Le Cycle d’Alamander T1 : La Porte des Abysses, Alexis Flamand

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Le Cycle d’Alamander d‘Alexis Flamand avait déjà fait l’objet d’une première publication en 2011 par L’Homme Sans Nom, publication inachevée puisque seuls 4 tomes sur 5 avaient pu être publiés. C’est en 2017 que Leha, jeune maison d’édition, a repris le flambeau et a publié l’intégralité du cycle, redécoupé en 3 tomes. 

Quand j’ai lu le premier tome, je pensais que c’était de la Light Fantasy. Après avoir lu le tome 2, je n’en suis plus si sûre.

Jonas Alamänder, mage et détective, vient de perdre sa maison confisquée par le royaume voisin. Accompagné d’Edrick, l’un des soldats chargés de lui apprendre la nouvelle, et de son fidèle valet Retzel, un facétieux petit démon, il part pour Ker Fresnel, capitale de Kung-Bohr afin d’y plaider sa cause.
Jon se trouve contraint de mener l’enquête sur le meurtre mystérieux de Pallas, conseiller du roi, et de déjouer un complot visant Ernst XXX. Les aventures se succèdent, au cours desquelles l’enquêteur montre autant de talent dans l’art de sa magie que de maladresses dans ses relations humaines.
Pendant ce temps, Maek, un jeune garçon aux penchants morbides, affronte un champ de blé carnivore, afin de rallier la fameuse école des assassins des « T’sanks ».

L’univers

Dans la plupart des livres de fantasy qui possèdent une faune et une flore particulières, la faune est souvent plus présente que la flore.  S’il y a bien quelques créatures intéressantes, elles sont plutôt inhabituelles, puisqu’ici on parle plutôt de poulpes et d’insectes, et pas de licornes et de dragons.

Mais le plus intéressant, c’est la flore. Originale, recherchée, fascinante… Je n’ai pas été surprise de découvrir que l’auteur a une formation en biologie, sa passion est évidente et communicative. A noter les très nombreuses références, notamment aux sciences (mais je ne m’y connais pas assez pour les avoir toutes repérées^^).

La ville de Ker-Fresnel, capital de Kung-Bohr, est elle aussi plutôt impressionnante dans sa conception.

Quant à la magie… Dans ses effets, elle n’est pas très originale. Dans son mécanisme en revanche, elle est décrite de façon très scientifique, très informatique en vérité, avec ses « programmes », ses algorithmes, son codage…

Très sincèrement, dans ce premier tome, j’ai été beaucoup plus happée par l’univers que par l’intrigue et les personnages.

Malgré l’originalité des éléments présentés dans ce premier tome, malgré un univers décalé, l’auteur parvient à rester dans la limite du cohérent sans jamais rompre la suspension d’incrédulité du lecteur. On a envie de visiter cette gigantesque cité, de parcourir ses artères (joke inside)… mais après la lecture, on préfèrera rester trèèèèèèès loin des champs de blé. Et vous ne regardez plus votre baguette de pain de la même façon^^

 

Les personnages

Ce premier tome est découpé en deux arcs : un chapitre sur deux, on change de personnage principal, sans forcément comprendre tout de suite ce qui lie les deux.

Le premier est Jonas Alamander, un magicien Questeur, c’est à dire un enquêteur spécialisé dans les crimes ayant eu recours à la magie. Il n’a pas vraiment figure de héros, car s’il est doué dans son domaine et plutôt perspicace (même si souvent naïf^^), il n’est pas très charismatique et se fait régulièrement manipulé. Il est aidé (ou pas), par son démon « domestique » Retzel, qui passe plus de temps à plonger son maître dans les ennuis qu’à l’en sortir. J’ai vu dans d’autres chroniques que beaucoup avaient apprécié ce comic relief. Personnellement, je l’ai vite trouvé lourd. Heureusement qu’il n’est pas là tout le temps (en même temps, les autres personnages aussi le trouvent lourds…).

Ensuite, Lan Maek, dont je ne sais s’il est un protagoniste ou un antagoniste. Ce premier tome présente le parcours d’un gamin à part, mouton noir de son village, qui rêve de rejoindre l’Ecole T’Sank, lieu de formation légendaire des redoutables assassins du même nom. Mais pour devenir un T’Sank, il va devoir affronter pas mal de tourments.

Dans l’arc de Maek, il est souvent seul, alors que les personnages secondaires affluent dans celui de Jonas. Entre Edrik, un jeune soldat fasciné par la magie, la séduisante Vance, le pragmatique (ou sournois, à vous de juger) roi Ernst, la mage-mercenaire Rachelle etc…

Quant aux antagonistes… J’ai du mal à les cerner. Akir, par exemple, le Dieu du Mal… qui ne peut pas tuer les gens (?), ou bien le champ de blé, qui semble plus essayer d’entraîner son ennemi que de l’abattre.

Cependant, j’avoue que je ne me suis pas vraiment attachée à eux. Sans doute parce qu’on reste un peu loin de leurs psychée et leurs émotions, et que l’on ne sait jamais sur quel tentacule danser avec eux.

 

L’intrigue

Arc Jonas :

Le questeur Jonas vivait tranquillou dans sa petite maison avec son démon Retzel, dans l’empire Mehnzotien, quand deux soldats Kung-Bohréens viennent l’informer… qu’il n’est plus sur un territoire Mehnzotien. Leurs ordres étant de détruire la maison, Jonas décide donc de plaider sa cause auprès du roi Ernst, qui réside à Ker Fresnel. Or, quelques surprises l’attendent sur place…

Sur la première partie du roman, je dois avouer que je n’ai pas accroché à cet arc. On suit le voyage de Jon à travers les campagnes, pendant lequel les blagues et les explications de l’univers s’enchaînent. Une fois arrivé à Fresnel, en revanche, cet arc prend une tournure policière. Si j’avais deviné certaines choses, d’autres m’ont davantage surprise.

Arc Maek

Alors que le jeune Maek (malingre, maladif, toussa) vit dans un petit village de guerriers-agriculteurs, il décide d’entreprendre son périple pour devenir un assassin T’Sank. Déconvenues et épreuves seront au rendez-vous.

Le style de cette partie, très narratif, pourra peut-être rebuter un peu, mais l’univers introduit dans cette partie m’a tellement accrochée que ça ne m’a pas gênée du tout. Au début de l’arc, on ne comprend pas trop comment l’intrigue s’articule avec le reste, mais elle fait sens au fur et à mesure.

 

Le style

Humour noir ou salace, références scientifiques ou culturelles… on est vraiment dans de la Light-Fantasy avec Jonas. Le style est nerveux, les descriptions à la fois peu nombreuses mais éloquentes. L’auteur n’hésite pas non plus à briser le quatrième mur (ce qui passe très bien).

Du côté de Maek, comme je le disais, la description très narrative la rapproche de la façon de raconter une légende.

Par contre, je suis un peu dubitative sur le découpage. J’ai eu l’impression que le tome 1 s’arrêtait un peu au milieu de nulle part. Cela m’a plus fait l’effet d’une fin de chapitre que d’une fin de tome.

 

Bilan

Pour être honnête, cela faisait longtemps que ce cycle végétait dans ma PAL, mais il ne m’intriguait pas suffisamment pour que j’entreprenne immédiatement la lecture. J’étais persuadée que c’était de la Light Fantasy à la Pratchett, or, si je veux lire du Pratchett… ben je lis du Pratchett.

Sauf que…

Comme je le disais, si j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce premier tome, c’est l’originalité de l’univers qui m’a convaincue de continuer, et je ne l’ai vraiment pas regretté. La deuxième moitié du roman, m’a fait comprendre que, ainsi que le dit en substance l’un des personnages, il ne faut pas toujours se fier aux premières impressions. Car si ce 1er tome est plutôt léger, la suite l’est de moins en moins.

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

L’épaule d’Orion

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15 réflexions sur “Le Cycle d’Alamander T1 : La Porte des Abysses, Alexis Flamand

  1. L’univers semble intéressant, ça me tente bien du coup.

    Bon pour le découpage un peu étrange, j’imagine que c’est pour le côté financier : ça force à acheter la suite puisque aucune intrigue n’est close. Et ça ressort en trilogie, parce que les gens préfèrent les séries de moins de trois tomes. On est dans la logique mercantile, plus que dans de la logique narrative, à mon avis. C’est dommage, mais ça ne m’étonne pas. Il est long ce tome, du coup ?

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  2. J’ai l’intégrale en version numérique (dans les 1600 pages en tout, le tome 1 est le plus court). Ça se lit au final plutôt vite. Par contre, je viens de finir la trilogie… au final, c’est pas vraiment de la fantasy. Y’a plusieurs retournements dans le t3, et pour le coup ca passe ou ça casse.^^

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  5. Ca commence comme de la light fantasy, puis progressivement cela devient de moins en moins light et dans le troisième…comment dire ? Ca part là où on ne s’y attend pas du tout. C’est pour ça que personnellement, j’ai adoré. La fin est superbe.

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  6. Oui, du coup dans mon index j’ai fini par le classer comme un objet littéraire non identifié^^
    Le 2e tome frôle même un peu l’horreur, par moment (j’adore toute la scène avec les… euh… papillons). Pour le coup, c’est un très bon exemple sur le fait que les genres peuvent allégrement se mélanger. J’ai eu un peu de mal sur la première partie du T3, mais à partir de la première révélation…^^
    En fait, ce qui m’empêche de dire que j’ai adoré, c’est davantage les personnages, je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher à eux (enfin, sauf Maek^^).

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  7. Pingback: Focus sur… Leha éditions | L'Imaginaerum de Symphonie

  8. J’ai du mal à le conseiller, parce que c’est tellement un OVNI que que je ne peux pas garantir qu’on aimera^^ je pense que je me redirai la trilogie, maintenant que j’ai les clés en mains 🙂

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