La chose, John W Campbell (Novella et adaptations)

La Chose

Auteur : John W Campbell, Américain

Novella, Science-Fiction Horreur

1938, 1ère parution VO

1955, parution VF dans le Ciel est mort titrée La Bête d’un autre monde, éditions Denoël (plusieurs rééditions)

1992, dans le Ciel est mort, titrée La Bête d’un autre monde, Editions Robert Laffont

2000, titrée La Bête d’un autre monde, Livre de Poche

2020, aux éditions Le Belial (Une heure lumière), traduction par  Pierre-Paul Duranstanti, illustration par Aurélien Police

En Antarctique, quelque part.

Enfoui sous la glace, aux abord d’un artefact aux allures de vaisseau spatial, des scientifiques découvrent un corps congelé — gisant là, sans doute, depuis des millions d’années. Un corps résolument inhumain. Résolument… autre. Le choix est alors fait de ramener la stupéfiante découverte à la station pour étude. Douvement, la gangue de glace autour de la créature commence à fondre, libérant peu à peu cette totale étrangeté à l’aspect terrifiant. Et les questions de traverser l’équipe de chercheurs : qu’est-ce que cette chose ? Comment est-elle arrivée là ? Et après tout, est-elle seulement morte ? N’ont-ils pas mis au jour la plus épouvantable des abominations — une horreur proprement cosmique ?

Le Livre

Comme beaucoup de gens je pense, j’ai découvert la novella bien après avoir vu les films. Et ayant adoré le film de 1982, j’avoue que j’appréhendais un peu d’être déçue par la lecture. Et en fait, pas du tout. On retrouve la paranoïa des personnages, avec cette chose capable d’imiter les êtres qu’elle a assimilés, chacune de ses cellules étant de surcroît une chose potentielle. J’aime beaucoup aussi l’aspect scientifique de la novella : indépendamment de la dangerosité de la créature elle-même, se pose la question par exemple des microorganismes qu’elle est susceptible d’abriter. Les personnages s’interrogent aussi à propos des expressions et du comportement de cette créature : on suppose qu’elle est « mauvaise », mais est-ce que ça ne vient pas d’une mauvaise interprétation de la part des humains, après tout ? Le test pour distinguer les humains des choses est aussi plus intéressant scientifiquement parlant que dans les adaptations (ça m’a rappelé mes études de biologie, tiens^^).

Par contre, je trouve que le texte souffre un peu de son format. On n’a pas le temps d’apprendre à connaître et apprécier les personnages, donc l’angoisse en pâtit un peu, et les descriptions de la chose manquent d’impact. Je trouve aussi la fin trop « gentille ».

Je n’ai lu que que la version proposée par Le Belial, mais je trouve la traduction proposée par Pierre-Paul Duranstanti très bonne, on ne sent pas du tout que le texte a plus de 80 ans. D’ailleurs, malgré son âge, la novella reste pertinente dans ses propos et globalement efficace dans sa tension.

Le Film de 1951

Titré La chose d’un autre monde, de Christian Nyby. Ne l’ayant pas vu, je ne vais pas vous en parler, mais je vous propose quelques liens de vidéos en fin d’article.

Le Film de 1982

The Thing

1982

Réalisateur : John Carpenter

Science Fiction Horreur

TW : Horreur corporelle dégueu (Body Horreur)

Trailer

(Dispo sur Amazon Prime en version payante)

J’en ai déjà parlé sur le blog, mais je suis fascinée depuis toujours par les animaux étranges/mal-aimés, les créatures, les monstres etc… si bien que je me suis assez vite dirigée vers les films de monstres. The Thing de Carpenter est l’un de mes films d’horreur monstrueuse préférés, et malgré son âge et plusieurs visionnages, je trouve qu’il reste très, très bon.

Déjà, le film prend le parti pris de ne pas commencer comme la novella. On ne démarre pas par la découverte du monstre : la chose a déjà ravagé une base de recherches, et l’équipe de la base du film n’a aucune idée qu’il y a eu un massacre la veille, et encore moins que le chien qu’ils ont sauvé n’est pas un chien. D’ailleurs, cette ouverture fonctionne même en sachant la vérité, il y a un côté frustrant de les voir accueillir la chose à bras ouverts après avoir tué l’unique survivant du massacre de la base norvégienne.

L’aspect scientifique est moins présent je trouve, mais l’ambiance paranoïaque et isolée est bien présente et efficace. Mais la véritable valeur ajoutée, c’est sa créature. Ses différentes formes ont inventives, dérangeantes, ça coule, ça suinte, ça saigne, ça s’arrache… Bref, c’est dégueu, on est bien dans un film de Carpenter. Et comme les effets sont principalement mécaniques, grâce à des animatroniques, eh bien je trouve que ça n’a pas vieilli, les effets sont toujours aussi cool.

Quant à la fin… Elle est beaucoup plus nihiliste que celle de la novella, et personnellement, je l’aime beaucoup, surtout que le « twist » est assez subtil.

Le Film de 2011

The Thing

2011

Réalisateur : Matthijs van Heijningen Jr.

Science-Fiction Horreur

TW : horreur corporelle toute sèche (body horror)

Trailer

(Dispo sur Amazon Prime en version payante)

Le film de 2011 est censé être un prequel – et il l’est effectivement, puisqu’il se déroule juste avant les évènements du film de 1982 – mais c’est surtout un remake plus ou moins bien dissimulé. Les remakes ne sont pas forcément une mauvaise chose, mais en l’occurrence, celui-ci n’apporte pas grand chose à celui de 82, mais en plus, il est moins réussi sur certains aspects.

Le film se déroule dans la même unité de temps et de lieu, et comme le déroulé est chronologique, il n’y a pas la même aura de mystère qu’il y avait dans le premier film, on sait parfaitement d’où vient la menace. La suite d’évènements est similaire : la créature tue, les persos comprennent qu’elle peut assimiler et imiter ce qu’elle attaque, donc n’importe qui peut être une chose, donc il faut trouver comment distinguer les choses des humains, et il faut l’empêcher à tout prix de quitter la base.

Le seul point qui change vraiment, c’est le côté SF plus prononcé, puisqu’on entre dans le vaisseau qui a apporté la chose sur Terre. Parmi les bons points, le côté paranoïaque est toujours là et bien rendu, surtout qu’on a un groupe de personnages de nationalités différentes, ce qui apporte une tension supplémentaire notamment à cause du barrage de la langue. Il y a aussi une belle attention au niveau de la continuité entre les deux films (avec des corps retrouvés dans la même position/la même forme, ou des objets au même endroit).

D’autre part, le design de la plupart des choses est certes intéressant et inventif, mais la réalisation pêche terriblement. Exit le côté dégoulinant, organique et dégueu des choses du film de 1982, remplacé par des CGI tout propres tout nets sans aucun fluide qui coule et qui n’engendrent aucun sentiment de malaise. On a aussi quelques incohérences et les personnages m’ont donné à plusieurs reprises l’envie de leur mettre le nez dans leurs erreurs (vous savez que la chose a attaqué un chien, pourquoi ça vous inquiète pas ?!?). Cela dit, le film se laisse regarder et est plutôt divertissant. Mais il est vite oubliable.

Bilan

La novella à l’origine de ce monstre emblématique de l’Horreur est vraiment intéressante et pertinente, avec une dimension scientifique très bien rendue, mais elle est peut-être un peu trop rapide pour que la paranoïa des personnages nous atteigne complètement. Par ailleurs, une fois n’est pas coutume, les adaptations de 1982 et 2011 respectent le matériau d’origine et apportent une vraie valeur ajoutée, car l’horreur corporelle est particulièrement indiquée à cette chose changeuse de forme. Je vous conseille quand même davantage l’adaptation de Carpenter. Si vous avez vu et aimé le ou les films, je pense que c’est intéressant de découvrir la nouvelle de laquelle ils sont issus. Et si vous n’avez pas vu les films à cause de ses scènes gore, vous pouvez lire la novella, qui est beaucoup plus soft de ce côté-là.

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

Iels parlent du livre : Aelinel, Au pays des Cave Trolls, Albédo, Apophis, L’épaule d’Orion, Culture VS News, The Cannibal Lecteur, Carolina bouquine, etc.

Iels parlent des films : Au Pays des Cave Trolls (1982 ; 2011), Ratelrock (1951 ; 1982) Guillaume Cassar (1982 ; 2011), Durendal (1951 ; 1982 ; 2011)

8 réflexions sur “La chose, John W Campbell (Novella et adaptations)

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