Coraline, Neil Gaiman (livre et film d’animation)

Coraline, je l’ai découverte à la sortie du film d’animation, je n’étais donc plus une gamine à ce moment-là. Et pourtant, j’ai trouvé le film plus angoissant que maints films d’horreur, alors même qu’il est destiné aux enfants ! Du coup, je profite de ce mois d’Octobre pour vous parler du film, mais aussi du roman qui en est à l’origine. Et c’est parti !

Coraline

Auteur : Neil Gaiman, Britannique

Fantastique/Conte noir Jeunesse

VO : 2002

Première parution VF : 2003, Albin Michel

Traduction :  Hélène Collon

Note : pour cette chronique, je l’ai relu en VO

Coraline vient d’emménager dans une étrange maison et, comme ses parents n’ont pas le temps de s’occuper d’elle, elle décide de jouer les exploratrices. Ouvrant une porte condamnée, elle pénètre dans un appartement identique au sien. Identique, et pourtant…

Mon avis

Coraline prend la forme d’un conte noir, avec une narration assez simple qui vient contraster sa noirceur. Il y a aussi un petit côté Alice au pays des merveilles : une petite fille se retrouve dans un autre monde enchanteur qui se révèle bien plus sombre qu’il n’y paraît au premier abord. Et il y a même un chat qui parle !

Blague à part, malgré son format, le livre prend son temps pour montrer l’environnement habituel de Coraline, un environnement terne où l’ennui et la solitude règnent en maître. Aucun ami à l’horizon, et ses parents sont bien trop occupés pour s’occuper d’elle. C’est assez facile de s’identifier à elle, et compte tenu de ce contexte, on ne s’étonne pas qu’elle plonge dans le terrier du lapin à travers la petite porte, dans l’espoir d’un peu de mystère et d’aventures.

Pourtant, malgré les merveilles que lui offrent ce nouveau monde, elle ne s’y laisse jamais réellement prendre, suspicieuse dès sa découverte. Le reste du livre est beaucoup plus rapide, puisqu’il s’agira pour Coraline de fuir cet enfer coloré, quitte à retrouver son morne quotidien.

Je n’ai pas grand chose à dire sur ce livre, n’étant pas le public cible. Il reste tout à fait appréciable à tout âge, mais comme on va le voir après, j’ai une nette préférence pour le film.

Coraline

Réalisateur : Henri Selick

Film d’animation Américain de 2009

TW : insectes

A partir de 10 ans

Trailer

Mon avis

Le film suit assez fidèlement l’histoire du conte original, tout en bénéficiant de son format. On découvre Coraline, qui s’ennuie dans sa nouvelle maison alors que ses parents sont trop occupés pour lui consacrer du temps. Ce qui va la rendre vulnérable aux merveilles promises par son Autre Mère. Parmi les ajouts, notons le personnage de Wybie, qui n’est pas indispensable à l’histoire mais qui permet à Coraline d’avoir un peu plus d’interactions avec d’autres personnages, ainsi que quelques modifications qui ne changent pas grand chose à la trame globale. A une exception près.

Dans le livre, Coraline est méfiante tout du long vis à vis de l’Autre Mère, et elle n’envisage jamais de quitter ses vrais parents. Le film propose une certaine ambiguïté, avec des « péripéties supplémentaires » afin de montrer que oui, Coraline est tentée, avant de tomber de haut quand elle réalise ce qu’on lui propose en réalité. Ce simple changement apporte plus de tension, sans parler de quelques scènes de l’ordre du merveilleux, qui contrastent parfaitement avec le malaise qui imprègne le film. L’animation colle parfaitement à cette idée, avec des scènes belles ou amusantes… et une atmosphère globalement glauque et des scènes beaucoup plus angoissantes dans la dernière partie du film (d’ailleurs, je pense qu’il n’est pas adapté aux très jeunes enfants. Je ne plaisantais pas quand je disais que ce film m’effraie plus que de vrais films d’épouvante). Notons également la bande originale, qui propose de très beaux morceaux.

Comme le livre, le film traite de nombreux thèmes intéressants, mais le format lui permet de les exploiter davantage. La solitude et la frustration de Coraline alors même qu’elle est entourée, les apparences qui ne correspondent pas forcément à la réalité, dans un sens comme dans l’autre, et l’amour parental, avec le contraste entre les vrais parents de Coraline qui l’aiment d’un amour sincère malgré leur négligence involontaire, et l’amour intéressé et égoïste de l’Autre Mère qui lui promets tout ce qu’elle pourra désirer à la « seule » condition de sa soumission absolue. Il y a aussi un vrai côté aventure mythologique/fantasy, surtout dans la dernière partie du film, avec la quête et les épreuves que Coraline devra affronter.

Bilan

J’ai découvert le film bien avant le récit dont il était issu, et j’avais tellement aimé le premier que j’avoue avoir été un poil déçu du livre la première fois que je l’ai lu. Le livre reste un chouette conte, mais le film apporte une vraie valeur ajoutée avec sa bande originale, son animation magnifique, et son esthétisme à la fois enchanteur et malsain.

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

  • Sir This and Lady That : Edition illustrée
  • (Et il y a plein d’avis sur Youtube pour le film d’animation)
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5 réflexions sur “Coraline, Neil Gaiman (livre et film d’animation)

  1. Je connaissais le film (que j’aimais beaucoup alors) avant le livre, puis quand j’ai lu le roman des années plus tard et revu le film, j’ai trouvé ce dernier plus lent à se mettre en place, moins rythmé. Mais l’atmosphère et l’esthétique sont géniales effectivement !

    Aimé par 1 personne

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