Les enquêtes de Maître Fauconnier T1 : J’agonise fort bien, merci, Oren Miller

j'agonise

J’agonise fort bien, merci, est la première enquête de la série de Polar « Les enquêtes de Maître Fauconnier », de l’autrice française Oren Miller. Elle est parue en 2016, aux éditions l’Homme sans Nom.

Sainte-Marie-La-Grise. Son cadre exceptionnel près de la côte d’émeraude en fait une destination de vacances des plus prisées. De magnifiques paysages, un mystérieux folklore breton et des morts qu’on a aidés à trépasser raviront les plus aventureux d’entre vous. Profitez de l’hospitalité chaleureuse des habitants qui sauront vous mettre à l’aise. Afin d’apprécier pleinement votre séjour, veillez cependant à respecter trois règles :
1. Écoutez toujours les murmures de ceux que vous ne voyez pas.
2. Gardez-vous des créatures sinistres qui frappent avant d’entrer.
3. Soyez sage. Très sage.

De quoi ça parle ?

Après la mort d’une amie, le notaire Evariste Fauconnier débarque dans la bourgade bretonne de Sainte-Marie-la-Grise, dont les habitants nourrissent une forte croyance dans les créatures de folklore (les fées, les banshees, les lavandières etc…). Afin de l’aider à mettre les papiers en ordre, on lui assigne le jeune Isabeau le Du comme commis.

Sauf qu’il apparaît bien vite que l’amie a été assassinée, et ça pourrait bien avoir rapport avec un secret qui ronge la ville… et avec les fées.

Mon avis

Vous l’aurez peut-être remarqué, mais dans la présentation j’étiquette le livre comme un polar, et non comme un roman SFFF.  Pourquoi je parle de ce livre sur un blog centré sur les littératures imaginaires alors ? Eh bien parce que le folklore tient une place prépondérante dans le récit, et il y a une ou deux apparitions inquiétantes au menu, donc on va dire que ça colle^^

On est donc bien dans une enquête policière assez classique, avec un premier meutre, puis d’autres, à résoudre, avec des secrets, des non-dits et des fausses pistes. Si certaines révélations sont assez prévisibles, d’autres sont davantage surprenantes. Le livre ne fait pas peur, mais il y a quand même un ou deux passages un peu graphiques. Et surtout, attention, si vous êtes sensibles à ces sujets : maltraitances et morts d’enfants handicapés. 

Le premier atout de ce roman réside dans son duo de personnages principaux : Evariste et Isabeau. Le premier est un homme  très intelligent, rationnel, mais pas forcément sympathique, voire grinçant par moments, ce qui n’est pas sans rappeler Sherlock Holmes. Quant à son assistant, Isabeau, c’est un peu le contraire, puisqu’il est plutôt innocent et romantique, un peu crédule aussi. Les duos de personnalités opposées sont assez habituels, notamment dans le genre policier, mais ça fonctionne bien, et surtout cela permet à l’autrice de nous offrir des joutes verbales vraiment drôles et parfois absurdes. D’ailleurs, le roman est assez verbeux, donc si les dialogues qui ne vont nulle part ne sont pas votre tasse de thé (joke inside), vous risquez de vous ennuyer un peu. Les personnages secondaires ne sont pas en reste : un majordome qui apparaît quand on s’y attend le moins, une femme un peu folle qui pourrait bien être la personne la plus saine du coin, un handicapé mental rejeté par les autres malgré sa pureté…

Le deuxième atout réside dans son intrigue, qui mêle astucieusement folklore et obscurité humaine, avec une thématique dure mais en même temps toujours d’actualité… Sans trop vous spoiler [spoiler], il est pas mal question de handicap (mental et/ou physique) dans ce récit, avec une certaine réflexion sur la façon dont on les considère. Et si ce récit se déroule dans les années 50, autant vous dire que ce n’est pas si éloigné de ce qui se passe encore. Un bon handicapé, c’est un handicapé qu’on ne voit pas, qui ne se plaint pas. Et il doit soit s’éloigner de la société… soit rentrer dans le moule. Et  bien sûr, le handicap, c’est quelque chose d’honteux, qu’il faut absolument taire et cacher.[/spoiler].

Par contre, il y a un grand mais, dont je suis obligée de parler bien que ce ne soit pas la responsabilité de l’autrice. Entre les mots qui manquent, les mots en trop, les coquilles diverses… Même quand on y fait pas trop attention, difficile de ne pas les voir tellement il y en a…

Bilan

Malgré son manque de correction, j’ai beaucoup apprécié ce roman, qui mélange enquête policière et superstitions d’une petite ville de Bretagne. S’il n’est pas spécialement original, il est efficace, avec un duo de protagonistes aux échanges savoureux, une enquête aux multiples détours, et une thématique finalement assez peu exploitée d’ordinaire.

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ? 

Note : Entre le moment où j’ai écrit cette chronique et le moment où vous la lirez, j’ai lu les deux autres aventures de Maître Fauconnier et Isabeau le Du, qui sont également très très chouettes. Si vous aimez les joutes verbales, les enquêtes pleines de mystères avec des meurtres étranges, go, go, go ! Attention quand même, présence des sujets suivants : 

Tome 2 – Vous pouvez enterrer la mariée : brûlures corporelles, meurtres de Travailleuses du Sexe, racisme, colonialisme

Tome 3 – Et Dieu se leva du pied gauche : maltraitances sur enfants, camps de concentration, institut qui peut rappeler un hôpital psychiatrique 

8 réflexions sur “Les enquêtes de Maître Fauconnier T1 : J’agonise fort bien, merci, Oren Miller

  1. Lu et bien aimé Et Dieu se leva du pied gauche, un jour faudra que je prenne les précédents XD
    (j’ai commencé par le troisième parce que je l’avais reçu en SP et chroniqué)
    Le duo est classique mais fonctionne effectivement plutôt bien.

    Aimé par 1 personne

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