Hante voltige, Nelly Chadour

Hante Voltige

Autrice : Nelly Chadour, Française

Fantastique/Humour/Drame

Peut se lire comme un one-shot

2019, Les Saisons de l’Etrange

Edition ci-contre : 2021, Les Moutons Electriques (coll. Helios)

Illustration : Melchior Ascaride

TW : violence policière, racisme

Diversité : ps metis cubain, plusieurs ps maghrébins

Année 80, Paris, il chevauche la nuit sur sa moto chromée, hantant les rues enfumées de la Capitale. Que peuvent faire Leïla et Fusain pour arrêter cette menace sans visage, caché derrière un casque noir comme l’éternité ? Le Motard fait rugir son moteur, et sa soif de vengeance ne connaît pas de frein.

En tout premier lieu, je tiens à remercier l’autrice, Nelly Chadour, puisque j’ai remporté ce roman dans un concours qu’elle a organisé sur les réseaux. Et il y a une super dédicace, en plus !

Mon avis

Le roman nous propose une virée dans le Paris des années ’80, et même s’il s’agit d’une fiction, il s’inspire d’évènements bien réels de cette époque. Exit les champs Elysées et le glamour, place aux violences policières, aux meurtres racistes, à la marginalisation et aux manifestations étudiantes (youhou, tout un programme !). C’est d’ailleurs au centre du roman, puisque que peut-il y avoir de pire qu’un flic raciste ? Eh ben le fantôme vengeur d’un flic raciste ! (youhou x 2). Blague à part, je n’ai pas connu cette époque, mais difficile de ne pas y voir l’actualité tragique de ces thématiques. Comme en contrepoint, nous avons une autre créature qui fait office d’antagoniste, la Teryel, une ogresse qui pourrait bien avoir quelque chose à voir avec ce spectre à moto.

Heureusement, malgré ses thématiques extrêmement sombres et quelques passages assez violents, le récit en lui-même est très drôle. On suit principalement Fusain, un jeune Français dont les meilleurs amis sont La Santeria, un dandy en partie cubain au phrasé élégant, et Byron, un Irlandais qui massacre joyeusement la langue de Nelly Chadour. Les interactions entre ces trois personnages sont déjà très drôles, mais dès lors que l’inénarrable Papy Pantoufle, vieil homme Maghrébin, entre dans la partie, ça devient survolté ! Il faut dire que le choc des cultures tape bien.

C’est d’ailleurs un autre point très intéressant que ce mélange culturel. Les personnages évoluent dans un milieu marginal, donc, côtoyant gothiques et punks, n’hésitant pas à se balader dans des milieux pas toujours bien famés, mais qui donne la part belle aux profils atypiques. Le texte est imprégné par d’autres cultures : culture arabe en premier lieu, de par les personnages originaires du Maghreb, mais aussi parce que la Teryel est une figure mythologique kabyle, sorte d’ogresse effrayante. Mais le texte incite le lecteur à la curiosité, que ce soit pour en savoir plus sur la Teryel, ou pour connaître l’origine du surnom de La Santeria. Ce ne sont pas des cultures que je connais, et c’est un peu dommage, j’aimerais bien qu’il y ait plus de récits chargés en cultures, mythologies et légendes des quatre coins du monde.

Dernier point, la narration, très immersive, avec un mélange de phrasé oral et de descriptions très imagées et bien choisies. Les personnages sont un peu caricaturaux, mais en même temps ils restent crédibles et s’insèrent bien dans cet univers.

Bilan

D’habitude, je suis plus adepte des pavés que des romans courts, mais l’autrice parvient à condenser en moins de 200 pages thématiques d’actualité (racisme, violence policière), suspense, culture kabyle, personnages hauts en couleur, et une bonne dose d’humour pour accompagner. Vivement la suite !

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

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