Les Archives de Roshar (Cosmere) T4 : Rythme de Guerre, Brandon Sanderson

Rythme de guerre est le 4e volume du cycle de High Fantasy Les Archives de Roshar, par l’auteur américain Brandon Sanderson, et fait partie de l’univers du Cosmère. Paru en VO en 2020, il est paru en 2021 aux éditions Le Livre de Poche, scindé en deux en raison de sa taille conséquente. La traduction est toujours signée Mélanie Fazi, l’illustration Alain Brion.

Attention ! Je considère les deux volumes comme un seul tome, donc la chronique traite de l’ensemble (mais on va éviter les spoils). Je considère également que vous avez déjà lu les 3 premiers tomes. Chroniques précédentes : T1 ; T2 ; T3

Après avoir formé une coalition humaine pour repousser l’invasion des Néantifères, Dalinar et ses Chevaliers Radieux ont mené une campagne aussi brutale qu’impitoyable. Cependant, aucun des deux camps n’a réussi à prendre le dessus, et la guerre s’enlise. Le spectre de la trahison possible de son allié Taravangian pèse sur chacune des décisions stratégiques de Dalinar.

De son côté, Kaladin Béni-des-foudres doit s’habituer à son nouveau rôle parmi les Chevaliers Radieux tandis que ses Marchevents font face à leurs propres problèmes : des Fusionnés, de plus en plus nombreux, se réveillent alors que plus aucun sprène d’honneur n’accepte de se lier avec des humains pour faire grossir les rangs des Radieux. Des émissaires de la coalition sont envoyés à la forteresse de l’Intégrité Constante pour convaincre les sprènes de se liguer avec eux contre les forces du dieu maléfique Abjection. Sinon, ils devront se confronter à l’horreur de la défaite…

Mon avis

La Santé mentale comme thématique

C’était déjà présent dès le premier tome, mais c’est particulièrement frappant dans celui-ci : l’un des thèmes principaux de ce cycle, c’est la santé mentale/la sphère cognitive. Je vais y revenir plus en détail dans les parties consacrées aux arcs de personnages, mais on a quand même un personnage autiste, des personnages souffrant de stress post traumatique et de dépression, un personnage avec un trouble dissociatif de l’identité… Je ne suis pas concernée par tous ces aspects (par certains, si, sans entrer dans les détails ici), donc je ne suis absolument pas légitime pour dire si les représentations sont bonnes ou pas, reste que ça me semble beaucoup plus crédible et respectueux par rapport à de nombreuses représentations que j’ai pu lire ou voir.

Il est même question de la façon dont sont (mal)traitées les personnes considérées comme folles, par manque de connaissances et parfois d’implication des personnages soignants (ils sont « fous », à quoi bon essayer de les comprendre et de comprendre leurs vrais besoins, on va juste les enfermer et leur donner à manger, ça ira très bien), et c’est finalement un personnage concerné qui va prendre les choses en mains, puisqu’il comprend mieux que quiconque les besoins et les mécanismes de ces patients. D’ailleurs, dans ce monde, la chirurgie est développée et efficace, mais jusqu’ici les personnages ne s’étaient pas vraiment intéressés à la question de la santé mentale, préférant mettre les patients dans un coin. C’est vraiment quelque chose qu’on voit dans la réalité, avec toutes ces personnes concernées (neuroatypiques, psychoatypiques, malades chroniques, handicaps divers…) qui finissent par guider les autres car les soignants ne les prennent pas au sérieux et/ou ne comprennent pas réellement leurs besoins et leurs demandes.

J’aime aussi beaucoup le fait que l’auteur aborde le sujet du masking : ce n’est pas parce qu’une personne donne l’impression d’aller bien que c’est le cas. Iel porte un masque, fait beaucoup d’efforts pour vous cacher son véritable état d’esprit, mais ça ne veut pas dire qu’iel ne souffre pas.

Bref, je suis particulièrement contente qu’on commence à voir ce genre de thèmes et de représentations dans des littératures populaires, j’ai enfin l’impression qu’on avance !

Cosmère

Pour celleux qui ne le savent pas encore, le cycle des Archives de Roshar s’inscrit dans un univers plus large, le Cosmère, qui comprend également plusieurs autres cycles de l’auteur. Et même s’il n’est pas essentiel d’avoir lu les autres livres du Cosmère pour lire Roshar… ça commence vraiment à être un plus. On a déjà eu plusieurs personnages qui viennent de Warbreaker, et on commence à avoir des références à Elantris.

Arcs de personnages

Kaladin

Kaladin est sans doute le personnage dont j’aime le plus l’arc narratif. Pas parce qu’il est badass (enfin, si, un peu quand même), mais surtout parce que c’est un personnage fort, qui a affronté bon nombre d’épreuves… mais qui est aussi un homme dont l’esprit est brisé par cesdites épreuves. Ce qui nous tue pas nous rend plus fort ? Eh bien, pas vraiment. Au contraire, j’ai envie de dire. Kaladin fait ce qu’il peut pour masquer ses sentiments et son désespoir, seulement il en a trop vu, a perdu trop de proches. A quoi bon continuer quand tout semble vouer à l’échec ?

Aussi, même si c’est l’un des soldats les plus forts de l’armée de Dalinar, Kaladin n’en peut plus. Aussi, il sera écarté des champs de batailles pendant une partie du tome, le temps de chercher sa voie et d’essayer de retrouver la force de vivre. Je pense que cet arc pourra peut-être décevoir certains lecteurices qui s’attendaient à plus d’action de la part de ce personnage (mais il y en a aussi, vous inquiétez pas :3), mais comme je l’ai dit en préambule, ce tome tourne beaucoup autour de la santé mentale des personnages. Et en même temps, on approche de la fin du premier cycle de Roshar (qui comprend 5 tomes), donc il faut bien essayer de remettre les personnages sur pattes.

S’il est un personnage qui brille particulièrement dans ce tome, c’est bien Navani. Jusqu’ici, elle avait toujours été dans l’ombre. Dans l’ombre de son premier époux, dans l’ombre de son fils, dans l’ombre de son second époux. Son talent et son intuition pour la fabrication de fabriaux et pour la recherche n’avait jamais vraiment été pris au sérieux, puisqu’elle est une femme (même si c’est moins vrai avec Dalinar), et contrairement à sa fille Jasnah, Navani s’est toujours pliée aux convenances. Elle manque donc de confiance en elle et surtout, ne s’estime pas légitime à se faire considérer comme une véritable scientifique. Sans entrer dans les détails, les épreuves qu’elle va vivre dans ce tome, aidées par de curieuses « amitiés », vont lui permettre enfin de s’épanouir et de se révéler comme la scientifique qu’elle a toujours été.

D’ailleurs, cet arc est très intéressant sur cet aspect, parce qu’on va en découvrir plus sur les fabriaux, sur la façon dont ils fonctionnent, sur la façon dont on les crée, ainsi que les différentes Flammes et leurs interactions. Le système de magie conçu par Sanderson montre une fois encore sa solidité.

Shallan et Adolin

Shallan, Radieuse et Voile sont parvenues à un équilibre qui fonctionne, et leur système est accepté comme tel par leurs proches, même si certains s’inquiètent pour elles. Pourtant, cet équilibre commence à se fissurer, et Shallan sent un nouvel alter, Informe, se mouvoir dans leur monde intérieur. Elles n’ont pas vraiment le temps de prendre soin d’elles, cependant, puisqu’elles ont une mission particulièrement délicate confiée par les Sangs-des-Spectres, sans parler de la situation tout aussi délicate d’Adolin lors de leur voyage à Shadesmar. Un arc que je trouve aussi intéressant que celui de Kaladin, mais là encore, je pense que certains lecteurices pourront regretter un rythme lent.

L’une des thématiques de cet arc que j’ai beaucoup aimée, c’est là encore la santé mentale. Pas seulement celle de Shallan/Radieuse/Voile, mais aussi celle des sprènes. Les sprènes, comme les humains, peuvent voir leur esprit brisé, et les sprènes valides ne sont pas plus doués que les humains pour s’occuper d’eux. Les prendre en pitié ? Oui. Se servir d’eux à l’occasion ? Bien sûr ! Communiquer avec eux et essayer de les comprendre vraiment ? Vous n’y pensez pas voyons !

Point faible de cet arc : la romance entre Shallan et Adolin, qui est… inexistante. On dirait plus de bons amis que des fiancés. M’enfin, globalement, les romances ne sont pas la principale préoccupation de Sanderson^^

Ceux-qui-chantent

Grâce au personnage de Venli, pas mal tiraillée et pleine de dilemmes, on en apprend un peu plus sur Ceux qui Chantent et les Fusionnés, qui ne sont finalement pas un bloc monolithique comme on aurait pu le croire. On a aussi des chapitres flashbacks qui nous en apprennent davantage sur la façon dont le premier roi est entré en contact avec ce peuple.

Dalinar et Jasnah

Dalinar et Jasnah ne sont pas beaucoup présents dans ce tome, mais ils l’étaient beaucoup plus dans le précédent, donc faut bien laisser la place pour les autres. J’aime toujours autant la relation entre Dalinar et Kaladin, et j’aime bien les scènes de Jasnah, par contre, avec notamment tout un passage qui montre le chaos des batailles. Et on a enfin la révélation qu’on attendait sur Jasnah, qui est bien aroace \o/ (et j’aime bien la façon dont c’est révélé, en plus. Elle est juste pas intéressée, point, y’a rien d’autre derrière ça. C’est comme ça epicétou).

Renarin

Renarin est globalement absent de ce tome, même s’il semble faire pas mal de choses en arrière plan. J’espère qu’il sera au premier plan dans le tome 1.

Malice

Ah ! Notre mystérieux Malice commence à nous en dévoiler un peu plus ! J’espère qu’on en saura plus dans le tome 5 !

Bilan

J’imagine que certains lecteurices pourraient trouver le rythme long sur ce tome, surtout dans sa première partie. Cela n’a pas été mon cas car la santé (mentale et physique, au sens large) est un de mes sujets de prédilection, et j’ai beaucoup aimé suivre l’évolution des personnages. Mais soyez rassurez néanmoins : ce tome nous offre aussi son lot de scènes épiques, avec un climax aux petits oignons comme sait les faire Sanderson, et tout un aspect scientifique avec les explications sur le fonctionnement de la magie. De mon côté, je pense que c’est mon tome préféré jusqu’ici.

Point diversité : pp dépressif et stress post traumatique, pp TDI, pp acearo, ps autiste, ps dépressifs

Et ailleurs, qu’en pense-t-on ?

Pour en savoir plus sur

(Je n’ai pas de lien particulier que je connais sur la dépression. Si vous avez des ressources sur l’un ou l’autre des sujets, n’hésitez pas à me le signaler dans les commentaires pour que je les ajoute).

6 réflexions sur “Les Archives de Roshar (Cosmere) T4 : Rythme de Guerre, Brandon Sanderson

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