Vert-de-Lierre, Louise Le Bars

Vert de Lierre

Vert-de-Lierre est un one-shot Fantastique de l’autrice française Louise Le Bars. Publié en auto-édition en 2018, il est depuis 2019 publié aux éditions Noir d’Absinthe.

Olivier Moreau, écrivain délaissé par la Muse, retourne dans le village de sa Grand-Mère, récemment décédée, pour mettre de l’ordre dans ses affaires comme dans son esprit. Il y renoue avec les souvenirs de son enfance, et redécouvre un étrange personnage de conte populaire local surnommé le Vert-de-Lierre, cet antique vampire végétal qui le fascinait enfant. Cet intérêt va déclencher des visions et cauchemars chez l’écrivain en mal d’imaginaire ainsi que la rencontre de deux femmes tout aussi intrigantes l’une que l’autre.

À quel prix Olivier retrouvera-t-il sa muse ?

De quoi ça parle ?

 

Olivier est un écrivain en mal d’inspiration. Pour lutter contre la page blanche, il retourne dans le village de sa Grand-Mère, et se rappelle d’un conte qu’elle lui racontait au sujet du Vert-de-Lierre (ou Lierreux) sorte de monstre végétal. Dans ce village, il va également rencontrer Rose et sa tante. Rose, qui écrit aussi tandis qu’elle veille sur sa vieille tante dans un manoir occupé par les fleurs. Ils sympathisent assez vite, bien que les deux femmes soient assez mal considérées dans le village, et Olivier commence à lire le roman de cette femme qui le fascine et lui trouble l’esprit.

 

Mon avis

Pour être honnête, ce roman ne figurait pas dans ma wishlist, car les chroniques parlaient d’un roman d’ambiance avec une écriture très travaillée, ce qui d’ordinaire n’est pas forcément ma tasse de thé. Mais ayant pu profiter de la généreuse opération de Noir d’Absinthe au printemps, je l’avais dans ma liseuse, donc après tout…

Pendant quelques dizaines de pages, j’ai eu du mal à m’immerger, principalement à cause de la narration. L’écriture est effectivement très travaillée, ce qui a tendance à me sortir du livre puisqu’elle me rappelle justement que je suis en train d’en lire un. Les dialogues sont un peu empruntés, et j’ai parfois eu du mal à y croire, d’autant que les dialogues sont curieusement intégrés dans la narration (c’est à dire qu’il y a rarement des tirets ou des guillemets pour baliser, puisqu’on est surtout sur des dialogues rapportés par le narrateur.

Et puis, au bout d’un moment, je me suis quand même laissée bercée. Il y a une vraie poésie, une vraie musique dans ce style, mais qui nécessite peut-être un certain lâcher prise pour que ça fonctionne.

L’histoire, racontée par Olivier, un écrivain qui lutte contre la page blanche et cherche l’inspiration, est entrecoupée par les chapitres du roman écrit par Rose, la jeune femme dont Olivier tombe amoureux. L’histoire dans l’histoire est fascinante… mais elle annihile le suspense puisqu’on comprend assez vite la vérité derrière cette histoire. Par ailleurs, je trouve dommage (et pas forcément logique) que le style d’écriture soit exactement le même sur les passages écrits par Olivier, et les passages écrits par Rose.

Concernant l’histoire, justement. Le style rend la lecture assez lente, ce qui m’a fait décrocher une ou deux fois, mais en même temps, j’ai trouvé le rythme de l’histoire trop rapide. Olivier tombe amoureux dès qu’il aperçoit Rose, il est complètement obnubilé par sa nouvelle Muse, et sa naïveté le rend complètement aveugle (ce qui m’a donné envie une ou deux fois de le secouer pour qu’il se réveille^^).

Or, de la même façon que Olivier se fait envoûter par cette femme mystérieuse qu’est Rose, je me suis fait envoûtée aussi. Si le personnage narrateur n’est gère intéressant, c’est pour mieux mettre sa Muse en valeur. Son histoire est fascinante, triste aussi, tandis qu’elle nous décrit les souffrances qu’elle a subies toute sa vie de par sa condition de femme et de marginale. Un peu sorcière, elle n’est pas comme les autres femmes. Le mariage ne la séduit guère, elle préfère de loin la nature. Mais, toujours, on a voulu la faire rentrer dans le moule de la convenance, la blessant de plus en plus dans son âme. Un écrin poétique pour une rose torturée. Jusqu’à ce qu’elle accepte ses épines. Car Rose n’est pas une petite chose fragile que l’on doit protéger. Car la fragilité qu’on lui prête est en réalité source de puissance.

 

Bilan

Ce roman ne conviendra clairement pas à tout le monde, puisqu’il s’agit avant tout d’un roman d’ambiance. Si l’atmosphère poétique  ne vous charme pas, vous risqueriez de trouver le temps un peu long : on comprend très vite comment ça va finir, et les personnages ont l’air sortis d’un conte. En revanche, si elle vous embrasse, vous devriez passer un très bon moment 🙂 Pour ma part, même si le charme n’a pas suffisamment agi pour me donner envie d’y retourner, j’ai quand même apprécié cette promenade au milieu des fleurs et du lierre 🙂

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ? 

 

Printemps de l’imaginaire francophone 2020

 

9 réflexions sur “Vert-de-Lierre, Louise Le Bars

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