Pour une bulle d’air, Iphégore Ossenoire

Pour une bulle d’air

Auteur : Iphégore Ossenoire, Français

One-shot, Thriller d’anticipation

2022, Collectif Hydralune (auto-édition)

Illustrateur : Brian Merrant

Diversité : ps malade chronique

Pourra-t-on de nouveau respirer en France ?
Le pays est désormais aux mains des mafias, qui se partagent le pouvoir depuis la chute de la République.
Dans ce monde où l’argent est roi et la pollution, reine, Claire émerge de dix ans de stase avec la chance de tester un nouveau traitement pour ses poumons. Sa sœur, directrice de la sûreté d’une grande entreprise, prend les rênes du projet Aéropure. Son but : assainir la capitale, restaurer la qualité de l’air et raviver la flamme de l’espoir. Ses ennemis ? Elle les attend, l’arme au poing. Peut-être sont-ils parmi ses alliés, hackers de renoms que son patron lui impose, ou dans les derniers embauchés envoyés par les lobbies.
Parviendra-t-elle à triompher entre les piratages, les coups fourrés législatifs et les attaques à main armée ?

Merci à Iphégore pour m’avoir offert ce livre, et surtout pour le super clin d’oeil avec l’un des personnages de ce livre 😉

Mon avis

Dans un futur proche, on peut dire qu’il ne fait pas bon vivre en France. Air pollué, plus de République, pays tombé aux mains des mafias et de l’Eglise. D’ailleurs, j’aurais bien aimé en voir plus : même si on ressent bien les influences de pouvoir, on a du mal à se rendre compte de comment cela influence les gens « lambda », pareil pour la pollution, dont on voit assez peu les ravages en dehors de la sœur de la protagoniste.

Mais en réalité, c’est plus une toile de fond qui sert de cadre à la vraie histoire du livre, qui se révèle assez vite comme un thriller industriel. J’ai beaucoup aimé ce parti pris, qu’on voit assez peu j’ai l’impression en littérature SFFF. L’enjeu est à la fois pragmatique et essentiel, et fait échos à une véritable problématique de notre monde, d’autant plus en ce moment : produire un moteur non polluant pour maîtriser la pollution de l’air. Ici, la technologie existe, mais elle ne va pas dans les intérêts de certains lobbys qui risqueraient de perdre leur main mise sur le pays.

Là, j’avoue qu’une partie de moi a eu comme premier réflexe : « mais nan, on serait quand même pas aussi con pour privilégier la richesse et le pouvoir personnels au détriment de la santé des gens et de l’écologie, quand même ! « . … L’autre partie de moi s’est facepalmée devant tant de naïveté.

Du coup, le récit aurait pu être anxiogène, de part sa proximité avec notre réalité, mais comme il se concentre plus sur l’action et le côté thriller, il n’entache pas le moral. Et sans spoiler, il y a de l’espoir, avec des personnages qui sont bien décidés à voir aboutir cette technologie, même s’ils vont devoir se confronter aux tenants du pouvoir et à l’espionnage industriel. Il y a ainsi pas mal d’action, entre les négociations et les règlements de compte. Si cela peut vous rassurer, malgré un vocabulaire parfois « technique », le roman reste très accessible. Je n’ai pas de connaissances particulières dans ce domaine, mais je ne me suis pas sentie perdue pour autant.

Au niveau des personnages, j’ai bien aimé Claire, qui est davantage qu’une simple motivation pour sa sœur, mais un vrai personnage qui intervient vraiment dans l’intrigue. On n’a pas non plus l’écueil du pathos ou de la leçon de vie devant sa maladie. J’ai aussi bien aimé Mademoiselle T., ladite soeur et personnage principal, qui doit faire face à des ennemis extérieurs mais aussi à ses propres démons. J’ai d’ailleurs trouvé que son passé était peut-être un peu de trop, mais en même temps, ça répond aux thématiques du roman, donc bon. J’ai eu plus de mal à cerner Gonthier, l’ingénieur qui doit mener ce projet à bien, mais j’ai l’impression que le personnage était sciemment ambivalent de toute façon.

(Mais le meilleur personnage, évidemment, c’est Spip l’écureuil. Epicétou).

Bilan

Je trouve l’anticipation bien plus effrayante que bon nombre de récits d’horreur, en raison de leur ancrage dans le réel, et ce texte ne fait pas exception, bien qu’il nous montre assez peu son univers. Heureusement, pour traiter de ses thématiques anxiogènes, ce livre propose action, suspense, quelques touches d’humour… et un peu d’espoir dans ce monde de brutes.

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

Publicité

2 réflexions sur “Pour une bulle d’air, Iphégore Ossenoire

  1. Je pense que je ne regarderai plus jamais le menu de la cantine sur mon smartphone de la même façon. 😀 Du coup, je tente de rivaliser d’imagination pour des mots de passe compliqués mais dont je pourrai me rappeler sans une clef ou un support.

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s