La Volonté du Dragon, Lionel Davoust

volonté

La Volonté du Dragon est un roman court s’inscrivant dans l’univers d’Evanégyre (Dark Fantasy) de l’auteur français Lionel Davoust. Il est paru en 2010 aux éditions Critic.

Une reine dont les yeux émeraude lisent l’avenir…
Un enfant-roi, passablement fou, gardien d’un savoir oublié…
Du déroulement de leur partie d’échecs pourrait bien se décider l’issue de la guerre…
Entre les derniers royaumes libres et les forces d’invasion de l’Empire d’Asreth se dresse l’imprenable Qhmarr, petit pays à peine sorti de l’ère médiévale. Gouverné par un roi trop jeune et un conseiller trop confiant, il ne devrait représenter dans le plan de conquête de l’Empire qu’une note de bas de page. Et alors que le généralissime D’eolus Vasteth s’emploie à négocier les modalités d’une reddition diplomatique, déjà, aux portes de la capitale, se presse l’implacable armada… La conclusion du conflit ne fait aucun doute. D’une manière ou d’une autre, Qhmarr passera sous pavillon asrien.
Pourtant, malgré la défaite annoncée, Vasteth découvre des dirigeants qhmarri inflexibles, prêts à confier le destin de leur nation à d’absurdes croyances ancestrales. À travers le défi lancé par l’enfant-roi, ce sont toutes les certitudes du généralissime qui vont se voir ébranlées, tandis que, sur la mer, les soldats meurent, simples pions sur un échiquier qui les dépasse…

De quoi ça parle ?

 

L’Empire d’Asreth en est sûr : annexer Qhmarr va être une simple formalité. Fort de ses vaisseaux de guerre, de ses soldats rompus au combat et de ses canons draniques, ils ne peuvent faire qu’une bouchée de ce peuple à la technologie rudimentaire. Evidemment, ça va être un poil plus compliqué.

De quoi rappeler David et Goliath. Et oui, il y a un peu de ça. Mais davantage, aussi.

 

Mon avis

 

Jusqu’ici, je n’ai pas été déçue avec les écrits de Lionel Davoust. Sauf que les histoires centrées sur des batailles, ça a tendance à me barber, et ce roman est très court, alors que j’affectionne les longs cycles. Raisons pour lesquelles ce roman était dans ma Wishlist depuis une éternité, mais que je ne l’avais pas encore transféré dans la PAL. Jusqu’à ce que Critic propose une offre promotionnelle pour le confinement. C’était l’occasion ou jamais.

Tout bien considéré, je ne regrette pas de ne pas l’avoir lu avant, car il correspond à ce que je veux lire en ce moment : du court, mais du riche. Et c’est bien ce qu’il est. Moi qui m’attendait à une bataille s’étirant sur 160 pages…. Bon, il y a un peu de ça, mais quelle bataille !

Pour ce qui est de la bataille, sans vous spoiler, le principe est à la fois simple, mais super intéressant, d’autant que le généralissime Vasteth n’a aucun moyen de savoir si ce qu’on lui affirme est vrai ou pas. Car, la bataille se joue sur la mer, avec beaucoup de tactique, mais pas seulement. Il s’agit aussi d’un duel de croyances, de personnalités, et d’un duel contre soi-même, avec une certaine critique de la guerre.

La guerre, ce n’est pas seulement des charges sur de la musique épique. La guerre, ce n’est pas joli, et le général est censé garder à l’esprit que la moindre de ses décisions va avoir un lourd impact sur la vie et le moral de ses hommes, et que les considérer comme des pions sans âme est une erreur. La conclusion d’une bataille ne dépend pas seulement des généraux ou des armes employées, mais également des soldats. En plus, malgré le côté à priori manichéiste (un envahisseur qui cherche à coloniser un peuple libre pour le « sauver »), c’est un peu plus compliqué que ça. Vasteth se soucie de ses hommes, et on ne sait pas trop dans quelle mesure ce que prétend l’Empire est vrai ou pas (le « Dragon » est censé prédire l’avenir, donc…). D’un autre côté, on a donc Qhmarr, qui ne fait que se défendre, mais qui prend ses soldats pour des pions sans grande valeur, avec un fanatisme qui fait presque peur. Bref, une situation pas aussi simple qu’on pourrait le croire de prime abord.

A côté de ça, le personnage du généralissime Vasteth est super intéressant à suivre, et notamment son évolution entre les « négociations » et la fin de la bataille. J’étais prête à le détester dès le départ, instinctivement du côté de Qhmarr, et pourtant… Ce n’est pas un cliché de film d’action américain, il essaie de gagner vite pour éviter le maximum de perte, mais son assurance devant un adversaire aussi fragile le rend paresseux (comme dirait Béterlgeuse Romanée Conti). Il est tellement persuadé de sa victoire qu’il ne cherche même pas à comprendre pourquoi ses adversaires ne craignent absolument pas sa formidable armée, partant du principe qu’ils doivent être un peu idiots, quant aux soldats, eux aussi persuadés de leur force, ils laissent un temps leurs compétences et leur réflexion au placard. Il va pourtant falloir faire amende honorable pour espérer renverser le cours de la bataille. Et quand en plus le mysticisme s’en mêle…

Dernier bon point et pas des moindres : l’univers.  J’y ai découvert l’Empire d’Asreth, dont on parle dans les Dieux Sauvages (je suis bien contente d’avoir commencé par les romans, du coup), et j’ai eu un bon aperçu de leur technologie avancée basée sur la magie, dont il ne reste que d’anciens artefacts dans le cycle.  A côté de cet Empire avancé, on a Qhmarr, plutôt centré sur la spiritualité et la magie « sauvage », non domestiquée en quelque sorte. Je regrette juste de ne pas en avoir appris plus sur la culture et le savoir de Qhmarr, mais bon, on ne peut pas tout avoir^^.

 

Bilan

Je suis agréablement surprise par ce roman court, beaucoup plus riche et complexe que je ne le pensais. Au-delà du divertissement et des réflexions sur la guerre, j’ai par ailleurs apprécié d’en apprendre un peu plus sur l’Empire d’Asreth. Une bonne porte d’entrée pour l’univers d’Evanégyre 🙂

 

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ? 

 

Printemps de l’Imaginaire 2020

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