Chevauche-Brumes, Thibaud Latil-Nicolas

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Chevauche-Brumes est un one-shot de Dark/Gunpowder Fantasy écrit par l’auteur français Thibaud Latil-Nicolas, publié en 2019 par les éditions Mnémos.

Au nord du Bleu–Royaume, la frontière est marquée par une brume noire et impénétrable, haute comme une montagne. De mémoire d’homme, il en a toujours été ainsi. Mais depuis quelques lunes, le brouillard semble se déchirer. Tandis que ce voile enfle et reflue tel un ressac malsain, de violents éclairs strient ses flancs dans de gigantesques spasmes. La nuée enfante alors des créatures immondes qui ravagent les campagnes et menacent d’engloutir le royaume tout entier.

La neuvième compagnie des légions du roy, une troupe de lansquenets aguerris au caractère bien trempé, aspire à un repos bien mérité après une campagne éprouvante. Pourtant, dernier recours d’un pouvoir aux abois, ordre lui est donné de s’opposer à ce fléau. Épaulée par des cavalières émérites et un mystérieux mage chargé d’étudier le phénomène, la troupe s’enfonce dans les terres du nord, vers cette étrange brume revenue à la vie.

Tous, de l’intendant au commandant, pressentent qu’ils se mettent en route pour leur dernier périple. Tous savent que du résultat de leurs actions dépendra le destin du royaume. Entre courage et résignation, camaraderie et terreur, ces femmes et ces hommes abandonnés par le sort, devront consentir à bien des sacrifices face à la terrible menace. En seront-ils capables ? Les légendes naissent du sang versé, de la cendre et de la boue.

Univers

L’histoire se déroule dans un univers qui semble se rapprocher de la Renaissance, avec l’utilisation d’armes à feu, haquebutes et canons, même si certain.es manient arcs ou épées. De quoi intéresser les lecteurs un peu lassés de l’inspiration médiévale.

Les monstres sont décrits de façon minimaliste, ce qui n’est pas plus mal : votre imagination se chargera de vous proposer les bestioles les plus effrayantes pour vous 😉 En tout cas, ça grouille, et ce ne sont pas des monstres en carton ! Quant à la Brume Noire qui terrifie tout le monde et semble enfanter ces créatures, le Clergé et les Mages ne sont pas forcément d’accord sur son origine.

En parlant des Mages, abordons le système de magie. Il est peu expliqué, mais suffisamment pour comprendre à peu près comment ça marche, avec d’ailleurs des conséquences très intéressantes en dernière partie du roman. En gros, il existe des sources d’énergie dans lesquelles les mages peuvent puiser, et la magie se manifestera de façon différente selon son utilisateur.

En raison de son rythme effréné et de son nombre de pages relativement faible, le world building n’est pas hyper détaillé ou expliqué, mais laisse entrevoir des choses intéressantes. D’ailleurs, vu son potentiel, je ne serais pas contre d’autres histoires dans le même univers. :3

 

Personnages

Pas mal de personnages se partagent la narration de ce roman, aussi ai-je trouvé difficile d’en sortir du lot.

D’un côté, nous avons les légionnaires de la neuvième Compagnie, aux ordres du roy de Bleu-Royaume et commandés par Saléon. Des soldats bourrus qui en ont vu d’autres, à la langue châtiée et aux manières parfois douteuses. Des soldats qui n’hésitent pas à s’échanger des piques, et dont la camaraderie est pourtant plus que palpable. Je n’ai eu aucun problème à croire dans leur armée.

De l’autre, les doryactes, des amazones exclusivement féminines mais qui n’ont rien à envier aux hommes sur le champ de bataille (et qui induisent des dialogues plutôt sympa sur la place des femmes). Ces femmes sont fortes, mais sans être des clichés ambulants. J’ai quand même trouvé qu’elles manquaient un peu de nuances et de profondeur.

D’ailleurs, j’ai apprécié le fait que, même s’il y a des rivalités entre les hommes et les femmes, cela n’aboutisse pas à des romances sur le thème de « je te déteste, mais je finis par tomber amoureux.se ». Ouf^^

Il y a quand même quelques personnages que j’ai bien aimés :  Belon, maître des bêtes de la neuvième Compagnie ; Jerod, un apprenti-mage dont les pouvoirs se manifestent de façon très sympa, surtout dans la dernière partie ; Isore, mage qui peut littéralement tuer avec sa voix. Mais bon, globalement, je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages. Manque un peu trop le côté émotionnel pour ça.

 

Intrigue

L’intrigue est plutôt simple, et se résume surtout à du survival : il y a des monstres, et va falloir survivre… et si possible éviter de faire des conneries au passage. D’ailleurs, le roman se révèle très bon à ce jeu-là, avec un survival efficace et une sorte de twist à un moment donné qui est à la fois bien vu et relativement surprenant. Et malgré le nombre de personnages et le peu de temps accordé à faire leurs connaissances, ils sont dessinés de manière très réaliste : même si je ne me suis pas attachée à eux individuellement, les scènes de tension où ils sont en danger sont très immersives.

 

Style

Pas de fioritures dans ce roman ! Beaucoup d’action et de tension, avec des scènes de bataille très réussies, immersives, réalistes, et je me suis inquiétée à plusieurs reprises pour les personnages^^ Peu de temps mort, on est dans du survival, et l’auteur ne compte pas laisser ses personnages s’en tirer facilement. Pour autant, je n’ai pas trouvé le rythme trop rapide, mais vraiment approprié à l’ambiance. Aussi, même si le livre est plutôt court et qu’il s’achève sur une fin ouverte, je ne me suis pas sentie frustrée après l’avoir refermé.

La majeure partie du roman est racontée au passé à la troisième personne, à l’exception de quelques chapitres du point de vue de Saléon, qui font office de « témoignage » contribuant au côté réaliste du roman.

 

Bilan

 

J’avoue avoir pas mal traîné pour lire ce livre… principalement à cause de toutes les chroniques positives. J’avais un peu peur d’être déçue… Et au final, malgré une intrigue simple et un certain manque d’originalité (certains points du livre m’ont rappelé d’autres œuvres, littéraires ou filmiques), j’ai vraiment beaucoup aimé ce premier roman. L’atmosphère est très réussie, les scènes d’actions prenantes, les relations entre personnages réalistes… Je lui ai par ailleurs trouvé un certain potentiel filmique, justement, je trouve qu’il donnerait pas mal sur grand on petit écran^^ Pour ma part, je compte bien suivre cet auteur, désormais 😀

 

Et ailleurs qu’en pense-t-on ? 

19 réflexions sur “Chevauche-Brumes, Thibaud Latil-Nicolas

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  4. Ce livre remporte de nombreux suffrages. Je me le suis acheté en promo numérique il y a quelques semaines de cela, j’ai hâte de m’y mettre même si j’ai d’autres impératifs avant. Belle chronique !

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