Mers mortes, Aurélie Wellenstein

mer mortes

Mers Mortes est un one-shot de Fantastique Post-Apo, écrit par l’autrice française Aurélie Wellenstein. Il a été publié en 2019 aux éditions Scrinéo.

Mention spéciale à la couverture, signée Aurélien Police, que je trouve vraiment très réussie !

Mers et océans ont disparu. L’eau s’est évaporée, tous les animaux marins sont morts. Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines…, arrachent l’âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l’humanité, peuvent les détruire.
Oural est l’un d’eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu’il protège depuis la catastrophe. Jusqu’au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme. Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes… De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l’objectif de ce dangereux périple.
Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous ?

Univers

 

Ce n’est un secret pour personne à l’heure actuelle, mais les océans vont mal. Pollution, marées noires, surpêche, réchauffement climatique… Les mers ressemblent de plus en plus à des dépotoirs, et les animaux meurent les uns après les autres, parfois dans de grandes souffrances.

Aussi, Mers Mortes propose de nous emmener quelques années dans le futur. A cause d’humanité, les océans, les mers, les lacs… tout a fini par s’assécher. Le cycle de l’eau s’est arrêté, les animaux sont tous morts. Seuls survivants, quelques poches d’humains qui tentent de survivre comme ils peuvent.

Mais les océans ont soif de vengeance. Fous de douleurs et de haine, les spectres des animaux marins comptent bien obtenir réparation. Régulièrement des marées surnaturelles déferlent sur le monde, transportant avec elles des vagues de fantômes atrocement mutilés qui sont bien décidé à déchirer l’âme des vivants… Par chance, des humains appelés exorcistes ont développé des pouvoirs qui repoussent et tuent les spectres. Mais évidemment, sur le long terme, la situation paraît fort compromise…

Jusque là, rien à dire, c’est excellent. L’univers est glaçant, désespérant, et on se demande bien si l’humanité va pouvoir rattraper ses conneries.

Sauf que, pour être honnête, je suis restée sur ma faim. N’ayant pas réussi à suspendre mon incrédulité, je n’ai pas vraiment réussi à rentrer dans l’univers.

Pour commencer, l’assèchement semble avoir été très rapide, et surtout total, et pas très éloigné de notre époque. J’aurais bien aimé savoir comment ça s’est produit. M’enfin, ça, c’est pas très grave. Ce que je ne comprends pas, c’est que ça fait dix ans que le monde est dans cet état. Alors, comment les humains ont-ils bien pu survivre ? Ils mangent quoi, au juste ? Pas d’animaux à manger, pas d’eau pour arroser les plantes, et pourtant ils mangent des citrons et des céréales. Pourquoi ne voit-on pas de carences, de maladies ? Comment s’hydratent-ils ? Comment se lavent-ils ? On nous dit que la température a beaucoup augmenté (plus de 150°C dans certaines zones du globe), mais pourquoi n’y a-t-il pas de problèmes de peau ou de problèmes respiratoires ? Alors, sélection naturelle, j’imagine, mais j’aurais quand même apprécié que ce soit un minimum évoqué…

J’aurais bien aimé aussi qu’on voit d’autres poches de survivants, histoire d’avoir différents modes de vie ou de pensée.

 

Personnages

 

L’histoire est racontée à la troisième personne en focale interne, par un jeune exorciste nommé Oural. De par son statut, il est plutôt orgueilleux, même s’il est sincèrement dévolu à sa tâche : celle de sauver les derniers survivants de son bastion. Cela dit, quelque chose le distingue de ses collègues : il a réussi à nouer une vraie relation d’amitié avec Trellia, une delphine fantôme qui l’aidera dans ses combats.

Bengale est le Capitaine d’un navire fantôme. Très antipathique au début du roman, prêt à tout pour sa mission,  on comprend peu à peu ce qui le motive. Il est considéré comme un genre de prophète, presque divinisé, puisque lui semble semble avoir compris comment sauver le monde en ramenant les mers.

Du côté des personnages secondaires, on voit surtout les membres de l’équipage de Bengale. Mais je dois avouer qu’aucun ne m’a vraiment marquée, à part peut-être Amazone, son bras droit.

Là encore, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Leur évolution, et l’évolution de leurs rapports, m’ont en effet paru trop rapides. Leur relation est touchante, elle fait sens et elle ne prend jamais le pas sur l’intrigue, mais elle se met en place de façon trop rapide à mon goût pour que je puisse vraiment y croire.

 

Intrigue

 

Alors que son bastion vient d’essuyer une marée haute, celui-ci est attaqué par un navire fantôme, dont le capitaine exige qu’on lui « offre » son exorciste. Sans protecteur, le bastion est presque certainement condamné, seulement Bengale et son équipage semblent bien décidé à tuer tout le monde si on ne leur obéit pas. C’est ainsi qu’Oural se sacrifie en acceptant de les accompagner.

Néanmoins, Oural se rend bientôt compte que Bengale n’est pas aussi sanguinaire qu’il ne le croyait au départ. Au contraire, il affirme être capable de sauver l’humanité. Tout ce qu’il faut, c’est offrir des âmes au Léviathan, afin qu’il accepte de ressusciter les mers…

L’intrigue est facile à suivre sans être simpliste, cohérente est bien menée. La fin est, là encore, peut-être un peu rapide, et je ne suis pas complètement sûre de comprendre la chute, mais bon, ça va.

 

Style

 

C’est la première fois que je lis un roman d’Aurélie Wellenstein, même si ça fait un moment que j’entends parler d’elle. L’autrice va droit au but avec une plume nerveuse et fluide, faisant la part belle aux dialogues et aux scènes d’actions. Les scènes figurant les marées et les fantômes sont vraiment très réussies, glauques et dérangeantes, mais avec une certaine dimension poétique.

 

Bilan

Je dois vous l’avouer, j’ai eu un peu de mal à arriver au bout. De très bonnes idées, des scènes belles et glauques à la fois, un message fort qui marque les esprits… Beaucoup de potentiel en somme, avec des qualités indéniables, mais malheureusement je n’ai pas vraiment réussi à m’immerger (haha) dans l’univers, et j’ai parfois été agacée par les personnages. J’aurais aimé avoir plus d’informations sur le contexte de la catastrophe, et plus d’approfondissement de l’univers et des personnages, avec un rythme moins rapide et un certain nombre de pages en plus^^. Mais bon, l’essentiel, je pense, c’est que le message passe 😉

 

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ? 

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13 réflexions sur “Mers mortes, Aurélie Wellenstein

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  3. Merci pour le lien 🙂 je cerne un peu mieux ton avis sur ce texte vu qu’on avait un peu échange sur le sujet dans ma propre chronique. Il me semble que l’autrice explique à un moment via Bengale justement que l’humanité est de toute façon condamnée sur le court terme et sur c’est la raison pour laquelle il tente de mettre sin plan à exécution, je pense que ça inclut l’accès aux ressources qui ne se renouvellent plus mais comme il y a drastiquement moins de gens elles s’épuisent aussi moins vite donc en soi ça ne m’a pas choqué grâce justement à la précision du capitaine mais j’extrapole peut être. Bref avis aussi intéressant et détaillé que d’habitude 😊

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  4. Merci, et de rien^^ Oui, c’est effectivement vaguement suggéré à un moment, mais je ne l’ai pas vu, dans le livre. Ce n’était pas le but du livre, mais bon, j’ai besoin d’avoir des univers dans lesquels je peux croire.

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  5. Jai eu un peu le même soucis avec un autre livre qui est un peu sur le même thème. Pour moi, c’est un problème de show don’t tell : je veux bien que l’humanité soit en danger, qu’il se passe plein de trucs horribles et tout, mais jai besoin qu’on me le montre^^

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  6. Je peux comprendre ! On a tous des sensibilités différentes, je n’ai eu aucun problème à croire à l’univers parce que les explications me suffisaient mais ça peut ne pas être le cas chez d’autres personnes comme pour toi. C’est intéressant de voir les différences de sensibilités je trouve 🙂

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  7. Merci aussi pour le lien. 😉
    Maintenant que tu poses le souci de l’univers, je reconnais que… Je n’ai pas du tout tilté. ^^ Peut-être qu’effectivement, il y a eu des allusions en cours de lecture, qui m’auront suffit à le rendre crédible à mes yeux, et un peu moins aux tiens. Le genre le question qui pourraient m’amener à relire le lire, néanmoins… ^^ Juste pour vérifier ! ^^ (Sauf que j’ai pleins de trucs en retard… :/)

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  8. Pingback: Mers mortes – Aurélie WELLENSTEIN – Dans l'antre de Lionne

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