La couleur tombée du ciel, Howard Phillips Lovecraft (nouvelle et film)

La Couleur tombée du ciel est sans aucun doute le texte de Lovecraft qui m’a le plus marquée, et je ne suis apparemment pas la seule. Cette nouvelle a également connu une adaptation en film sortie en 2020, ainsi qu’une adaptation en manga (on ne va pas en parler…, vu que je ne l’ai pas lue. Mais si c’est votre cas, n’hésitez pas à dire dans les commentaires ce que vous en avez pensé).

La Couleur tombée du ciel

Fantastique/SF/ Horreur cosmique

VO : 1927

VF : première publication en 1954 (Denoël).

Version ci contre : Le Cycle de Providence, Tome 4 de l’Intégrale

2021, Editions Mnémos

Traduction par David Camus

Couverture : Zdzislaw Beksinski

Si jamais vous ne connaissez pas l’histoire, elle est plutôt simple : un genre de météorite s’abat sur le terrain d’une famille de fermiers. Il se produit par la suite des choses de plus en plus étranges et dramatiques.

Le Fantastique et l’Horreur m’ont toujours fascinée, y compris quand j’étais enfant. Dès que j’ai eu l’âge requis, je me suis dirigée vers certains auteurs, parmi les plus connus. Mais peu d’histoires parvenaient à me mettre mal à l’aise ou à me faire peur.

Je ne sais pas trop pourquoi, mais La Couleur est l’une des premières histoires qui a réussi à m’effrayer. Peut-être à cause d’un certain réalisme ? Après tout, une météorite qui s’écrase dans le jardin, cela peu arriver. Et puis, une bonne partie de la nouvelle est consacrée aux tests et expériences à laquelle cette fameuse météorite est soumise pour déterminer sa nature. Le surnaturel arrive assez tard dans la nouvelle, que ce soit en terme de narration ou de chronologie, et de façon assez subtile au début. Des animaux effrayés, la végétation qui se pare de couleurs étranges, les fruits au goût immonde malgré leur appétence… Et puis, plus on avance, plus le temps passe, et plus ces évènements deviennent horribles, surtout que l’auteur reste peu explicite dans ses descriptions, laissant le soin à notre esprit de nous proposer les aberrations de son choix.

L’histoire nous est racontée par un personnage qui lui même écoute un autre personnage qui habitait dans le coin au moment des évènements. Et même si les descriptions ne sont pas précises, j’avoue que je me suis dit que, quand même, le témoin avait une sacrément bonne mémoire, pour se rappeler aussi bien de tous les tests et de la chronologie des évènements. Mais bon, peu importe, la nouvelle reste toujours aussi efficace dans ses évocations.

Color out of space

2020

Réalisateur : Richard Stanley

Fantastique Horreur cosmique

TW : body horror animale et humaine, mutilation, attention aux personnes sensibles aux lumières et aux sons.

Trailer

(Dispo sur Amazon Prime)

La couleur tombée du ciel est, comme je l’ai dit, ma nouvelle préférée de Lovecraft. J’avoue donc avoir considéré d’un œil méfiant l’adaptation, que je voyais déjà comme un nanard. Autrement dit, ça partait mal entre le film et moi.

Le film commence assez lentement, prenant le temps de nous présenter la famille infortunée des Gardner. (C’est d’ailleurs, l’une des principales différences avec la nouvelle, puisqu’ici, on va assister en direct aux évènements, plutôt que de se contenter d’un témoignage.) Et même une fois que la couleur tombe du ciel, le changement est très graduel. Quelques fleurs, quelques insectes étranges, les animaux qui semblent soumis à des radiations… Et puis, les personnages commencent à agir de plus en plus curieusement, tour à tour très détachés, ou à l’inverse, trop énervés. Je salue particulièrement la performance de Nicolas Cage, qui arrive à rendre inquiétant ce gentil père de famille. Et, bien sûr, l’horreur devient de plus en plus explicite. Le rythme du film peut paraître lent, mais ça reste plus « rapide » que la nouvelle, qui se déroule sur 2 ans environ.

L’atmosphère du film est angoissante et malsaine, entre cette inquiétante étrangeté, ces sons de plus en plus malaisants, et cette couleur violacée écœurante au possible. Il y a quelques scènes un peu gore relevant du body horror (animal et humain), mais j’ai trouvé que le film n’abusait pas, préférant compter sur le malaise plus que sur le trash (et heureusement, parce que certains effets sont pas extraordinaires. Par contre la scène de l’étable est très réussie à ce niveau, même si elle se voit venir de loin).

J’ai trouvé par contre que la fin du film était un peu too mutch dans les couleurs et les sons : sans exagérer, j’ai terminé le visionnage avec la nausée. Je sais que je suis sensible sensoriellement parlant, donc ça n’a pas du aider. Si c’est votre cas, attention avec le dernier quart d’heure du film.

Dernier détail que j’ai trouvé bien satisfaisant : le choix d’un acteur Noir pour le témoin des évènements. Compte tenu du racisme notoire de Lovecraft, je pense que l’équipe du film a choisi sciemment^^

En résumé, très bonne surprise que ce film, efficace dans son ambiance et fidèle à l’atmosphère et à l’histoire de la nouvelle. Il est toutefois plus graphique que cette dernière, format oblige, et je regrette que l’adaptation passe outre tout le côté scientifique de la nouvelle.

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

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