Animaux fabuleux, anthologie de Sombre Retz

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Cette anthologie dirigée par Cyril Carau est parue aux éditions Sombres Rets en 2017. Elle réunit 19 nouvelles d’auteurs et d’autrices francophones qui se sont penchés sur les animaux fabuleux.

  • La chasse du baron de Richecourt, Aurélie Genêt (Fantasy/Merveilleux)

Sous forme d’un conte, l’histoire d’un baron de Lorraine qui aimait la chasse et qui se targuait d’avoir chassé tous les animaux, même les plus légendaires. Mais un « admirateur » de passage lui fait remarquer qu’il en manque un.

En fouinant un peu auprès de mon entourage et sur le net, je me suis rendu compte que le darou n’était pas si connu que ça, y compris sous nom de dahu. Et c’est vrai que peu d’histoires en parlent, donc j’étais plutôt contente de le voir ici (surtout que du coup, j’avais une petite idée de la fin, fort satisfaisante d’ailleurs^^). Même s’il est antipathique, j’ai quand même été un peu peinée par le sort du baron (un tout tit peu). Un conte très sympa sur une créature fabuleuse française, ça change^^

 

  • Les chats de Schrodinger, Anne Garlard (SF)

Des chats qui sont là et qui sont pas là. Il faut dire que les radiations, c’est pas top. Alors qu’est-ce que cette jeune fille fait donc dans une centrale ?

Je trouve la présence des chats plutôt anecdotique (et je n’ai pas vraiment compris en quoi ils relevaient de la physique quantique, à priori, ils peuvent juste se rendre plus ou moins visibles), cependant l’univers post-apocalyptique présenté dans cette nouvelle est plutôt intéressant.

 

  • La dernière neige, Delphine Hedoin (Fantasy)

Deux adolescents, un magicien et une naturaliste, sur les traces de créatures de légende.

Cette nouvelle est en fait composée de deux parties, deux histoires présentant chacune des créatures différentes. Beaucoup apprécié l’atmosphère, que j’ai trouvé contemplative, presque onirique. L’ode à la nature rappelle un peu les œuvres de Miyazaki.

 

  • Comme les rois mages, Jean Marc Sire (SF)

Après avoir été relâchés dans l’Antarctique, des pingouins de laboratoire refont le monde… et surtout des omelettes.

Des pingouins intelligents qui font des omelettes avec tout ce qui leur tombe sous l’aile ? C’est surprenant et très fun, j’ai trouvé la nouvelle vraiment drôle, et j’ai beaucoup aimé la fin^^ L’une de mes préférées de l’anthologie^^

 

  • La valse de la sirène, Bleuenn Guillon (Fantasy)

Alors qu’elle est l’attraction principale d’une foire, on cherche à acheter une sirène, créature aussi belle que redoutable.

J’avoue ne pas avoir tellement accroché à cette nouvelle, que je n’ai pas trouvé vraiment surprenante, même si elle est bien écrite et cohérente (par contre, est-ce qu’on peut considérer les sirènes comme des animaux ?). On n’a pas de certitude absolue sur les crimes de la sirène, et je ne l’ai pas vue assez « en action » pour la redouter ou m’attacher à elle.

 

  • A la poursuite du Khting Voar, Tepthida Hay (Fantasy)

Philidor, le fils du gouverneur du Cambodge, est à la poursuite du khting voar, un animal légendaire. Il contraint Pélagie, sa gouvernante, l’accompagner, grâce à sa connaissance du lourd secret qu’elle cache.

Ce n’est pas tous les jours qu’on nous propose une aventure en Indochine ! Or, alors que je pensais en apprendre plus sur le khting voar, la nouvelle parle en réalité d’une toute autre créature. Sur le principe, j’aurais pu trouver ça génial qu’on nous oriente sur une fausse piste… sauf qu’on nous dit dès le départ le fameux secret de Pélagie… Ça casse un peu le truc, du coup, dommage (surtout qu’au final, on nous le dit, mais ce n’est jamais montré…). La nouvelle reste agréable à lire, même si le thème est plutôt sombre.

 

  • Si tu n’es pas sage, Florian Petit (Fantastique)

Si les enfants ne sont pas sages, la Gorgone viendra les manger !

Beaucoup aimé l’ambiance de cette nouvelle. Est-ce qu’il y a vraiment quelque chose dans le placard ? Est-ce que l’imagination de l’enfant est exacerbée par sa peur ? Est-ce que c’est sa peur qui a « matérialisé » le monstre ? On ne sait pas trop, principe même du fantastique^^ La narration accompagne bien le thème. Quoi qu’il en soit, s’il y a des parents qui menacent leurs enfants que le monstre du placard viendra les bouffer s’ils sont pas sages, franchement… ><

 

  • Ivresse Ignée, Florian Bonnecarrère (Fantasy)

Rahja veut prouver qu’une femme peut devenir aussi bonne alchimiste que n’importe quel homme.

Sur le principe, la nouvelle part d’une idée intéressante, puisqu’il s’agit de trouver un moyen de survivre aux flammes d’un dragon. Mais j’ai quand même été déçue par certains points, à commencer par l’intrigue. Pour commencer, si j’adore les félins, le Tigre-Ours n’a finalement pas grand chose à faire là (à part pour aider le scénario). Ensuite, Rahja veut prouver qu’elle peut être une excellente alchimiste… en devenant chasseuse de dragons. Qu’elle chasse du dragon, d’accord, mais je trouve qu’il aurait été plus logique de le relier directement à l’alchimie (par exemple, elle aurait pu justement avoir besoin d’un cœur de dragon, ou un truc du genre, pour réaliser une potion que personne n’avait pu réaliser auparavant). En plus, je veux bien qu’elle ait une dague magique, mais quand même, les dragons ne sont pas bien efficaces au final… Et puis personnellement, j’étais plus de leur côté que du côté de la protagoniste, vu l’égoïsme de sa démarche^^ Un déroulement intriguant, où il se passe plein de choses, mais une fin qui n’a pas été pour moi à la hauteur des promesses. La nouvelle reste bien écrite et se lit facilement.

 

  • The spider and the fly, Thibault de Lambert (?)

Dans un supermarché, des araignées millénaires tissent dans l’ombre.

Amis arachnophobes, rassurez-vous, les araignées de cette nouvelle pourraient vous réconcilier avec les petites bêtes à huit pattes. Celles-ci sont un peu particulières, désireuses d’aider l’homme (qui ne leur rendent pas…) et non tisseuses de soie. Même si le récit est vraiment court, l’histoire de ces araignées qui aident les hommes en échange d’histoires est vraiment émouvant.

 

  • Par les liens toxiques de la chair, Frédéric Darriet (SF/Horreur)

La rencontre d’un humain déçu par la vie et d’une créature ayant subi des mutations suite à l’exposition avec des produits chimiques.

J’ai vraiment beaucoup aimé cette nouvelle et son ambiance glauque et horrifique est bien réussie, avec des créatures (et un humain) moyennement sympathiques. La chute est assez malsaine, de quoi se demander qui est le plus monstrueux dans l’histoire.

 

  • Propensia animis spongiasis, Emmanuel Ardichvili (SF)

Au cours d’une expédition sous-marine, des plongeurs découvrent une grotte tapissée d’éponges.

L’une de mes nouvelles préférées de ce recueil, de part son originalité sur la créature employée et son atmosphère plutôt pesante. C’est pas demain la veille que je vais aller plonger… ^^

 

  • Cochon qui s’en dédit, Marie Czarnecki (SF)

Un cochon savant doit échapper aux humains.

Après les pingouins, le cochon^^ Un texte sans réelle surprise qui ne m’a pas marquée plus que ça, mais qui se laisse lire néanmoins. J’ai été cependant assez hermétique aux remarques humoristiques du cochon.

 

  • Inari no Shinden, Ophélie Hervet (Fantasy)

Un jeune moine fait la rencontre d’une renarde.

Ah ! on parle enfin yokai, je commençais à désespérer ! (puis c’est une kitsune, ce qui ne gâche rien^^). Un texte doux, un peu contemplatif et touchant. Le vocabulaire japonais facilite l’immersion, et si vous n’êtes pas familier avec cet univers (merci les mangas et les animes !^^), des notes de bas de page vous expliqueront les termes. Je m’attendais à cette fin, mais je l’ai trouvée émouvante.

 

  • La Bête, de Pascaline Nolot (SF)

Un groupe d’amis arrive sur une île peuplée de créatures tout droit sorties des mythes.

Jurassic parc avec des licornes et des monstres marins, ça vous dit ? J’ai beaucoup aimé cette nouvelle, et si jamais il y a une adaptation cinématographique, je fonce ! (il y a une petite ambiance Cabane dans les Bois, pour ceux qui connaissent^^). Surtout que les créatures ne voient pas grand monde, donc elles ne sont pas forcément très amicales (les licornes ont un potentiel horrifique largement sous-estimé^^). Petite originalité : la narration est à la première personne, mais jusqu’à la fin on ignore qui parle. Et au final, qui est vraiment la bête ?

 

  • Gare à la Gouille ! Eric Vial-Bonacci (Fantastique)

Après avoir été emmurée durant une éternité, un prisonnier est sur le point de libérer la Gouille, pour son plus grand malheur.

Un texte que j’ai bien apprécié, le flou concernant la créature rehausse le côté inquiétant de la nouvelle. Le rythme du texte, parfois assez saccadé, convient bien à l’ambiance.

 

  • Ganiagwaihegowa, Phil Becker (SF ?)

Un groupe de chasseurs se lance à la poursuite d’un ours monstrueux.

Après vérification, le Ganiagwaihegowa dans la nouvelle est un ours gigantesque du folklore amérindien, qui ne donne guère envie de venir le grattouiller (d’ailleurs, je comprends maintenant le pourquoi de l’ours géant dans La Maison de chair). Ce n’est néanmoins pas la seule bestiole présente, puisque de toute évidence, les licornes ont inspiré les auteurs (pas de papillons ni d’arcs-en-ciel, par contre, hein !). Rapidement, on comprend que l’ours mutant n’est pas le pire danger auquel seront confrontés nos chasseurs, malgré sa description plutôt saisissante. Une nouvelle à la tension efficace, pleine d’action, et dont j’ai bien apprécié le dénouement.

 

  • Game Over, Virginie Perraud (SF)

Un condamné va recevoir sa punition.

Je ne sais pas trop quoi penser du texte, je crois que le thème m’a un peu trop dérangée (mais en même temps, j’ai envie de dire « encore heureux ! »). J’ai cependant bien aimé la chute de la nouvelle. Cela étant, même s’il y a bien un chien dans l’histoire (à la toute fin), pour moi ce texte est hors sujet par rapport au thème de l’anthologie (mais on est d’accord, ça ne change rien au texte lui-même).

 

  • Le dernier des Massaliotes, C.D Inbadreams (Fantastique)

Des chasseurs d’oiseaux se mettent en route.

Je crains n’avoir pas vraiment accroché à ce texte. La créature, déjà utilisée dans ce recueil (je ne dis rien comme elle ne sera révélée qu’à la fin), est ici un peu trop éloignée de l’image que j’en ait. La tension est en revanche efficace.

 

  • L’Épave du Bout du Temps, de Sylwen Norden (Fantasy)

Un humain et sa souris domestiques se retrouvent propulsés dans un endroit inconnu.

Encore une fois, une nouvelle à la limite du thème (est-ce que les nymphes et les satyres peuvent être qualifiés d’animaux ? Il y a bien une souris, mais bon, le thème c’est quand même les animaux fabuleux.) A côté de ça, le texte est sympa et prend le temps pour installer son intrigue.

Bilan

Comme dans toute anthologie, difficile d’accrocher à tous les textes. Néanmoins, il y en a plusieurs que j’ai beaucoup apprécié. A noter aussi une vraie diversité dans les créatures, les ambiances et les styles.

Par contre, j’ai trouvé que beaucoup étaient plutôt hors sujet, indépendamment de la qualité des textes. Je m’attendais à trouver plus d’histoires sur des créatures mythiques, issues de folklore du monde entier, ou des créatures originales mais imprégnées de légendes. A mes yeux, des animaux ou des humains mutés ne correspondent pas à la définition d' »animaux fabuleux », mais bon…

 

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

 

PIF 2019

6 réflexions sur “Animaux fabuleux, anthologie de Sombre Retz

  1. J’ai des difficultés avec la définition que la ME semble donner à « animaux fabuleux », moi aussi. A mon sens, ne rentre pas dans cette case toute créature humanoïde comme la sirène, la gorgone ou le faune (sinon, tu comptes aussi le vampire, le lycanthrope, l’humain…). De même, utiliser un animal comme une case à cocher uniquement pour rentrer dans le thème, ce n’est pas ce qui est attendu par le lecteur. Si je devais lire une telle anthologie, ce serait pour retrouver l’animal dans un rôle important. Pas forcément en tant que protagoniste, mais que sa présence ou son mythe, le questionnement sur sa nature ou sa réalité, les métaphores ou les morales qui y sont liées, imprègnent l’histoire. Enfin, cela prouve bien que nous pouvons avoir des avis très différents sur une thématique. 🙂

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  3. Pareil. Certaines nouvelles étaient bien dans le thème, mais elles sont minoritaires (et l’animal fabuleux parfois pas si présent…). Du coup, même si certaines nouvelles étaient très chouettes, j’ai quand même été déçue au bout du compte :\

    Et du coup, je me rends compte que les appels à textes, c’est pas du tout évident. Puisque la façon qu’à l’auteur d’envisager le thème ne sera pas forcément celle attendue par l’éditeur, qui est encore différente de celle attendue par l’auteur…

    Aimé par 1 personne

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