’est que je n’ai pas la sensation, ou je ne maitrise pas suffisamment la scène, l’histoire, les personnages, les situations sont mal définies, les enjeux sont manquants, etc. Bref tout ça nécessite que, j’ai besoin de m’expliquer à moi ce que je veux ou vais faire. Et si la volonté n’est pas là, c’est que j’ai mal défini l’envieet que je n’ai pas trouvé ce qui me faisait plaisir et qu’il faut donc que je le cherche et que donc il faut que je trouve.

Il y a une… on les mettra dans les notes de l’épisode[1], mais il y a un vieux débat, c’était il y a quelques années, sur la créativité et l’éducation, avec le Dalaï-lama, Eckhart Tolle, Ken, Robinson, etc. Et je crois que c’est Ken Robinson qui dit que la créativité, finalement, se situe avant tout dans l’art de formuler les problèmes avant de trouver les solutions. Et en tout cas, en tant que structurel – s’il y a des structurels qui nous écoutent – moi ça m’avait beaucoup résonné avec ça, parce que je me suis dit : quand je suis bloqué, ce n’est pas que je n’arrive pas à trouver la réponse – c’est-à-dire comment je vais dérouler ma scène, comment elle va fonctionner, etc –, c’est que je ne me suis pas posé la bonne question. Qu’est-ce que je veux accomplir, qu’est-ce que je veux faire, qu’est-ce qui va se passer ? Et à partir du moment où j’ai suffisamment galéré pour reconnaitre le problème en face et me le formuler clairement, paradoxalement, une fois que le problème est formulé, les réponses viennent très vite, en fait.

MF : Il y a juste une dernière chose, une chose que je voulais ajouter. Il y a quelque chose que j’ai découvert avec l’expérience : parfois quand on a vraiment de gros blocages qui se prolongent, de ne pas se braquer dessus. Parce que j’ai découvert que parfois c’est le signe qu’en fait il y a des changements qui sont en cours, il y a une espèce de mutation un peu sous jacente. Et quand on se remet à écrire après une période de blocage, souvent on a fait un progrès, sans nécessairement s’en rendre compte, mais quelque chose a changé qui était nécessaire à ce moment-là. Je l’ai constaté assez souvent.

LD : Finalement, la meilleure arme pour vaincre, surmonter ce problème-là, c’est toujours évidemment de se connaitre et de respecter ses rythmes. En sachant se motiver ou se mettre la juste pression, ce qui dépend de chaque personne, pour malaxer la matière et savoir reconnaitre quand « là, je me tape juste la tête contre les murs ça ne sert à rien, il faut que je me laisse la possibilité de respirer ». Et c’est un équilibre qui est évidemment particulier à chacun. Et je pense que les deux composantes sont importantes pour arriver à progresser. C’est rigolo, au moment où on enregistre ça, il y a Boulet qui a fait un très beau strip – pas un strip, mais carrément plusieurs pages – sur la question de la procrastination[2] : 40 règles pour la dépasser, pour dépasser l’angoisse de la page blanche, on la mettra aussi dans les notes de l’épisode.

Pour terminer une petite citation, qui nous vient de Alain de Botton, qui nous dit – alors j’ai la citation en anglais alors la traduction est artisanale – : « Le travail commence enfin quand la peur de ne rien faire dépasse celle de le faire mal ».

Jingle : C’était Procrastination, merci de nous avoir suivi, maintenant assez procrastiné, allez écrire !

(Transcription : Umanimo ; Corrections : Symphonie)


[1]Note de Symphonie : Il n’y a rien dans les notes de l’épisode d’Elbakin, mais je pense que ça fait référence au Sommet de la Paix à Vancouver, en 2009. https://www.matthieuricard.org/blog/posts/une-agreable-conversation-sur-la-creativite

[2] http://www.bouletcorp.com/2017/03/05/vaincre-le-syndrome-de-la-page-blanche-en-40-etapes/

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Une réflexion sur “Vous lisez Procrastination, S01E17 : L’angoisse de la page blanche

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