Le Tombeau Scellé T1 : Gideon la Neuvième, Tamsyn Muir

Gideon la Neuvième

T1/4 de Le Tombeau Scellé

Fantasy/Science-Fiction/Horreur

Autrice : Tamsyn Muir, Néo-Zélandaise d’origine Australienne

VO : 2019

VF : 2022, Actes Sud

Traduction : Stéphanie Lux
Illustration : Tommy Arnold

TW : un peu trashouille

Diversité : pp lesbiens, ps malade chronique

Élevée par une flopée malveillante de nonnes sclérosées, de serviteurs antédiluviens et de squelettes, Gideon est fin prête à laisser derrière elle une vie de servitude et la perspective d’un au-delà sous forme de cadavre réanimé. Elle embarque donc son épée, ses bottes et ses revues pornos, et prépare son évasion. Mais son ennemie d’enfance ne lui rendra pas sa liberté avant un dernier service.

Harrowhark Nonagesimus, Respectable Fille de la Neuvième Maison et magicienne osséo surdouée répond en effet à l’appel de l’Empereur. Celui-ci a convié les héritiers et héritières de chacune de ses loyales Maisons à prendre part à un concours impitoyable mettant à l’épreuve leurs compétences et leur intelligence. Si Harrowhark réussit, elle deviendra une servante immortelle et tout-puissante de la Résurrection. Mais nulle nécromancienne ne saurait accéder au rang de Lycteure sans sa cavalière. Sans l’épée de Gideon, Harrow échouera et ce sera la fin de la Neuvième Maison.

Univers

Neuf Maisons de Nécromanciens, ou plus précisément, une plus sept plus une. La Première Maison correspond au Dieu-Empereur et à ses serviteurs (dont les Lycteurs, des nécromanciens très puissants et plus ou moins immortels) on a ensuite huit Maisons ou Familles de Nécromanciens. La Neuvième Maison, gardienne de la fameuse Tombe Scellée du titre, est un peu à part, crainte et peu appréciée des autres Maisons.

Si vous voulez lire de la Fantasy mais que vous voulez autre chose que des ambiances médiévales ou victoriennes, Gideon vous propose d’aller faire un tour dans l’Espace (mais attention, y’a rien qui fait piou piou). Ici, la magie ne s’oppose pas aux technologies ni à la science, au contraire. Les personnages jouissent de tout le confort moderne, et peuvent même voyager entre planètes au moyen de navettes (tant mieux, puisque chaque Maison s’est établie sur une planète). D’ailleurs, la magie est elle-même une forme de science, puisque les nécromanciens suivent et/ou conçoivent des algorithmes pour l’utiliser.

En réalité, quand je dis La magie… ce n’est pas tout à fait vrai. Chacune des Maisons forme des nécromanciens, mais chacune l’emploie de manière différente, de quoi proposer un panel intéressant de démonstrations.

On a quand même une sorte de système féodal, puisque chaque Maison est gouvernée par des seigneurs, et possède des cavaliers, sortes de garde-du-corps/chevaliers de la famille dirigeante, qui se battent traditionnellement avec une rapière et une seconde arme (blanche ou autre).

Bref, l’univers est le premier point fort de ce roman, à la fois original en Fantasy et complexe. Mais c’est aussi peut-être un premier barrage. L’autrice ne s’embarrasse pas d’explications ou de présentation de l’univers, aux lecteurices de comprendre, d’assembler les pièces du puzzle. Alors attention, ça reste très accessible, mais ça peut rendre l’immersion complexe au début, le temps d’assimiler les bases. De mon côté, je regrette quand même que certaines explications ne figurent que dans le glossaire, et pas dans le roman proprement dit. Personnellement, je considère que les annexes doivent servir d’appui, mais ne doivent pas remplacer. Cela dit, c’est un détail : je n’avais pas vu le glossaire au départ, et j’ai parfaitement pu suivre l’histoire, c’est juste que j’ai eu des éléments de compréhension supplémentaires après coup.

Intrigue

Bon, mais de quoi ça parle du coup ?

L’Empereur souhaite une nouvelle génération de Lycteurs. Il organise donc une sorte de concours : chaque Maison envoie donc un’e adepte (l’héritier’e de la Maison), accompagné’e de son premier cavalier, car Lycteurs et cavaliers sont indissociables. Nos participants sont donc réunis dans une espèce de grande « maison » labyrinthe un peu glauque, 9 nécromanciens et 8 cavaliers, sans compter les prêtres de la Première Maison qui sont là pour superviser tout ça. On n’est pas dans un Battle Royal, l’Empereur veut autant de nouveaux Lycteurs que possible, donc il ne s’agit absolument pas de se battre les uns les autres pour être le meilleur dresseur nécromancien. Il faut « juste » résoudre les énigmes proposées pour prouver qu’on est digne à accéder à ce haut rang.

Sauf que… Sauf que les énigmes sont pas évidentes, et pire encore, l’intrigue prend rapidement des couleurs de Who dunnit en huis-clos, puisque le groupe se réduit de plus en plus à mesure que les participants disparaissent dans des circonstances étranges, sans que quiconque ne puisse entrer ou sortir du complexe. Est-ce qu’il y a un meurtrier dans le groupe qui veut prendre toutes les chances de son côté ? Est-ce qu’il y a un (1)8 passager avec eux dans le complexe ? Hallucination collective à cause de la poudre de squelette ? Eh bien il vous faudra aller jusqu’au bout de la lecture^^ (perso j’avais deviné 1 truc avant la révélation officielle, mais clairement, il y a plusieurs trucs que j’avais pas vu venir). Bref, on est à la fois dans de la Fantasy, de la SF, du Polar et de l’Horreur. Cool, hein ?

Personnages

Compte tenu de ce que j’ai dit pour l’intrigue, vous devez vous en douter, il y a beaucoup de personnages dans ce premier tome. Les adeptes, les cavaliers, et quelques personnages supplémentaires. Je ne me suis jamais sentie submergée, je trouve qu’on repère assez vite qui est qui, et chaque personnage est bien caractérisé.

Du côté des personnages principaux, nous suivons principalement Gideon (normal, c’est elle la narration focale) et Harrow, toutes deux de la Neuvième Maison… même s’il y a une subtilité. Gideon est une orpheline qui n’est pas originaire de la Neuvième, mais qui y a été élevée dès sa petite enfance. Elle n’a d’ailleurs qu’une seule idée en tête : se barrer de ce tombeau, surtout que tout le monde l’a prise en grippe. A commencer par Harrow, nécromancienne et héritière de la Neuvième. Sauf que Harrow a besoin d’un cavalier pour participer aux épreuves, et que le cavalier officiel… s’est barré. Elles vont donc devoir apprendre à se tolérer, se faire confiance… et plus.

Du côté des personnages secondaires, sans trop détailler… ben il y en a quand même beaucoup qui sont attachants, ce qui rend le côté who dunnit encore pire entre les persos qui disparaissent et celleux qui ne semblent pas dignes de confiance. Je mentionnerai quand même Dulcinae, nécromancienne de la Septième, qui a une leucémie. C’est très rare d’avoir des personnages clairement malades chroniques/handicapés dans l’Imaginaire, et j’ai en plus adoré le personnage, ce qui ne gâche rien évidemment^^ (Mais j’ai aussi un faible pour le Nerd Palamedes et pour les deux ados Isaac et Jeannemary. Et pour Magnus et Abigail aussi. Ouais, j’ai eu beaucoup de faibles…)

Narration et ambiance

Un univers qui implique des magies de nécromancie… vous vous doutez bien que c’est pour public averti. C’est gothique, un peu glauque, le complexe ressemble à une immense maison hantée en décrépitude, il y a des cadavres, des squelettes, des blessures, des… choses, et même des scènes trashouille sur les bords quand on arrive au dernier segment (c’est pas hyper gore, mais c’est trashouille). Ca ne fait pas peur, mais on n’a pas envie d’y passer nos vacances.

Et c’est aussi très, très fun. L’histoire est racontée à la 3e personne, en focale interne par le point de vue de Gideon. Et Gideon… est une jeune femme de 18 ans immature et irrévérencieuse (et elle aime bien regarder les jolies filles, que ce soit dans des magasines ou en vrai^^). Donc malgré l’ambiance, ça donne un côté fun et drôle au roman, sans que ce soit jamais too much, avec des descriptions qui sont souvent très bien piquantes^^. (Juste au cas où, la romance est très très soft, y’a pas de guimauve ici).

D’ailleurs, entre l’ambiance gothique, l’humour et les combats très visuels à coups d’épées ou d’ossements… j’ai trouvé que ce roman avait un côté shonen. Franchement j’aimerais bien voir une version manga ou anime de ce roman, je trouve que ça collerait super bien.

J’ai vu que des lecteurices avaient trouvé que le milieu du livre manquait un peu de rythme, puisque pendant une partie on suit juste Gideon qui se balade et qui interagit (souvent à contrecœur) avec les autres personnages. Je comprends ce sentiment, c’est vrai qu’il ne se passe pas grand-chose pendant ce segment, mais personnellement je ne me suis pas ennuyée, j’avais assez de grain à moudre pour me satisfaire. Et le final est épique !

Bilan

Horreur, fun et magie scientifique, je crois qu’on peut résumer ainsi ce premier tome du Tombeau Scellé. J’avais attendu avant de le lire, me disant que j’allais forcément être déçue vu le nombre de chroniques positives. Eh bien non, c’est même un coup de coeur (eh oui, rien que ça). C’était très prenant, les personnages sont attachants, c’est très divertissant, et j’ai vraiment hâte de lire la suite.

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

J’avais rien pour illustrer, mais j’aurais pas été surprise de croiser le Nakarkos des jeux Monster Hunter au détour d’un couloir. Fanart par X-beliebig

8 réflexions sur “Le Tombeau Scellé T1 : Gideon la Neuvième, Tamsyn Muir

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